mercredi 15 octobre 2014

Le milieu ou "Ça te dérange mais tu fermes ta gueule, tu restes al, tu prends sur oit, comme quand le daron lâche des perles"

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T'as écrit un truc qui fait kiffer une chaîne, elle veut le faire en série, tu dois trouver une prod, t'es fébrile, tu te fais déjà renommer Jean Jacques Abraham à l'état civil et t'es content de ouf mais voilà ce qu'il faut pas faire et comment ça peut partir en couille. Et crois-moi, ça partira en couille à chaque fois que ce sera humainement possible de le faire.


Les ennuis commencent quand une prod a vent de ton projet avec une grosse chaîne de télé et qu'elle te promet monts et merveilles genre co-réal, contrôle du truc etc. On vient te chercher et on te dit ça alors que d'habitude c'est toi qui galère, tu peux que kiffer.
Mais même si c'est tentant, si cette prod n'a pas encore vraiment monté sa boite, ne fais pas confiance, elle veut taffer avec toi pour t'utiliser et justement monter sa boîte et se faire un CV. Ton projet passe en second quand les ambitions personnelles passent avant.
En vrai, dès que la personne supposée t'accompagner sur un projet ne comprend même pas le tiers de ton scénar : laisse tomber, vire la, moi j'étais dans la merde niveau timing et en retard car comme par hasard je travaillais à côté, j'étais déjà ric rac, j'ai pas pu me permettre ça. Mais j'aurais dû. Cette incompréhension et cette inculture totale, on les a traînés toute l'année qu'a duré la production. C'était pas facile. Dès que tu cites un film sorti y a plus de trois ans ou pire un livre, ça a jamais été vu/lu, par contre tu parles de FRIENDS, tout de suite l'oeil brille. Laisse tomber, c'est la pré-prod de l'enfer qui débute.


Si le CV est limité à avoir produit des vidéos qui ont des millions de vues pour des comiques du net qui ne doivent faire rire qu'en SEGPA et qu'on élude à chaque fois que tu dis "les vues YouTube ça s'achète" : méfie toi. Je me méfiais mais pas assez. (Bon quand t'apprends plus tard que le reste du CV de ton ami pour la vie est aussi trafiqué de tous les côtés et enjolivé de ouf : t'es à peine étonné mais le mal est fait.)


Si on vous dit que les mails c'est chiant et le téléphone c'est mieux, envoyez chier. Le téléphone, à moins de s'appeler Buisson et de tout enregistrer, ça laisse pas de traces alors qu'un mail, wah ça peut foutre dans la merde et les "tu me l'avais pas dit", "ah bon ?" etc. ne marchent plus dans ce cas là. Quelqu'un dont c'est le taf et qui est supposé bosser sur un projet mais qui n'aime pas lire des tartines de texte pour le bien de ce projet : laissez tomber. Et commencez à lui casser les couilles pour que chaque conversation téléphonique sur un sujet sensible soit récapitulée par mail. Si ça veut jouer au con, montrez toujours que vous êtes le plus fort.
NB : si ça parle de thunes, exigez vraiment ce mail récapitulatif avec tous les intéressés en copie, on verra qui sont les bonhommes comme ça.


Quand la prod te dit "les gens vont pas comprendre", c'est le signe que c'est elle qui ne comprend rien et que pire que tout, elle prend les gens pour des cons. Ça c'est partout que les mecs se croient plus malins que les gens à qui ils s'adressent. Cf : le cinéma français.
 Dans ces cas là, lâche rien, moi j'étais jeune et faible, j'ai fini par lâcher parce que ce genre de discussions de prod, tu te crois sur Twitter, ça tourne en rond et l'interlocuteur finit par se fermer et tu cèdes parce que t'as une vie et autre chose à foutre que te battre pour chaque vanne que t'as écrit. T'as beau lui dire qu'elle est pas la cible du truc mais que ta cible comprendra et la chaîne aussi parce qu'ils savent EUX à qui il s'adresse, cherche pas, t'as tort. Mais ça vaut le coup de se battre, si t'as écrit un truc au départ, y avait une raison et tu peux le refaire passer discrètement sur le plateau quand tu tournes donc ça, à la limite, ça passe.


En parlant de tournage, si ta prod est plus occupée à surveiller que vous ne niquez pas le parquet (et sa caution pour le lieu de tournage) au lieu de veiller au bon déroulement du tournage, du plan de travail et ce genre de conneries : c'est mal parti (mais à ce moment là de l'aventure, vous savez déjà que c'est mal parti ou alors vous êtes vraiment le roi des cons (même si on verra plus tard que ça peut servir d'être le roi des cons)).
PS : la même personne qui s'est plus occupée de conneries genre sa caution ou veiller à ce que la bouffe soit livrée (que des trucs vitaux Corleone quoi) sera la même qui en post prod dira "non mais j'ai vu qu'on avait pas tourné ce qu'il fallait niveau découpage" "pourquoi pour une fois que ça aurait servi à autre chose que vicier l'atmosphère de la pièce t'as pas ouvert ta gueule ?" et là, la victimisation "parce que personne m'écoute jamais :'(" Etre producteur au XXIème siècle quoi.


(…)
(Parce que ouais ça continue de partir en couille mais quand t'es dans un avion qui se crashe, qu'est ce que tu veux faire ? Sauter par la fenêtre ?)
(Non.)
("Ça te dérange mais tu fermes ta gueule, tu restes al, tu prends sur oit, comme quand le daron lâche des perles" - Kaaris)


D'ailleurs on dit que les absents ont toujours tort mais quand il se dit, comme par hasard, tout un tas de trucs aux seules réunions que vous loupez (alors que celles où vous êtes présent ne servent jamais à rien), vous pouvez commencer à vous dire qu'on se fout de votre gueule. Surtout quand la personne qui est supposée avoir mal parlé vous téléphone pour vous dire tout le contraire de ce qui est supposé s'être passé.
Vous pouvez encore plus vous méfier et commencer à vous dire que vous vivez dans un thriller des années 70 quand on essaie de vous empêcher de parler à qui vous voulez, que vous ne pouvez plus avoir de contact avec la chaîne et que toute communication est bloquée de tous les côtés.
Autant vous dire qu'à cette époque, j'étais bien vener, je me tapais contre des murs, mes doigts perdaient souvent la partie, j'avais envie de casser des bouches et pour mon premier gros projet, j'ai été à deux doigts de tout arrêter en me disant que si c'était que de la putasserie comme ça partout, ça allait être chaud.
(Mais c'est pas partout comme ça. It gets better. Ca semblait con comme phrase mais c'est mortel et ça s'applique à tout. Faut juste se bouger pour que ça gette better un jour.)


Pour tout ce qui a trait aux cessions de droits etc, faites attention à bien lire et à ne pas faire trop confiance à vos interlocuteurs qui vont vous dire "oh tkt fraire c le contra habituel sa". Si y a aucune durée dans le temps d'indiquée, ils ont les droits dont parle le contrat pour trente (30) ans. Après comme c'est vos personnages, blablabla, et que le contrat ne porte que sur ce que vous devez livrer : le script, ils ont les droits que sur ça mais vous pouvez toujours remixer mais si c'est de vrais fdp, ils peuvent casser les couilles si vous voulez un jour en faire quelque chose. Ça reste un sujet brulant quoi. Mais si vous voulez en faire quelque chose d'autre, que Dieu le veuille ou non, vous le ferez.


Souvenez-vous, quand un projet part en couille comme ça, que vous n'avez d'amis nulle part et qu'aux yeux de ceux qui vous suçaient l'année précédente, vous valez encore moins que la viande du grec quand commence la saison suivante. Comment ça se vérifie ? Ils restent "amicaux", vous encouragent à envoyer d'autres projets mais quand ils vous recalent, vous avez le mail type de l'assistante sortie de nulle part comme le dernier des chiens.
(C'est pas partout comme ça, dans les autres boîtes, si t'as déjà eu un contact avec quelqu'un en général c'est le même qui te recale pour toute la vie, prend des news, la famille ça va ? bof j'en ai pas, etc.)

Quand pendant la post-prod du pilote vous découvrez avec effroi que votre prod devient co-créatrice de la série (alors que vous avez écrit le truc avant de connaître ces âmes damnées), directrice de collection et on en passe, là, vous pouvez commencer à faire la gueule et remettre en question les derniers mois.
Le mieux, c'est encore d'envoyer un mail mais ça vous le savez déjà si vous avez bien suivi l'article. Le top du top c'est de le recommandé avec accusé de réception mais qui a ce temps là ?
Surtout quand vous savez qu'on vous répondra par un coup de fil qui dit "je comprends pas" puis une fois vraiment pris la main dans le sac "ah nan mais j'ai mal regardé, j'ai mal vu, c'est marrant que je sois créditée partout comme ça". Hmmm, on a pas la même conception de l'humour. Surtout quand ça mitonne que c'est la chaîne qui a écrit ce générique alors que ça s'est jamais vu nulle part de voir une chaîne faire le générique de quoi que ce soit mais c'est pas grave.
Autant vous dire que si j'avais pas vu ça et qu'on était allés au delà du pilote et que j'avais touché mes 10 centimes de droits d'auteur, ça aurait été coupé en deux.
NB : histoire de remédier à cela, car tout le monde sait que "la vengeance est un plat qui se mange froid parce que avant j'en avais pas", prenez le temps, une fois le projet mort et enterré d'appeler la chaîne et de poser des questions qui sèmeront le doute sur la probité et l'intégrité des fautifs sans pour autant pointer du doigt comme un rageux. C'est plus efficace.


Pour votre tranquillité d'esprit, quand vous allez chez ces gens qui appellent "la prod" l'appartement où ils habitent et qu'ils vous proposent à boire : prenez juste un verre d'eau du robinet. Comme ça vous savez que vous leur devez rien, vous êtes pas leurs potes, pas leurs frères et encore moins leurs psys ou une épaule sur laquelle pleurer quand tout s'écroule et que le chateau de cartes des mensonges devient bien fin et transparent et quand vous vous barrez, perdez même pas de temps à vous retourner, vous avez un paquet d'autres choses à foutre et de projets à lancer que vous lamenter là dessus (même si je viens de le faire avec cet article).


Tout ça pour dire en ces temps où la création française est remise en question, qu'on sort des films nazes alors que le cinéma français n'a jamais autant cartonné que ces dernières années (sans doute à tort) que l'incompétence n'est pas que du côté des auteurs ou des réals ou quoi mais que comme dans The Wire c'est tout le système qui est pourri et à revoir.
Et encore, c'est même pas vrai, c'est parler trop vite ça, la plupart des gens avec qui vous parlez sont animés de la même passion que vous, ils veulent aussi voir des trucs différents, parfois ils ont même une vision identique à la votre ou mieux encore une vision qui complète la votre (et qui ne cherche pas qu'à vous censurer, vous faire revoir vos ambitions à la baisse, etc). Pour ça, pour ces rencontres et pour ces moments là, t'es content de faire ce métier et de galérer.

Pour le reste, c'est un projet niqué de A à Z et un moment à regarder dans l'abime de l'incompétence et de l'inculture la plus totale mais c'est en même temps une bonne leçon qui sera jamais oubliée et qui servira pour toujours.
Et ça, c'est mortel comme les suppositoires.

vendredi 10 octobre 2014

Hémorroïde

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Autant l'été 2013 a été le plus mortel de ma vie, autant l'été 2014 a sans doute été le plus pourrave.

Ce qu'il s'est passé, entre autres, cet été c'est que :
- je suis parti en vacances une semaine, j'ai regardé tomber la pluie enfermé à l'intérieur
- j'ai eu des hémorroïdes (c'était pas le pire)
- j'ai vu Les Gardiens de la Galaxie (je vous présente le pire)

Comme une idée de génie, ça commence, tu te rends compte de rien, ça te chatouille mais t'y fais pas plus gaffe que ça. Bon, j'avoue, ça commence quand même à bien te faire des guilis et avant que tu t'en rendes compte un de tes hobbies préférés c'est de te mettre un doigt dans le cul pour te gratter. Mais avant ça y a l'étape où tu crois que t'as des vers du coup tu tapes dans le sirop à la banane que t'avais quand t'étais petit et qu'a un peu le gout de la glace Ben & Jerry à la banane si tu retires les noix et les bouts de chocolat issus du commerce équitable. Equitable pour tout le monde sauf toi quand tu te retrouves à acheter un pot de glace 6 euros au supermarché et 10.000$ quand tu prends le petit modèle au cinéma (et encore, faut que ta banque ait accepté de te faire un prêt).

Bon, c'était pas des vers et ça commençait à faire un peu mal. Puis vu que 2014 a été marqué par l'autre grand fail médical de ma carrière (j'ai eternué trop fort, je me suis déchiré un muscle au niveau des pectoraux (ouais, moi qui parle de pectoraux, on aura vraiment tout entendu)), je m'attendais au pire. Je me voyais déjà à Gustave Roussy avec une caméra dans le cul et mon adaptation bien à moi de Voyage au Bout de la Nuit mais j'avais la flemme d'aller chez le docteur pour une histoire de cul. Surtout que s'asseoir ça commençait à faire mal et l'idée d'aller m'asseoir trois plombes dans une salle d'attente d'un docteur que je connais même pas parce que le mien s'est barré en retraite, ça me disait pas trop.

T'arrives chez un nouveau docteur, tu le connais même pas, tu sais qu'il a fait des études de médecine et que du coup il a du faire les 400 coups genre couper les bites des cadavres et faire des blagues à ses collègues avec et ce genre de conneries mais bon, maintenant il est docteur, tout ça c'est derrière lui, au pire il fait des films genre Hippocrate mais c'est pas forcément un mec ou une meuf marrante. Et je voulais pas me trouver un nouveau médecin et que le premier chapitre de notre histoire commune donne un truc genre :

- bonjour chef, qu'est ce qui vous amène ?
- j'ai le cul qui me gratte tout le temps, y a une grosseur dedans et des fois ça fait mal et l'un des seuls trucs qui soulage, et encore ça dure qu'un temps, c'est de chier un truc énorme digne du Taj Mahal.

Ouais, ouais, ouais, ça avait vite escaladé toute cette histoire mais pour esquiver la salle d'attente, je suis allé voir le médecin du peuple, je suis allé sur Doctissimo. Là dessus, laisse tomber, j'ai découvert que j'étais l'heureux propriétaire d'hémorroïdes mais chez eux tout de suite, c'est alarmiste. Sur les causes probables, je comprenais pas, y avait bien la Coupe du Monde de foot qui commençait mais bon ça aurait quand même été balèze que ça soit casse couilles à ce point. Je passais même pas tant de temps que ça assis aux chiottes. Je mangeais épicé mais j'ai toujours mangé épicé, j'allais pas commencer à me faire victimer comme ça, je veux bien chier de la flotte à cause de trucs qui piquent mais pas me retrouver avec une connerie pareille. C'était pas juste et je préférais vraiment officiellement quand ce genre de conneries arrivaient aux autres.

J'ai lu quelques pages de Doctissimo, je pensais que les gens déconnaient et qu'ils en rajoutaient comme quand ils parlent en des termes élogieux des hamburgers dégueulasses qu'ils paient 15 euros sur Paris quand ils disaient qu'il fallait jamais aller sur Doctissimo mais c'était pas des conneries, j'ai lu quelques pages et j'ai eu l'impression que mon cul allait se refermer sur lui même ou fondre dans mon sommeil ou que l'hémorroïde allait s'ouvrir et qu'il allait soit en sortir un papillon dans le meilleur des cas ou une vigne vierge si j'avais pas de chance.

Du coup j'ai baillé les avis médicaux et opté pour l'automédication parce que ça commençait à faire chier et faire mal parce que ça lançait tout le temps comme si y avait un coeur qui battait dans ce merdier et qu'il faisait une mini crise cardiaque dès que je me levais ou m'asseyais comme s'il flippait que je parte en finir avec ce truc parce que je venais d'avoir une idée de génie pour m'en débarasser. Mais ça c'est même pas passé comme ça, j'ai juste fait ce que je faisais à chaque fois : j'ai pris un Doliprane. Ce blog, c'est pas un film américain, y a pas de miracles, ça a rien fait hein. J'imagine le mec qui va tomber sur le blog et qui devait avoir le sourire en se disant "putain mortel je vais prendre un doliprane et demain matin j'aurais plus rien" bah nan, c'est mort, t'as pas fini de galérer.

Ce que j'ai fait ensuite, c'est que je suis allé sur Google Images juste pour me dire que je m'en sortais bien comparé aux autres. Et c'est vrai que je m'en sortais bien. Y en a c'est plus des culs qu'ils avaient, c'était Fukushima. Arrivés aux urgences, ça a du prendre des photos, finir dans les archives, se partager sur snapchat et des instagrams obscurs et underground et poser des questions cons genre "mais vous savez qu'il faut pas vous laisser vous faire enculer par des tyrannosaures monsieur ?". Hémorroïdes sur Google Images, c'est l'assurance de passer un bon moment, y en a ils avaient carrément des colonies d'hémorroïdes. On aurait dit que tout un camp de roms avait décidé d'élire domicile dans leur cul. Je joue ma victime mais j'avais qu'une boule moi. Franchement ça allait comparé à eux.

Mais je suis quand même allé à la pharmacie. Pharmacie de quartier où tout le monde connaît tout le monde et où on me connait parce que j'ai la même gueule que mon père du coup, je suis connu par procuration. Devant moi, des vieux, comme d'hab, puis vient mon tour, grand sourire, tout le bordel et l'expression qui change quand je demande, après les salamaleks d'usage, "vous auriez pas un truc contre les hémorroïdes ?" et elle a parlé tout doucement et elle est partie récup une pommade. Entre temps je lui ai demandé pourquoi j'avais pas du Préparation H, on a parlé de la pub avec le tabouret qui avance tout seul et dit AÏE AÏE AÏE AÏE AÏE sur un son de mariachi (et j'avoue que la pub fait moins marrer quand c'est à toi que ça arrive) mais apparemment ils en vendent plus. C'est dommage, la pub était cool. La pommade qu'elle m'a donnée était supposée calmer le truc, ça a pas calmé grand chose et j'avais juste l'impression de me mettre de la mayonnaise dans le cul à longueur de journées mais ça devait faire marrer la pharmacienne et la vieille derrière moi qui suivait la conversation avec intérêt.

J'ai même suivi les conseils à la con du net comme le dernier des mongols. J'ai pris des bains chauds, des bains froids, j'ai fait des trucs chelous avec des glaçons, j'ai massé cette connerie d'hémorroïde au point que le reste de mon cul devait croire que j'essayais de la gérer pour l'inviter au ciné ou une connerie comme ça, laisse tomber. Heureusement, j'ai mis la main sur un stock de suppositoires, (après m'être lubrifié le cul comme si j'allais jouer dans L'Enculé d'Alcatraz et m'être enfilé tout un tas de trucs qui n'avaient rien à faire là) autant vous dire que les suppositoires c'était le dernier de mes soucis et au bout de trois quatre jours, y avait plus rien. Je sais pas où l'hémorroïde s'est barrée mais elle peut y rester.

Tout ça pour dire que les suppositoires c'est mortel.

dimanche 19 mai 2013

Fast & Foirous 6

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Vu que j'avais fait un article y a deux ans pour revenir sur tout Fast & Furious et que y a le 6 qui sort mercredi et que je l'ai vu hier, je me suis dit "azy faut écrire un truc dessus, en plus ça fait un bail que t'as pas écrit sur ton putain de blog, les gens qui le lisent vont croire que t'es mort ou que t'as trouvé mieux à faire que raconter des conneries ici".
Bref. Fast & Furious 6. Un cas intéressant car c'est un film de merde archi cool. Je veux dire par là que si c'était un film Marvel, ce serait une merde infâme et ce serait déjà au panthéon des films de merde de 2013 mais FF6 réussit là où les Marvel échouent. Il t'en donne pour ton fric concernant ce que t'es venu voir. Les scènes d'action sont ouf. Bon, attention, c'est pas du Michael Bay non plus, c'est réalisé de façon ultra-fonctionnelle mais c'est efficace, c'est pas du Joss Whedon dans Avengers quoi, y a plus de trois axes et ça bouge bien mais on y reviendra parce qu'avant… Y a vraiment de quoi se marrer avec ce Fast & Furious 6 en vrai.

Déjà faut se rappeler que c'est quand même la saga où la quasi-totalité des persos est COTOREP et dans ce 6ème volet, on fait péter le compteur. Si y avait un radar à débile, ces cons se feraient tous flasher vener. Vin Diesel passe le film à déclamer des platitudes sur la "famille", l'amitié et j'en passe avec un espèce de rictus à chier des limaces et un regard tellement vide que t'as presque envie d'aller dans l'écran le gifler et partir en courant ensuite. Paul Walker revient sur sa lancée du duo qu'il formait avec Tyrese dans le 2 et il retrouve par moments cet espèce de regard totalement abruti… Le pire, c'est que y a pas que les persos qui sont triso : y a aussi le scénariste et lui, il s'est lâché.

Déjà ils commencent le film avec un générique qu'on croirait sorti d'une série télé de merde monté sur une espèce de montage comme font les puceaux sur YouTube de plein de bouts des films précédents histoire de jouer sur la nostalgie et tout le bordel, genre on kiffe vraiment les personnages du truc alors qu'on est surtout là pour rigoler d'eux.
Le truc devient limite triste.
T'as Vin Diesel qui va avoir 50 ans, Paul Walker qu'a au moins 40 ans et ils continuent de se la jouer kaïra du tieks. Toi t'es dans le ciné avec tes potes, t'en peux plus. A chaque punchline où ça joue les durs, t'as mal aux abdos. C'est pas possible.
Mais c'est malheureusement là que le film se la raconte et qu'il pêche. Il croit que t'as vraiment quelque chose à foutre de ces mecs et les mecs croient avoir des persos aussi cools que dans Dostoïevski alors que nan, c'est mort. Mais le film sait pas que c'est mort et il prend un malin plaisir à "développer" ces persos de la façon la plus naze qui soit.
Franchement, hors des scènes d'action, t'as l'impression de regarder un épisode de 90210 avec les noirs qui sont là pour faire des blagues et les autres qu'ont des histoires de soap opera avec Michelle Rodriguez qu'était morte mais en fait non mais elle est amnésique alors Vin Diesel doit de nouveau la séduire et tout. Putain, moi je suis venu là pour voir les tanks faire du trampoline et l'avion se faire harponner comme si c'était Moby Dick, je suis pas venu là pour voir Vin Diesel et Rodriguez se faire la cour comme si c'était encore septembre 2001. Bref, c'est chaud mais j'avoue que ça aurait pu être pire mais le truc intéressant, c'était que Vin Diesel péchotait l'ex de Michael Youn, la keuf brésilienne, à la fin du 5 et je m'attendais à un truc à la Twilight avec Vin Diesel qu'allait devoir jouer Bella et choisir et en fait que dalle.
En gros, ce Fast & Furious 6, c'est le film que te dit que tu peux te foutre au cul toutes les promesses de pistes un peu intéressantes scénaristiquement car on va se contenter de faire du basique et du balisé histoire que ça dure 2h10 et que t'aies bien mal au cul et que tu kiffes vraiment les scènes d'action qu'ils daigneront te lâcher vu le niveau de nazitude totale du reste.

Déjà, t'as cette storyline qui prend une grosse partie du film qui est totalement à chier. Ça aurait pu être intéressant comme je disais mais nan, c'est juste d'un ennui mortel et tellement balisé que t'es là, tu regardes les scènes, tu regardes l'heure sur ton téléphone, tu regardes le Facebook des gens de devant qui se font autant chier que toi et t'es un peu triste. T'es là, tu te dis "putain, je me fais chier devant un Fast & Furious comme si j'étais devant Twilight". On en est là en 2013.
Mais y a pire. Y a le scénariste qui se croit dans Saw et qui raccroche tout ça au 3 dans la scène post-générique (mais ça, c'est cool et c'est la scène que les gens ont le plus kiffé) mais il raccroche aussi ce Furious 6 au Fast & Furious 4 qui était déjà bien casse-couilles dans son genre. Le 4 qui se la jouait "dark" et tendu mais qui était juste chiant en fait. C'est là que tu te rends compte que les Fast & Furious, c'est des films archi-bavards, ça fait que tchatcher et il se passe rien. Y a de l'action et tout hein. Mais il se passe rien en vrai.
Bref, le film, se croyant très malin, raccroche des wagons avec le 4 et t'as un tunnel d'un quart d'heure totalement ubuesque scénaristiquement et ne servant à RIEN qui vient s'insérer entre deux tunnels de vide complet (genre des blagues des deux noirs, Tyrese et Ludacris, marrants certes mais pas oufs non plus ou l'intrigue Twilight de Vin Diesel). Franchement, on avait pas besoin de ça. On voulait de l'action.

Et de l'action, quand y en a, putain c'est cool mon gars. T'as la première grosse poursuite qui est pas mal pour commencer le film (après un bon vingt minutes quand même…) même si j'avoue que ça partait mal. Le méchant a une espèce de Formule 1 blindée criminellement sous exploitée en fait et surtout, la mise en place de la scène ferait sourire même un réal de Julie Lescaut. Les gars viennent serrer un super criminel et sont pas sensés être là et pourtant t'as genre une centaine de keufs dehors, les gyrophares qui éclairent tout Londres et tout à fond… Tu vois ça tu te dis "bon, on a vu pire" mais tu te dis "putain, ça commence mal en vrai".
Puis après un tunnel de blabla et de blablagues rincées, t'as cette poursuite à pieds en montage alterné dans le métro londonien et deux tapes à mains nues plutôt efficaces et bienvenues pour un Fast & Furious. T'as une petite bagarre de Paul Walker contre trois mecs qui se veut violente mais comme on est dans un film tous publics, elle est à chier, tu vois le début et la fin de la tape mais entre temps, t'as juste du chaos à l'écran et t'es là "wah elle a l'air cool cette tape" mais elle est montée et tournée n'importe comment. Il manque juste un mec qui crie WORLDSTAAAAR WOOOORLDSTAAAAAAAR et on s'y croirait. Comme quoi, même l'action n'est pas irréprochable.

Je sais que je suis en train de sonner comme un putain de fumier d'enfoiré là mais quand j'avais vu le 5 la première fois… J'avais kiffé. L'ambiance gros braquage et tout (même si à la revoyure le film est chiant puisqu'il ne se passe quasiment rien pendant une heure vu que nos amis nous exposent méthodiquement, entre deux blagues, le plan de leur braquage pour au final tout foutre aux chiottes et retrouver leurs habitudes COTOREP et dire "gniiii on improvise") faisait la différence.
Là, on est dans un schéma connu, ce Furious 6, c'est juste Fast 4 en plus gros et à Londres. T'as donc de quoi voir passer le temps. Surtout quand le film se met en tête de rendre The Rock marrant. Il a donc lui aussi droit à deux scènes pleines d'humour qui font rire sauf que nan, c'est pas drôle. Franchement The Rock et Ludacris qui font se déshabiller un responsable de vente aux enchères parce qu'il a pas été sympa avec eux. On est où là ? On se croirait dans de l'humour des gars du Jamel Comedy Club. Surtout qu'une connerie comme ça, ça te nique un bon 5 minutes dans le film. Et c'est que ça. Du gras. Tout le temps. Des scènes reloues qui te font vite arriver à 2h10 de film en fait.

Bon, les blagues ne sont pas drôles mais est ce que les méchants le sont ? Ben même pas. Le méchant est même à la limite du naze et méchant pour l'être donc un mauvais méchant. Il veut voler une puce électronique de ouf qui sert à je ne sais plus quoi mais qui vaut des milliards et il est prêt à tout pour ça. Il a une équipe de figurants qui errent dans un hangar tandis que l'équipe de Vin Diesel erre dans un autre hangar. Et la moitié du film, c'est ça. Des gens dans des hangars qui regardent des écrans d'ordinateurs. Ils réussissent à te caler des scènes de course mais bon… Ça fait un bail qu'on a lâché cet aspect des Fast & Furious et que voir des putes bouger au ralenti ne nous fait plus aucun effet mais pensons aux plus jeunes générations qui découvrent leur premier Fast & Furious au cinéma. Ne soyons pas mesquins.

Tout ça pour dire que ce Fast & Furious 6 est un très mauvais film. Un très très mauvais film qui s'en bat les couilles puisque au bout de 1h30 de remplissage (franchement, y a pas d'autres mots), il se rappelle qu'il s'est vendu à nous avec deux putain de scènes dans ses bandes-annonces. La scène du tank et la scène de l'avion. Et là, je mets pas de spoiler, mais putain, mon gars, là je peux te dire que t'en as pour ton fric.
La scène de l'autoroute et du tank est ouf. En vrai, y a des films pour lesquels ça aurait été le climax mais ici, c'est juste le bébé climax. C'est pour se mettre en jambe. Et t'as ce putain de tank qui écrase des bagnoles avec les gens encore dedans et qui shoote des missiles à bout portant sur des caisses et t'as des mecs qui sautent et t'as un plan totalement débile mais tellement cool où Rodriguez est projetée du tank et Vin Diesel saute de sa voiture, genre il soulève ses 300 kilos de carcasse comme s'il s'appelait Sangoku et il la rattrape au vol et c'est n'importe quoi et il manque plus qu'un ralenti et un gros "I BELIEVE I CAN FLY" sur la bande son mais c'est le point d'orgue de la scène et c'est plutôt stylé.
Puis t'as du blabla et t'as peur que le film se soit transformé en une merde style Avengers ou Skyfall genre le méchant a fait exprès de se faire arrêter pour arriver à ses fins et tout mais en fait même pas, c'est juste pour relancer le truc, avec j'avoue un twist que j'avais pas vu venir, genre ouais, on peut être surpris par Fast & Furious et ça nous envoie à la scène de l'avion et là, c'est genre vingt minutes de folie et de chaos, grosse inspiration Unchartedienne avec cette bagarre dans un Antonov ou un truc du genre mais vu le bordel sur la piste, l'interminable piste qui doit faire 300km, c'est pas grave, tu kiffes. La scène est énorme dans ce qu'elle déploie, ça bouge de partout, chaque perso a un truc à faire et surtout, le film a été tellement chiant avant qu'il faut bien ça pour compenser.

C'est pour ça que le film est réussi. Il a vendu de l'action. Il l'a donnée. Et bien comme il faut. Mais bon, il oublie pas d'être quand même tout pourrave et il se finit avec nos amis qui se font un barbecue dans la maison du Fast & Furious 1 et Tyrese qui fait la prière pour remercier le petit Jésus qu'ils soient tous amis. Le tout sur du David Guetta. J'invente pas. On invente pas des conneries pareilles. Bref ils finissent le film là dessus et c'est à peu près de ce niveau quand y a pas d'action donc je te laisse imaginer le merdier. Heureusement la scène qui tease le 7 arrive très vite et ces enfoirés, comme s'ils savaient qu'ils avaient fait un film très moyen vu que ça vaut 5/5 en action et genre 2 pour le reste, ils se saucent totalement pour te vendre le 7 et quand tu vois que c'est Jason Statham en personne, histoire de compléter la Sainte Trinité de la Calvitie (avec Diesel et le Caillou, on aura le Tamtam), qui en a après Vin Diesel et sa bande tu te dis "putain, ouais, je serai là en juillet 2014, j'espère juste que ça sera moins culcul et que ça bougera plus".

En gros, refaites des films de 1h50 putain de merde !
Coupez vos développements de persos merdiques !
Fuck le fan service ! Ce que vous aviez fait avec le 5 c'était cool, là, ça fait forcé la plupart du temps, ça pue !
On veut de l'action ! On veut pas de vos atermoiements !
AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

mardi 26 février 2013

La Démesure de l’Intime selon Kanye Ier

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Ouais, fallait au moins un titre digne d’un bouquin de la rentrée littéraire pour tenter de décrire le concert de Kanye West au Zenith. Pour mémoire pour les mecs qui liront ça en 2087 quand je serai mort et tout : c’était le concert du 25/02/2013. Il neigeait sa race, il caillait plus ou moins, le Zénith : c’est loin du 9-4 et arrivé porte de Pantin, les mecs étaient déjà sur le quai à essayer de fourguer des places. Même pendant l’exode qui mène à la salle on a vu genre 10.000 mecs vendre des places. Y en avait même un qui prenait de l’avance et vendait des places pour Eminem en août là.

On passe sur la queue pour rentrer. On passe sur les gens qu’avaient l’air déguisés mais qui s’habillent comme ça dans la vie de tous les jours apparemment. On se fout de Lil Wayne et cie mais ils ont le « droit », c’est leur boulot de se saper en Bozo des temps modernes mais quand c’est des civils en CAP Coiffure ou sans doute des graphistes, tu me diras, c’est pareil, tu ris sous cape comme si t’étais à Cap Carnaval. Ouverture des portes 19h30 pour un truc qui commence à 21h30. Autant te dire que t’as le temps d’en voir passer des biatches,  des gosses à tronches de 1995 complètement bourrés alors que leurs gobelets de bière plus galbés qu’eux ne sont vides que d’un tiers, des têtes de cons pas homologuables, des mecs à l’air vener, des meufs se croyant au max, les canards qui leur servent de mecs et qu’ont l’air de se demander comment ils ont pu serrer une meuf aussi bonne mais aussi conne, des swaggeurs dégénérés au final tous sapés pareil, des leggings prêts à céder sous le poids de la cellulite et des fdp comme moi, en mode Judge Reinhold, en train de guetter et jauger tout ce beau monde.

Mais y a un moment où ça s’est décidé à commencé et là, pouah, ça a déchiré.

Dès l’intro, une instru qu’on reconnaît pas, un sample archi connu de je sais pas qui mais je suis pas un vicelard, je vais pas googler le truc pour passer pour plus malin que je ne le suis, mais ça disait « You are cold as ice, you are going to sacrifice » et tu sentais venir que ça nous amenait sur Cold (ex-Theraflu) puis tu t’es rappelé que t’avais vu une vidéo qui montrait déjà cette chanson et ouais, c’était bien ça. Il devrait sortir un jour ses versions live avec les instrus revues et corrigées, c'est souvent encore plus épique. Un écran géant carré de chaque côté de la scène, un écran géant incurvé sur la scène légèrement inclinée et un écran au plafond. Ca se fout aps du monde. Le mec arrive, son ombre porte sur l’écran au plafond qui la rend super balèze, pendant ce temps sur l’écran derrière lui, l’impression que l’iceberg se fend en deux pour le laisser passer et c’est parti.

Je vois plein plein plein de gens qu’ont pas aimé. Je vois plein plein de gens qui y étaient pas qu’ont pas aimé. En même temps les gars kiffent Seth Gueko, Niro et les autres kaïras provinciales donc tu te demandes limite pourquoi ils jettent une oreille sur Kanye West. J’aime pas Beyonce, je me force pas, je la traite de pute gueularde à intervalles réguliers mais terminé, je me bute pas à en parler plus que de raison, c’était le traitement réservé à Avengers ça. 
Pour ma part, j’ai kiffé ce concert. Ce furent 69 euros et 20 centimes plutôt bien placés mais je dois aussi vous avouer un truc qui va sembler ouf mais je claque rarement de telles sommes ou même des heures de ma putain d’existence pour aller aux concerts de gars que j’aime pas ou sans plus. Vu que Kanye West est sans doute le gars que je kiffe le plus après Eminem (ouais ça arrive, y en a même qui kiffent encore Tarantino et d’autres qui se mettent des oigtds devant Avengers donc) : je me faisais pas trop de soucis et alors que j’écris ça, j’ai encore un paquet d’images dans le crâne.

Sur la playlist, comme d’hab, il manque des trucs qu'on aurait kiffé avoir mais le concert peut pas durer quatre heures mais en même temps, c'est plutôt homogène et rien ne fait tâche. Même la petite reprise du Diamonds de Rihanna passe bien, c’est à ce moment du concert dans la thématique, le truc est réfléchi, ça se voit et ça se sent. Il me semble plutôt rare de voir des mecs intellectualiser leur concert (bon, c’est pas un truc de ouf non plus, c’est vite fait, mais un effort est fait) tout en privilégiant une efficacité et un enchaînement plutôt redoutable des sons. Une bonne vingtaine de chansons, de Cruel Summer à Graduation avec de très très très rapides incursions dans la première période Kanye West-ienne avec entre autres du Jesus Walks, All Falls Down et Gold Digger (pour le rappel). Des chansons qui me saoulent un peu sur les albums, genre Clique principalement, ont pris leur pleine mesure en live.

Le mec est le Terrence Malick du rap game.  Mais je sais même pas s’il fait encore du rap. Il fait de la musique juste. Le show en lui-même était déjà assez dingue avec ces écrans géants diffusant des images à la Yann Artus Bertrand de blizzard, de vagues, d’oiseaux, de cieux et j’en passe. Ajoute à ça sa tenue genre camisole de force + Air Force One et tu sens qu’on est dans la recherche de pureté. Je sais pas s’il est sensé jouer une sorte de Dieu fou ou un gars genre Promethée revenu parmi les hommes nous raconter ce qu’il a à nous raconter ou si c’est juste histoire de faire un joli spectacle mais c’était cool, y avait un effort de fait là-dessus mais je l’ai déjà dit mais fallait bien développer un peu.

Ce qui a fait la différence, c’était les moments complètements WTF à défaut d’être WTT.  Déjà, passons vite dessus, t’as les masques qui font tant parler mais c’est qu’un accessoire, ça nique pas sa voix, ni rien, on dirait le même délire que pour Bane dans Batman à l’époque, que personne n’avait vu le film mais que ça gueulait pour la forme genre on va rien comprendre etc alors que vous allez voir toutes vos merdes en VOST histoire de vous la jouer esthètes parce que bon, quand même la COTOREPerie c’est mieux en VO etc etc. Le gars a un masque de Chewbacca albino archi-stylé, si j’avais été gosse, j’aurais voulu le même et après il sort un masque en diamants parce qu’il parle de diamants (donc tu vois, ça vole pas haut le truc mais c’est un petit effort qui est fait, ça change, c’est rien). Le mec a mis deux masques, il a gardé la même tenue tout du long et il se fait traiter pour ça. Faut être sérieux.

Et les hurlements sur Say You Will, les ad lib limite autiste sur Heartless tandis que dans la fosse, la neige tombe sur les gens ajoutant à l’ambiance étrange se dégageant du concert. Dix minutes après avoir chauffé tout le monde, Kanye nous anesthésie et commence à tenter de nous faire ressentir autre chose que la simple « kiffade » pour reprendre le terme à la mode. J’ai envie de croire que ses cris et autres délires sont sincères et ne sont pas pré-calculés. J’ai envie de croire qu’il est honnête quand il dit à ses ingés son/DJ/pousses boutons en burqa  de laisser continuer la musique ou quoi, c’est parce que là, ce soir il a vraiment envie de partir en délire tout seul sur Heartless et nous faire une outro de 5 minutes dessus. J’ai envie de croire à la sincérité du mec qui m’a toujours paru être un autiste bigger than life. Doublé d’un allez, disons-le, génie musical qui aurait trouvé une façon d’exprimer ce qu’il a en lui sur scène etc. D’où Clique qui se retrouve agrémentée d’une phase freestyle qui commence comme un discours de coach de foot US nous disant de réaliser nos rêves et faire ce qu’on veut pour se finir en séance d’insultes en passant par une phase où il fait gueuler aux meufs « SUCK MY DICK » avant d’enchaîner sur I Don’t Like ou encore Runaway qui dure plus d’un quart d’heure de délire emo-tionnellement-gogole au dernier degré mais parfois traversé de fulgurances qui te font kiffer même si les mecs semblent prendre un malin plaisir à te vriller les oreilles avec certaines notes de piano. En tout cas, le rythme, parfois un faux rythme faut l'avouer, était là, on peut pas dire qu’on se soit fait chier. Je préfère voir un Kanye partir en couille qu’un Drake faire du fan service pendant trois plombes ou nous raconter des anecdotes à la Fan De. Avec Kanye, ça risque pas, il a dit « Paris » un moment et ça doit être le seul truc qu’il ait dit entre deux chansons. Mais c’est Kanye West, on s’y attend, ça ne surprend pas vraiment, c’est pas Fouiny le propriétaire qu’on est venu voir putain de merde.

Le mec a donc fait son show de taré. S’il avait pu s’ouvrir le bide et étaler ses tripes sur la scène et s’exploser les intestins pour tapisser de merde l’écran derrière lui, il l’aurait fait. Et là, il a dû se taper la désillusion du siècle quand tous les gosses dont je t’ai parlé au début de l’article n’écoutaient plus rien mais se sont mis à gueuler « NIGGAS IN PARIS ! », « NIGGAS IN PARIS ! », « NIGGAS IN PARIS ! » et qu’il a joué le suspense. Tu sais que Kanye West ne sourit jamais. Et là, il s’est mis à sourire. C’est le gars qui sourit quand il est déçu quoi. Puis il allait parler de ses nouveaux projets et deux-trois commençaient à supputer qu’il allait nous faire un nouveau son mais c’est reparti pour un tour de « NIGGAS IN PARIS » ad-nauseam. On pouvait se douter qu’il oserait pas la faire sans Jay-Z puis qu’il y avait eu Cruel Summer entre temps puis qu’il avait joué aucun son de Watch The Throne mais non, les gosses voulaient Niggas In Paris. Alors il a souri. De la façon la plus vicelarde au monde, les gens y ont cru mais il s’est arraché. GTFO.

dimanche 13 janvier 2013

ANTI

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Avant le dimanche, c'était le Jour du Seigneur, aujourd'hui c'était le jour des haters.

Ils sont arrivés en masse mon gars. De toutes les provinces pourries que tu connais ou que tu connais même pas, ils ont pris des TGV ou les cars que leurs associations avaient affrétées. Y en a même qu'ont embarqué leurs gosses, le pépé et la mémé qu'avaient pas revu Paris depuis qu'ils l'ont libérée des Nazis et en voiture, Simone comme on dit.

Y en a qu'ont pas pu aller à la messe avec ces conneries. T'imagines dans quel état de nerfs ils sont arrivés ? C'est comme quand t'es petit et que tu fais des bruits de pets pendant la grande prière du vendredi à la mosquée du coin quand tout le le monde se baisse. Okay, tu vas faire marrer les autres gosses mais t'es sûr de faire bouillir le sang des mecs les plus vindicatifs. C'était pas le bon plan, fallait faire ça un samedi. Là, le dimanche, t'étais sûr de les fâcher.

Ils ont eu le temps pendant le trajet de se convaincre qu'ils avaient raison de faire ce qu'ils allaient faire. Que ce que disait le bouquin dans ses grands moments moralisateurs ne s'appliquait pas à eux mais aux autres. Quels autres ? Les autres.   Les autres, c'est les autres.

De l'autre côté, c'est le combat pour le conformisme. Tu ressembles à un personnage de n'importe quelle merde made in Pixar à crier comme ça que tu veux tout faire pareil qu'eux. T'as vraiment à ce point envie de faire partie de ce groupe et de cette masse là ? Bwah.

Le bon côté, c'est que ceux là, c'est pas les pires. Ils vont pas taper sur les lesbiennes. Ils vont pas taper sur les féministes enragées. Ils sont pas méchants. C'est des gens qu'ont peur pour rien. Comme les péquenots cistras dans les vieux films. Des gens qui savent pas. Qui croient que tous les gays sont comme ce qu'ils ont vu dans Pédale Douce à l'époque. Ils ont peur. Je sais pas de quoi mais ça leur fait peur apparemment. La gay pride doit être leur Halloween.

Je sais pas ce que c'est que d'être mis au ban. D'être pointé du doigt ou quoi. D'être différent parce que j'aime quelqu'un qu'a la même chose que moi entre les jambes. Au fond, comme d'hab, je parle sans savoir. Une célèbre réplique du ciné de blaxploitation disait un truc genre "tu sais pas ce que c'est d'être black et si t'es pas content, va chier", on pourrait dire "tu sais pas ce que c'est d'être gay et si t'es pas content, va te faire enculer". Mais ce serait con d'être aussi venerageux qu'eux. Rappelle-leur ce que c'est de tendre l'autre joue.

Ou alors ils veulent juste garder le droit d'aller à l'église niquer un samedi après-midi pour eux et tous les gens qu'ils connaissent rien que pour eux. Ils veulent garder pour eux le privilège d'avoir plein de gamins à la con. Ils ont été les premiers à gueuler après la laïcité quand on parlait du voile mais là, TMTC, c'est pas pareil.

Comme quoi y a pas que les Islamistes qui se surpassent dans l'art de donner une sale image de leur religion.

En attendant, ils ont marché.
Ils sont contents.
On les a comptés comme des moutons.
T'inquiète, les débats du jour ont endormi beaucoup de même sans qu'on ait à compter les marcheurs. Les organisateurs devaient être bourrés, ils ont vu double. Ils ont fini par rentrer chez eux. Ils ont repris la bagnole. Ils ont déposé les grands parents. Ils ont pas écouté la radio. Ils ont écouté un cd, ils ont chanté ensemble même. Et c'était même pas des chants liturgiques. Quand je te dis qu'ils sont pas si méchants… Ils sont pas clichés à ce point comme les "autres" ne sont pas tous sortis de La Cage aux Folles. Ils ont déposé les grands parents. Ils sont retournés à la baraque. Ils se sont faits à bouffer. Léger. C'est dimanche soir. Ils ont regardé le film de TF1. Ciné Dimanche. Ça marche à tous les coups. Ils ont couché leurs deux gosses qui pourront raconter ce dimanche à l'école. Au lit, ils ont hésité puis ils y sont allés, ils ont baisé un coup, il espère s'être retiré à temps parce que bon, les gosses c'est mignon, mais un troisième, c'est chaud à force. Puis il s'est recouché parce que demain, faut aller bosser et s'il arrive en retard ou finit pas à temps, il sera en retard pour aller les récupérer et ils devront attendre bêtement à la porte de l'école et qu'est ce que les deux ou trois papa pédés vont penser s'ils voient ses gosses à lui à la grille alors qu'eux auront récupéré les leurs ?

T'es vraiment sûr de vouloir tout ça toi ?
La gueule...

lundi 31 décembre 2012

Nouvel An

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Foie gras, poulet, glace.
Repas de réveillon classique. J'aurais pu aller au grec mais même moi j'ai mes limites. Dines sérieusement à la baraque, va voir des mecs que t'as pas vu depuis un bail ensuite. Fais quelque chose pour une fois.

Je me souviens pas de tous mes réveillons.

Un tour chez Picard dans la matinée histoire de choper mes glaces et me rendre compte que ces enfoirés avaient plus rien en stock et qu'ils avaient tout remplacé par des bûches de Noël et/ou de Nouvel An. De la merde quoi. Un tour chez Picard dans la matinée histoire de voir tous les salopards qu'allaient acheter du surgelé pour se la jouer cuistots dans la soirée. Tu sais utiliser un micro-ondes, BG.

Je me souviens d'un réveillon où on s'est même pas rendu compte qu'on était passé à l'année suivante parce qu'on avait mangé comme des salauds et qu'on regardait Bad Boys II et que ça avait fait plus de bruit que les hurlements qu'il y avait pu avoir à l'extérieur.

Le 31 est toujours un jour qui sent la fin. Tu vois pas grand monde dehors. Si tu travailles ce jour là, c'est mort, il se passe rien. Si tu travailles pas, c'est un jour comme un autre sauf que tu mangeras un peu mieux ce soir là. Rien de spécial donc. Reste que c'est spécial et que tu vois qui a vraiment une vie de chiasse au nombre de fois que tu l'auras entendu dire "j'ai rien pour le 31, je badde". Y a des suicides qui se perdent si tu veux mon avis.

Je me souviens d'un paquet de réveillons où je me suis couché tôt.

On mange. On discute. Les plus cools boivent comme des trous et sortent fumer sous la pluie sans se douter un seul seul instant que n'importe quel connard peut fumer et boire. On regarde beaucoup l'heure. Depuis quelques années, y a même plus de blancs dans les conversations ou quoi vu que tu peux lever la tête de ton assiette et voir les trois quarts des enculés que t'as invités être plongés dans leur portable ou en train de montrer un truc pas drôle que tout le monde a vu aux deux trois mongols qui devaient être dans une grotte quand on a pris n'importe quel fait divers de cette année pour le transformer en grande blague. Ça pourrait être pire, tu pourrais être à une soirée costumée avec des tarés à qui Halloween ne suffit pas.

Je me souviens d'un paquet de réveillons passés seuls à la baraque alors que les autres étaient en vacances et que je préférais rester là et que j'attendais minuit histoire de.

On continue de beaucoup regarder l'heure. Sans la bouffe se voulant haut de gamme comme le foie gras Eco + au kilo revenant moins cher que la merde de ton clebs et sans le tableau qui pourraient te faire croire que le dresscode est "putes & costards Celio Club", tu pourrais nous confondre avec des fonctionnaires qu'attendent qu'il soit cinq heures pour se barrer et continuer à faire la tronche mais dans les transports en commun. Ça commence à blaguer. Ça passe beaucoup la Macarena 2012 du gros coréen. Tu regrettes presque que les Mayas se soient gourés. Toi, t'es là à te dire que l'année aura été longue, surtout vers la fin. Ça fait des blagues de merde. Genre le gars qui part chier et dit "à l'année prochaine". Ouais, y a des gens qui les font en vrai celles là et te donnent envie de ... trop tard, compte à rebours.

Je me souviens de beaucoup de réveillons planifiés depuis des cours d'immeubles où la réponse à la question tu fais quoi ce soir était toujours la même : 120 minutes de bonheur.

Nouvelle journée. On s'en tape. Nouveau mois. On s'en branle. Nouvelle année. On s'embrasse, on se souhaite des trucs qu'on se souhaite, au fond, surtout à soi. Comme quand les meufs se disent "t'es trop belle ma puce" et que tu remplaces mentalement le c par un t et qu'elles font ça juste pour que l'autre lui retourne le compliment. Tu reconnais les plus crevards et les plus "peuple élu" à ce qu'ils parleront vite de fric mais sauraient pas quoi en faire si on leur donnait. Y a des gens que tu connais, d'autres que tu connais même pas et qui se la jouent amis de trente ans alors que t'en as que vingt-quatre. Ça ressemble à un canular. Y en a déjà, les sportifs dans l'âme ça, qui se lancent dans des tirades genre "c'est mon année" et tout alors qu'ils savent très bien qu'ils vont rester des merdes et se surpasser dans la fils de puterie qui les caractérise. Pareil pour les résolutions, les fausses remises en questions et les nouveaux départs qui ressemblent à de faux départs plus qu'autre chose. Pareil pour tout un tas de trucs en fait mais est-ce que ça vaut le coup d'en rajouter à ce sujet ?
Il est temps de se barrer avant que ça parte en couille.

Je me souviens de réveillons où j'ai su que c'était la nouvelle année grâce au décompte des émissions de variétés pourries.

Dans la rue, ça gueule. Ces gens sont contents. Y a toujours les fameux "ferme ta gueule" ou "nique ta race" inhérents au coin. C'est comme ça. Aux balcons, ça tape sur des casseroles. Ces gens n'ont pas honte d'exister. Ça doit être ces gens qui parlent de "faire la fête" sans vraiment savoir ce qu'ils fêtent. T'en profites pour faire un point sur 2012, ce qui a déchiré, ce qui a moins déchiré, ce qui a saoulé.
Les meufs, WTT, Avengers, les grecs, les nouvelles rencontres, je mets pas vos noms mais si vous lisez ça vous le savez, la nuit à New York, les projets lancés, les projets dans le coma, les coups de pute, les galères qui n'en sont pas vraiment, les quelques jours à Los Angeles, le temps perdu, d'autres meufs, d'autres grecs, les buffets de Las Vegas, les fils de pute pur jus sans lactose et sans sucres ajoutés qui se multiplient comme des cellules cancéreuses et tout un tas de trucs plus ou moins mortels.
Toi tu rentres, t'entends les pétards, tu vois les lueurs éphémères des feux d'artifice achetés chez Paris Store Cash. Un équivalent de Tang Frères. C'est aussi sur le chemin du retour que tu commences à imaginer comment pourrait être 2013. Tu sais que ça se passera pas comme tu le crois. Tu sais que ça sera aussi sinistre et moche et qu'il se passera encore moins de trucs que dans un truc de Joss Whedon cette année. Tu sais aussi qu'il ne tient qu'à toi d'en faire quelque chose de cette putain de nouvelle année. Tu vois aussi des lueurs moins éphémères émaner au loin et tu te dis que les feux d'artifice du 9-4, c'est toujours cool jusqu'au moment où tu te rends compte que c'est ta caisse qui crame.
Mais c'est la fête.

Au final, je me souviens surtout de soirées qui ont valu tous les réveillons du monde.

jeudi 15 novembre 2012

la grippe hivernale

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C'est la meilleure saison qui s'amène.

Celle où on voit qui sont les vrais fumiers d'enfoirés et qui sont les baltringues. Celle où sur le quai de la gare, à huit heures, se distinguent des bonhommes ceux qui s'agluttinent autour de l'espèce de truc qui sert à se réchauffer et qui sont contents de passer pour des baltringues à parler genre "il fait froid hein" "ouais il fait froid" "et ça va être pire en janvier" "oh nan". C'est les mêmes qui se sont mis au café et à fumer histoire de gratter quelques minutes à leur taf de merde histoire d'aller se raconter des conneries en pensant niquer le patron qui, avec moins de scrupules, la leur met tous les mois à chaque fiche de paie.

C'est aussi la saison du chat crevé et éventré sur la route.
Ce con a décidé de traverser dans un virage. Le gars s'est quand même arrêté pour le foutre sur le trottoir. Quand tu passes, il est encore frais. Ou plutôt chaud. Ses entrailles fument encore. Quand tu repasses le soir, il est aussi froid que les gosses qui le prennent en photo avec leurs téléphones. C'est là que tu remarques qu'il a un collier et tout le bordel.
Y a une gosse qui sait pas encore qu'elle va passer un long hiver.

Je m'en fous. J'aime pas les chats. Si je voulais jouer le malin, je te dirais que je préfère les chattes mais ce serait gamin.

Au fond, en hiver, je vais pas mitonner, je crois qu'on cherche tous à se réchauffer, même les plus froids d'entre nous, même ceux qui feraient frissonner les pingouins de La Marche de l'Empereur si tu te mettais à scruter le puits sans fond qui leur sert de coeur, mais y a façon de faire et façon de faire comme y a dignité de mec normal et dignité de mec qui fait croire qu'il kiffe Twilight pour avoir la chance de payer le ciné, le pop-corn, l'Evian et la glace à une pétasse qu'il sortira un vendredi soir ou samedi soir histoire de pas avoir à mitonner le lundi matin quand il dira à ses collègues qu'il est sorti avec une go le week-end dernier.

La dernière étincelle de dignité qui restent aux mecs qui emmènent des meufs voir Twilight pour des motifs fallatieux, c'est d'y aller le soir quand ils auront moins de chances de se faire griller qu'en plein jour par leurs potes mais elle disparaît quand ils répondent "ouais" au "c'était bien hein ?" lancé par la fille quand le générique de fin commence. C'est aussi ce qu'on appelle le moment où ta bite se met en grève sans préavis, sans service minimum, sans rien, que dalle, va te faire enculer et que tes couilles en profitent pour te présenter leur lettre de démission.

Te lance pas là dedans histoire d'économiser sur le chauffage et être avec quelqu'un que tu vas tèj au mois de mars quand elle aura plus besoin de se planquer derrière une écharpe, un manteau, un gilet, un bonnet et ses bottes à la d'Artagnan et que tu te rendras compte, lumière allumée, que ouais, nan, en fait, c'était comme le nouvel album de Disiz : c'était pas une bonne idée.

Lance-toi là-dedans si t'y crois un minimum. Y a rien de pire que se forcer ou faire quelque chose parce que tu sais rien faire d'autre et que tu te rends compte qu'un robot pourrait te remplacer et faire aussi bien voire mieux que toi vu que lui, il a même pas à réfléchir et se rendre compte de la merde qu'il est devenue ou en train de devenir. Fais ce qu'il faut. Si ça te dit rien, dis lui. Fais ce que tu dois. La fais pas galérer comme on t'a fait galérer. Fais ce que tu voudrais qu'on te fasse. Elle a rien à voir avec la salope dont tu veux te venger, elle a pas à payer pour elle. Fais ce que tu veux.

Vas-y en te disant que tu la couvres, vise le code 4 et tout le merdier plutôt qu'en te disant que c'est elle qui va réchauffer le truc déjà mort et pourri que t'essaies désespérément de garder en vie. T'as la corde autour du cou, la lame dans la main droite, le flingue dans la gauche et trop de cachets dans l'estomac, tu sais que t'es foutu, que t'es en train de te barrer ailleurs mais t'as pas besoin d'emmener quelqu'un d'autre avec toi. C'est ton voyage. Pas le leur.

Avec Noël et la Saint Valentin qu'arrivent, je te conseille d'attendre le mois de Mars avant de te remettre dans le meuf game. Et de t'y remettre avec une meuf dont l'anniversaire tombe entre Noël et la Saint Valentin histoire d'être encore plus tranquille et zen qu'un moine de la 36ème chambre.
C'est pas un discours de pince, c'est un discours pragmatique.
Essaie de dire à une meuf que tu vas la laisser régler l'addition histoire qu'elle se sente pas obligée d'être sympa avec toi toute la nuit alors que t'as juste envie de te barrer et écouter le nouveau truc de Yelawolf dans le 183 ou dans le Noctilien si elle a été particulièrement bavarde ce soir-là.

Lance-toi là-dedans sans te dire que ce sera LA meuf. Lance-toi là-dedans sans penser aux 50.000 comédies romantiques que tu t'es tapé avec des meufs que tu pensais pécho alors que t'es rentré te branler et que t'as une culture rom-com-esque à toute épreuve. Lance-toi là-dedans sans penser à tout ça : ça arrivera pas. Le gars qu'a écrit la dernière comédie romantique que t'as vu, il a jamais serré une meuf, sinon il aurait pas écrit une telle ineptie ou il aurait au moins pas mitonné à ce point, s'il a écrit ça, c'est pour toucher du fric, ton fric, - ouais, celui que tu crois avoir extorqué à ton patron pendant la pause clope du deuxième paragraphe -, pour justement pouvoir enfin se payer des meufs qu'il aurait envie de baiser avec sa bite et pas celle du voisin tandis qu'elles, elles préféreraient le baiser avec une chatte d'occasion plutôt que la leur, réservée au prince charmant vu que le film qu'il a écrit leur a dit d'attendre mais… comprends-moi, le printemps est loin et j'ai des besoins.

Elle a des besoins, t'en as aussi. Elle a besoin de toi autant que t'as besoin d'elle. Elle te veut moins que toi tu la veux. Souviens-toi de ça. T'abaisse pas à tout lui donner parce qu'elle, si t'es aussi wack que t'en as l'air, elle va rien te laisser. Mets un pied dans la porte mais pas les doigts, tu risques de te faire pincer très fort et de même plus avoir une main pour te branler. Fais gaffe à ce que tu veux, tu risques de l'avoir. Ça a jamais été aussi vrai que dans ce cas là.

Parce que ouais, si tu fais ça bêtement, laisse tomber, tu vas tomber d'encore plus haut que Baumgartner et tu te diras que pour faire ça, t'aurais mieux fait de retourner sur fetlife et répondre à l'annonce de la meuf qui veut que t'ailles acheter une paire de tenailles chez le quincailler, que tu reviennes, que t'ailles discuter avec elle sur Skype et que tu t'arraches deux ou trois dents devant elle pendant qu'elle se doigte. Sortir avec certaines salopes, c'est pour ce résultat là sauf que t'y perds du fric et du temps. Un temps précieux.
Elles peuvent te niquer un bon hiver.

Ouais, t'écouteras plus For Emma, Forever Ago comme si de rien n'était.

Parfois c'est comme jouer au Démineur sans comprendre les règles : t'es sûr de te faire baiser à un moment ou un autre et tu comprendras pas pourquoi. D'autres fois, ce sera comme Call of Duty, ce sera spectaculaire et tout, ouais, mais t'auras pas grand chose à foutre de ce qui se passe en vrai. Et enfin, ça pourra aussi se la jouer GTA, tu pourras aller au ciné, au resto, au bowling, aux fléchettes, aux sorties en hélico et tout le bordel mais t'auras qu'une envie, toujours la même, celle de sortir casser des bouches.

Parce que a même si on grandit, vieillit, murit et tout ce qui peut te passer par la tête, y a deux trois trucs qui changent pas alors commence pas avec tes "il fait froid", tu sais très bien que c'est l'hiver et que c'est comme ça, fils de tainp.

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