samedi 28 janvier 2012

Marvel

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Comment veux tu les prendre au sérieux quand ils te disent que cette fois, ils vont nous proposer une histoire plus sombre et que ça va vraiment être adulte et qu'on va pleurer comme des petites salopes et que ce sera du jamais vu (depuis le film de 2002) et qu'en plus, ça sera en 3D alors respect, et qu'ils te sortent de telles images des produits dérivés alors que le truc sort dans un an et demi ? D'un autre côté, ce jouet résume tout le conflit de Marvel qui nous vend à chaque fois un truc de dingue qu'on devrait être obligés de kiffer alors on se chauffe tout seuls et on va au ciné, dès la sortie parce qu'on est pas rancuniers et on se retrouve devant ça :



Je veux dire, passe encore qu'on remplace une tête de con par une tête de con d'un autre genre ou qu'on mette un transsexuel pour faire l'amoureuse de Peter Parker. Passe encore qu'on nous dise "UNTOLD STORY" alors qu'on a tous vu et revu le film de 2002 et qu'à part le méchant sorti de Power Rangers, c'était plutôt cool, vu que de toute façon, on est habitués à être pris pour des cons. Passe encore donc qu'on fasse un reboot dix ans après histoire de pouvoir garder les droits de Spiderman pour sans doute nous dire dans trois ans que la version Garfield c'était de la merde mais que cette fois, Justin Bieber, grand fan du comics, et Tyler Perry, grand fan de la première heure, ont une approche jamais vue du tisseur et Spectacular Spider-Man dont la sortie est prévue le 4 juillet 2016 va être un grand moment de ciné.
Mais pourquoi ça ?



On a officiellement rien vu du méchant, on sait juste que c'est le fameux Lézard, un mec qui se transforme en lézard donc, mais on a cette photo. Regarde la gueule du mec. On dirait qu'il rigole. Il a en tout cas un vieux sourire à chier des limaces. T'as l'impression que c'est ce qu'il fait sur son espèce de bécane. Et c'est quoi ce véhicule ? Une moto lézard ? Le mec aime les dragons de Komodo mais plus trop sa bagnole alors il l'a emmenée chez Xzibit qui s'est rendu compte que le mec aimait bien les dragons de Komodo alors il pourrait avoir un dragon de Komodo bagnole ?
Alors c'est une bécane ou une bagnole ? Y a un guidon qui laisse à penser que c'est une bécane mais en même temps y a quatre roues. Si y a quatre roues, c'est une bagnole. Mais y a un guidon. Ça peut pas être un quad. C'est chelou d'avoir des grosses roues derrière et des petites roues devant. C'est une chimère, mi-quad, mi-bécane, mi-bagnole. Et pourquoi il sourit comme ça alors qu'il va droit dans un mur et qu'il a des jantes de merde en plastique ? Et c'est un véhicule spécialement conçu pour les Lézards ou quoi ? Comment ça se fait que y ait pile la place pour son gros cul et même un repose-queue à l'arrière ? Et si c'est spécialement conçu pour lui, pourquoi on voit d'ici qu'il a pas les doigts assez longs pour atteindre les freins ? Ils veulent vraiment que le mec s'explose la gueule à la première occasion.
Surtout que ça a l'air d'être un véhicule pour handicapés en fait. La COTOREPmobile. Regarde ses pieds. Ouais, il en a pas, y a le repose pied de la bécane mais comme ça les faisait chier de le baisser un peu, ils ont préféré lui amputer la jambe sous le genou apparemment. Ça allait plus vite. J'aimerais pas être l'acteur qui joue ce personnage, avoir des interviews et être mis face à ça. J'aimerais pas avoir joué Shakespeare et ce genre de conneries et me retrouver comme ça dans un catalogue Toys'r'Us.
Et pourquoi ils ont mis des cornes à l'avant ? A moins que ça soit des dents. Mais ça sert à quoi ? C'est qu'une afféterie esthétique ça. Ça pourrait vaguement jouer sur l'aérodynamisme du truc mais vu qu'on voit d'ici que le guidon peut pas bouger et que ça roule qu'en ligne droite, je sais pas pourquoi ils se sont faits chier à penser à ça. Ça sent le taf d'orfèvre de Fisher Price.
On passe vite fait sur les phares mais c'est n'importe quoi. Où est ce qu'ils ont vu que des yeux faisaient de la lumière. Il est obligé de cartonner le Lézard là. C'est complètement con leur truc. Quand il est à la campagne et qu'il doit mettre les pleins phares parce qu'on voit rien, ça se passe comment ? L'iris des yeux se réduit et elle s'agrandit quand il se met en feux de croisement ? Cherche pas, même les concepteurs du jouet savent que c'est une idée de merde et les yeux/phares sont en sticker. Ils savent que la première chose que vont faire les gosses c'est d'arracher ça avec leurs petits ongles plein de crotte d'endroits divers et variés. On peut se foutre de la gueule des gosses mais pas à ce point.
Y a un gosse qui va buter toute sa famille le 26 décembre 2012, ça sera dégueulasse et sanglant et on découvrira qu'il es a tous butés parce qu'à la place d'une Xbox ou l'autre



Laisse tomber, même en jouet, Marvel arrive à se foutre de la gueule du monde. Parce que ça, y a un connard de chez Marvel qui l'a validé à un moment ou un autre. On lui a soumis diverses idées. Il a stressé parce que son chef ne voulait jamais y jeter un oeil et lui dire ce qu'on faisait. Finalement, son chef lui a laissé carte-blanche parce qu'il savait pas quoi lui dire alors notre héros, pensant bien faire, a peut-être même demandé des changements pensant que si le Lézard avait l'air trop menaçant, le VRAI public visé par le film (pas celui des gens qui s'intéressent un peu au ciné et à qui on essaie de vendre de bons films même si on n'est plus dupes) aurait peut-être peur alors que là, c'est qu'un Lézard content de faire de la bécane. Quand on y pense, y a rien de plus normal. T'as jamais vu les dessins animés du samedi matin ? Il s'y passe des choses bien plus malsaines et tarées que ça.
Après j'espère me tromper parce que j'aimerais bien que ce film détrône Batman & Robin mais cette bécane tellement débile qu'elle en devient cool (à l'inverse de X-Men à l'école, de Thor, de Capitaine America et leurs succédanés plus habitués à être tellement débiles qu'ils en deviennent pesants pour tout le monde), on la verra même pas dans le film. George Lucas c'est un enculé et tout ce qu'on veut mais quand il fabrique des jouets, il a l'honnêteté de les foutre au moins deux secondes dans un film avant alors que là, on risque de devoir s'asseoir dessus. Imagine la poursuite de ouf qu'il pourrait y avoir si le méchant du film à ça et qu'ils ont conçu un véhicule du même acabit pour Spider-Man ? C'est tellement mortel que tu peux pas l'imaginer.
Y a des jouets qui sont utiles à tout le monde. Souviens-toi du balai d'Harry Potter qui vibrait et que toutes les mamans ont achetés à leurs gosses même si ces derniers n'aimaient pas Harry Potter. C'était un exemple. Mais ce truc là, il sert à rien. La queue n'est pas assez longue pour quoi que ce soit. C'est dix fois trop gros pour rentrer dans aucun orifice quel qu'il soit. Inutile. Y a même pas ces fameuses petites pièces dangereuses pour les gosses de moins de trente-six mois, trois ans quoi, que ces cons pourraient avaler pour crever, la descendance dure trois ans, et lancer un putain de procès qui permettrait de fermer tout ça vite fait bien fait mais ça arrivera pas.
Dommage.

vendredi 27 janvier 2012

Spartacus

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Normalement, j'aime pas les séries télé. Ça me saoule vite. La plupart font que traîner et se foutre de notre gueule en nous racontant leeeeenteeeeeemeeeeeeent ce qu'elles ont à nous raconter comme si on était les attardés de la classe spéciale. J'ai rien à raconter mais j'ai besoin de temps pour le faire. J'ai pas la patience d'attendre quatre saisons avant que ça devienne bien, j'ai pas d'admiration particulière pour des mecs qu'ont besoin de quinze heures pour te raconter (en moins bien) ce qu'un film de bâtard peut faire en quatre-vingt dix minutes et surtout, je m'ennuie vite et c'est pas tous les jours qu'on tombe sur des Sur Écoute ou des séries de bonhommes du genre.
Je suis encore Hawaii Police d'Etat dans l'attente d'une bagarre qu'ils vont jamais nous montrer (ou alors dans la saison 5). Toutes mes séries historiques comme Nip/Tuck ou Rescue Me sont terminées. Les séries sensées me faire marrer comme The Office ou Parks & Recreations me font ni chaud, ni froid tandis que je comprends même plus les blagues de 30 Rock. Laisse tomber.
Heureusement qu'il reste Southland pour la tranche hebdomadaire de descente glauque dans les bas fonds de L.A., qu'on va avoir une troisième saison de Luther l'été prochain et que là, y a Spartacus qui revient pour sa troisième saison lui aussi.

Spartacus, ça a commencé y a deux ans, je me croyais malin et je disais "nique sa mère, ça a l'air trop con ce truc, on dirait 300" et j'ai pas regardé. Puis je suis devenu con moi aussi, 300 fait limite partie de mes films préférés depuis peu, j'ai chopé toute la première saison en VF et rippés de bluray (parce que bon, personne n'a Orange Cinéma Séries et tous les sites se la racontent critiques de séries TV mais en étant l'illégalité la plus totale mais en la jouant "oui, oui, je reçois NBC et CBS sur mon bouquet Noos" mitonnent leur race). C'était les meilleures conditions pour profiter du spectacle.
Spartacus, tout le monde connaît l'histoire. Tout le monde s'est passablement fait chier devant la version Kubrick et n'a même pas eu envie de jeter un oeil sur la série en mode redbull parce qu'il (tout le monde donc) avait encore des flashs de Kirk Douglas en train de s'ennuyer autant que nous. Le truc, c'est que pour la série Spartacus, la quintessence du peplum c'est Caligula et le film le plus cool du monde, c'est 300.



Spartacus, c'est donc des mecs musclés, des meufs grave bonnes, des égratignures qui font gicler dix litres de sang numérique à chaque coup, des décapitations veners, des dialogues orduriers et plus crades qu'un cd de Booba, des seins à l'air, des chattes et des bites en full frontal, des chattes et des bites qui ne sont pas là que pour décorer puisqu'on est à la limite du film de boule sauf qu'on nous emmerde pas avec interminables gros plans boucherie/charcuterie agrementés de jolis bruits genre "flich flouth flatch" pendant cinq minutes. Franchement, si ça, ce qui est un peu le programme de rêve pour le puceau qui sommeille en chacun de nous te fait pas envie, laisse tomber, suicide-toi, retourne regarder Mad Men wesh.
Spartacus dans la première saison, c'est un délire de dessin animé japonais à la Ken le Survivant presque. Laisse tomber, c'est la puissance. A chaque épisode, Spartacus doit se taper contre un mec, ou plusieurs même, vu qu'il est gladiateur et à chaque fois ils sont de plus en plus balèze et tu te dis qu'il va se faire niquer sa race mais même pas, à chaque fois il encule les morts du mec. C'est vrai que pour la majeure partie du truc, vaut mieux avoir des chromosomes XY pour kiffer. Mais pas que, je connais plus de meufs qui kiffent Spartacus que de mecs qui kiffent Spartacus. Pourquoi ?
Parce que c'est pas si con que ça comme série. Au début, ça l'est. C'est limite même. Mais petit à petit, t'as un paquet d'intrigues qui se mettent en place. Ils arrivent à t'intéresser à toutes leurs intrigues. C'est pas ces séries de merde comme 24 où t'as envie de voir que Jack Bauer mais on te fait chier avec la pute qu'a pu de couches pour sa gosse autiste qui lui chie dans les doigts alors que le téléphone sonne ou des conneries du genre. Là, t'as de bons persos, qui ont tous des motivations louables, même les méchants tu les aimes bien parce que c'est tellement des fils de pute que t'as envie qu'ils en foutent plein la gueule à Spartacus juste pour le plaisir de voir Spartacus les baiser dès qu'il aura l'occasion. Spartacus : la série des bas instincts.
En plus de ça, c'est je pense une façon de dépeindre l'Antiquité comme on l'a rarement vue. Quand tu vois des meufs à poil dans les gradins du Colisée en train de se faire doigter par des mecs dégueulasses alors que Spartacus coupe la tête d'un mec et que le sang arrive à gicler dans la foule tel du sperme écarlate et que les gens jouissent de se faire arroser de la sorte, tu te dis qu'on a jamais vu "critique" de la société du spectacle aller aussi loin et être aussi frontale tout en nous le renvoyant à notre gueule à nous parce que bon, on va pas faire comme Diam's, on va pas se voiler la face, on est là pour voir du sang gicler et des meufs se faire taro.
Rien que pour l'univers, c'est à voir. En prime, petit à petit, ça monte en puissance et le dernier épisode, en mode grosse orgie qui tourne à l'émeute et l'exécution sommaire des oppresseurs par les opprimés est un des plus grands moments d'insanité que la télé ait eu à offrir. Dans le genre fin de saison qui démontait autant, j'ai que Nip/Tuck à l'époque du Découpeur où t'avais l'impression qu'il allait venir chez toi quand t'éteignais la télé ou The Shield quand les mecs jetaient des grenades dans les voitures de leurs potes. Ce genre de conneries.



Nah franchement faut regarder. Après la série a eu une galère quand le mec qui joue Spartacus, Andy Whitfield, a chopé le cancer alors les prods ont pas fait les putes et ils ont fait une saison prequel qui se passe avant ce qu'on a vu et qui nous raconte l'ascension d'un personnage majeur de la première saison voué à devenir limite le meilleur pote de Spartacus dans ce qui va arriver dans la nouvelle saison. Bref, les mecs ont fait cette mini saison de six épisodes en espérant que l'état de santé de Whitfield s'améliorerait mais faut croire que les Dieux avaient décidé de la leur mettre et l'acteur est mort alors que celui de Dexter a pu revenir plus en forme que jamais et increvable continuer à raconter ses conneries en voix off et oui je suis un bâtard de dire ça mais si ça te plaisait pas tu serais pas sur ce site en train de lire un de mes articles écrit le plus à l'arrache depuis que ce blog existe. Pour la faire courte, ils ont remplacé l'acteur principal, je vais pas commencer à tailler ou pas parce qu'on l'a pas encore vu jouer mais je pense qu'ils ont pas fait les cons et que rien que pour pas afficher Whitfield, ils vont faire du lourd et surtout pouvoir continuer à nous raconter cette histoire dont on connaît déjà les tenants et les aboutissants mais pas racontés comme ça.

Et eh les mecs, vous savez que vous avez envie de regarder :



mardi 24 janvier 2012

Victimes

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Quand elle était gosse, elle se faisait traiter de grande perche. On lui disait qu'elle était trop maigre et même les petites grosses en profitaient pour se foutre de sa gueule et voir ce que ça faisait de victimer quelqu'un pour changer. Elle s'en foutait, elle faisait son truc, elle venait en cours et elle savait où elle allait. Elle prenait son mal en patience.

Elle se disait que le seul anneau qu'un mec offrirait à Audrey, la grosse qui avait pété une chaise en s'asseyant et dont la pote avait pris les noms des mecs qui s'étaient foutus d'elle pour tous les envoyer au bureau de la CPE, serait gastrique. Elle lui avait répondu ça une fois et Audrey ne l'avait plus jamais emmerdée. Elle espérait que le petit reubeu qui, selon l'humeur du jour, se faisait appeler Afghan et/ou Emmanuel Chain à cause de son monosourcil finirait par se radicaliser, rejoindre les talibans et revenir tout faire péter d'ici quelques années. Quand elle lui a demandé quand est-ce qu'il comptait réaliser son propre attentat suicide, il a fermé sa gueule jusqu'à la fin de leur scolarité. Elle savait que le gros con au jean blanc qui allait tous les jours se faire défoncer dans les toilettes ne comprendrait jamais que ces mecs là n'étaient pas ses potes et qu'ils continueraient à l'éclater dès qu'ils en auraient l'occasion. Elle savait aussi que les mecs qui s'appelaient "fils de pute" entre eux ne le prenaient pas mal et elle en a eu la confirmation quand elle s'est aussi mise à les traiter de tous les noms et qu'il n'y a pas eu de représailles. Elle savait que quand ils se battaient à la sortie de chaque cours sans jamais y aller de main morte (comme quand ils se branlaient), c'était que pour jouer et tant pis pour ceux qu'avaient pas envie de jouer. Pour eux, c'était le carton rouge.

Elle savait que c'était le collège. Elle savait que les profs n'interféraient pas autant pour pas afficher le mec qui se faisait emmerder que parce qu'ils savaient que ça servirait à rien : les gosses seraient toujours des gosses. Elle savait que de toute façon, ça passerait. Celui pour qui c'est passé autrement c'est le petit qui se faisait traiter de pédé, qui regardait Glee, écrivait à Lady GaGa sur Twitter et qui racontait ses malheurs sur des forums It Gets Better à qui voulait bien l'entendre tous les soirs, a posté une vidéo comme des milliers d'autres du même genre pour ensuite se pendre de peur que les mecs du collège qui le traitaient de pédé comme ils la traitaient de pute tombent dessus et savent qu'ils avaient raison. Celui qui se faisait racketter par trois petites baltringues et se laissait faire parce qu'il croyait que tous les Arabes avaient des cousins et des grands frères a fini ici et là, fauché par un camion de livraison alors qu'il s'était dit qu'il pouvait rentrer chez lui en courant et qu'ils le rattraperaient pas vu que eux, ils pensaient à regarder avant de traverser. Et t'as la gosse trop grosse qu'a fini par en avoir marre et qui a cherché sur google "régime bruce wayne the machinist" et qui s'est mise à ne manger qu'une pomme et boire de l'eau pendant des mois jusqu'à voir ses dents tomber, ses cheveux foutre le camp et ses kilos revenir par intraveineuse alors qu'elle était à l'hôpital avec des gamines comme elle fantasmant sur les portes-manteaux ambulants des podiums qu'elle pouvait voir dans Vogue, Grazia et ELLE qui a réussit à énerver toutes les reunoies en les traitant de zouloues ghetto-chic pensant que ces gens là avaient toujours pas appris à lire. Faut se mettre à la page. Faut vivre avec son temps. Faut faire ce qu'il faut.

Elle avait pas de couilles mais avait fait comme si elle avait les plus grosses de la classe quand elle s'était retenue de jeter ces cons par la fenêtre, de leur casser sa chaise dessus ou de leur planter ses Maped dans le crane quand ils se foutaient de sa gueule. Puis comme prévu, c'était passé. Comme Rohff, on l'avait jamais rackettée. Il avait fallu tenir quatre ans mais elle avait tenu. Elle savait que ce serait pire après. Elle était devenue l'un de ces portes-manteaux ambulants pendant le lycée. Son métabolisme le lui permettait. Ceux qui n'avaient pas tenu le coup pendant le collège se seraient de toute façon foutu en l'air à leur premières règles pensant être en train de crever, pendant leurs années de lycée, à leur premier rateau, à leur premier licenciement, à leur premier divorce ou à n'importe quelle autre occasion. Elle pouvait bouffer ce qu'elle voulait sans avoir à se faire vomir : son corps s'en occupait pour elle. Paris, Londres, Milan, Tokyo, New York. Sa tronche en photo partout. Revanche mais ses chevilles n'enflaient pas. On pouvait pas en dire autant des couilles des mecs du collège qui la voyaient maintenant et regrettaient avoir un jour dit qu'ils ne la baiseraient jamais, pas même avec une bite volée. On s'était foutu de sa gueule mais elle avait répondu. C'était que des mots. C'était la guerre.
On sait que les mots sont des armes.
Des armes gratuites et à la portée de tous. (Sauf à celle du gang des muets de Chatelet.)
Qu'est que t'attends pour t'en servir, baltringue ?

jeudi 19 janvier 2012

Révolution

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Dans l'Histoire, y a toujours eu ce moment où trop c'était trop et où les gens ont décidé d'arrêter de donner leur cul et d'être des salopes pour se décider à porter leurs couilles et foutre la merde.


1789. C'est la crise et tout le monde en France en a plein le cul du Roi, de sa meuf, des notables divers et variés et de toutes leurs conneries. Pendant qu'ils crèvent la dalle et qu'il y a même plus de pain pour faire les grecs, c'est tous les jours la fête au chateau. Et j'ai bien dit qu'on était en 1789, on est pas en 2012, commencez pas à faire de la politique. Pas ici. Arrive en tout cas le moment où la coupe est pleine et les gens prennent d'assaut la Bastille, une taule à l'époque, pas le repaire à emos où t'essaies de pécho des gothiques de treize ans. Y avait sept taulards dans le truc mais ça a chié des bulles. Un paquet de morts. C'était l'époque rêvée pour les kaïras. Il manquait que les bazookas et les AK47 pour que ça ait vraiment de la gueule. On guillotinait plus qu'on ne baise dans un bordel. On coupait des têtes, on faisait bouffer bites et couilles à leur propriétaires, tout le monde était un rageux en puissance et on pouvait même pas dire que c'était de la faute des jeux vidéos ou des films trop violents. Sale époque. Résultat : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Okay, on se torche avec mais sur le coup, ça paraissait une bonne idée, un peu comme Twilight.

1968. Soyez réalistes, demandez l'impossible. Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer. La vie est ailleurs. Jouissez sans entraves. Autant vous dire qu'en 68, on devait pas trop kiffer les capotes. Mai 68, c'est ce qui fait mouiller tout ce qui a deux bras, deux jambes et ce qu'ils appellent un cerveau et qui se décide à rejoindre l'UNEF de nos jours. A l'époque, mai 68, c'était l'idéologie qui t'a fait faire un skyblog sur Fight Club quand t'avais 12 ans mise en application dans la rue : étudiants, ouvriers, tout le monde (sauf les enculés de droite) main dans la main pour foutre la merde et malgré des idées et objectifs différents dans le détail, une volonté commune de retourner le système, foutre la merde et gueuler qu'il y avait d'autres façons de faire. Bon, ça a fait des barricades, tèj beaucoup de pavés sur les keufs, ça s'est tapé, c'est sans doute là qu'est née la tradition de donner le bac chaque année, même s'il paraît qu'en 69, année érotique oblige, les terminales se sont bien fait enculer au bac. Une grève générale aussi vener que dans les années 30, une assemblée nationale dissoute, pas de morts mais beaucoup, beaucoup, beaucoup de blabla. Disons que ça partait d'une bonne intention. Quand tu vois les branleurs qui se sont payés une carrière avec mai 68, tu te dis que le crime ne profite qu'aux enculés.

2005. Je sais plus pourquoi on a séché les cours cette année-là mais j'allais vite comprendre que c'était la tradition de faire semblant de s'intéresser à la politique histoire de se payer un intersemestre entre les intersemestres en faisant grève et en bloquant en mettant des chaises devant les portes d'entrées et en disant mollement "nan y a pas cours" aux gens. Je sais pu ce qu'était le mouvement de 2005 et même ceux qui l'ont lancé ne savent plus pourquoi ils l'ont lancé. Ce qui a été plus intéressant en 2005, c'était ce que CNN a appelé la guerre civile française. L'étincelle du bordel est née dans un transformateur de Clichy Sous Bois. Ça a chauffé tout le monde. Pas de taf, pas de passé, pas de présent, pas d'avenir et ça ? La cerise sur le tas de merde. Embrasement. Propagation. Un incendie que tu peux pas maîtriser. On pouvait dire aux keufs d'aller se faire enculer et se foutre ouvertement de leurs gueules : ils flippaient que t'appelles les grands pour incendier leurs caisses. Ça a jeté des pierres. Ça a jeté des cocktails molotov. Beaucoup de bagnoles et d'écoles cramées. Beaucoup de parkings publics désertiques. Ce qui aurait pu devenir une mini-révolution est devenu un concours inter-tess, merci les journalistes, chiens de la casse professionnels, putes à carte de presse, merci d'avoir transformé ça en Ligue des Crameurs de Bagnoles en faisant les comptes tous les soirs chez PPDA et en nous présentant des cartes de France indiquant clairement quels étaient les départements les plus chauds et quelles étaient les conneries les plus rentables pour grimper dans le classement. C'était bien joué. Vraiment. Comment vous voulez être pris au sérieux ? On savait que les mecs ne pensaient qu'à leurs gueules et que c'est pour ça que t'as pas de gangs à proprement parler en France. On savait que la chance que toutes les tess de France fassent front commun et foutent un vrai bordel était plus qu'infime mais elle était là. Ca a été trois semaines bizarres. Exaltantes. Flippantes. Puis un jour, ça s'est arrêté. Au final, il n'en est pas ressorti grand chose d'autre que ce qu'on savait déjà. Reste que les autorités peuvent flipper : un revival leur pend au nez.

2012. L'année de la fin du monde. L'année post-Printemps Arabe. L'année où tu te rends compte que les gens délogent les dictateurs pour se faire dicter la loi d'un mec qu'existe pas et derrière lequel se cachent les mecs plus malins que les autres qu'ils manipulent facilement en leur promettant monts et merveilles pour quand ils seront crevés et qu'ils pourront plus gueuler qu'on les a encore enculés et que c'était pas vrai. L'année où les gens se soulèvent comme un seul homme parce qu'on ferme Megaupload. Les COTOREP qui ne connaissent pas les torrents, ni rien au net chient mou à l'idée de ne pas savoir si Ted va enfin trouver la meuf digne de se prendre son sperme dans la teuch afin de pondre deux merdes aussi détestables que lui et si la plupart des séries "comiques" vont continuer à être sinistres, si Game of Thrones va être bien quand même alors que le mec du Seigneur des Anneaux s'est fait couper la tête et si Breaking Bad pourra faire mieux que faire sauter le Noir qui remet sa cravate avant de crever, si Dexter va tuer sa soeur maintenant qu'elle sait que c'est un tueur et on pourrait continuer longtemps comme ça mais est-ce vraiment si intéressant que ça ? Pas sûr. Ils râlent, ils braillent, ils ruent dans les brancards parce qu'ils ne vont plus pouvoir faire un truc au départ illégal. Comme si quand j'avais été pris en train de tricher à un contrôle, je m'étais mis à retourner toute la classe et séquestrer tout le monde. Comme si les truands faisaient grève parce que les keufs font leur boulot. Mais là, ce truc, c'est le début de la fin sur le Net. Y a quarante boutiques qui font la même chose que Megaupload, ils pourront pas tout fermer mais c'est la guerre quand même, ça parle de George Orwell à croire qu'ils n'ont "lu" que 1984 sur Wikipedia. On voit bien que c'est pour la liberté d'expression et bla bla bli et bla bla bla mais y a peut-être de meilleurs moments pour gueuler que quand on ferme un site qui sert principalement à faire tourner en cachette des fichiers copyrightés et que le site appartient en majeure partie à un producteur de rap qui ressemble à La Fouine et taro Alicia Keys. La révolte pourrait avoir une meilleure tronche que ça. En attendant, ça ferme des sites Internet gouvernementaux où de toute façon personne ne va. Ça ferme les sites des majors. Ça lance des actions de tous les côtés. Quand les hackers vont se faire serrer, leurs familles entières vont se faire violer et ils finiront par bosser pour le FBI. Les journalistes du Net, les meilleurs, la crème de la crème, se la jouent déjà envoyés spéciaux sur Twitter. Ils sont au front là. Ils se sentent plus pisser à chaque fois qu'ils font un RT. C'est triste mais c'est comme ça que s'écrit l'Histoire depuis quelques années : pas dans le sang, ni dans l'alcool des cocktails Molotov mais dans des pixels et les sempiternelles vannes sur Zaz, le Colonel Reyel et Christophe Maé. On se souviendra que tout ça a commencé non pas à cause d'inégalités sociales insupportables, de morts d'hommes ou quoi mais parce qu'ils pouvaient plus regarder en streaming dégueulasse limité à 72 minutes leurs conneries. Vous avez pas honte d'exister ?

Samedi

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L'allée de n'importe quel centre commercial assailli de lycéens et de collégiens qui n'achèteront rien d'autre que de quoi casser la graine et se rincer la dalle tout en squattant devant H&M et Bershka s'adonnant à la pêche au numéro de téléphone souvent faux, rarement vrai mais toujours sur messagerie.

Parmi cette faune et toute cette flore en plastique, t'as beaucoup de coupes de cheveux de marines. Sous les coupes de cheveux de marines, pas trop de cerveau et pour cacher cette absence de malice : des tronches de cons. A leur bras, des doudounes brillantes et dans ces doudounes : des pétasses. Appelle-les comme tu veux mais si y a trop de fond de teint, un strass dans la moustache et une mer de gloss te faisant te demander si les lèvres du Sud ressemblent aussi une bagnole chromée, c'est que la parade nuptiale est en cours.

Ouais, c'est ce qu'on appelle un couple.

Lui, il s'accroche à elle. Il a peur qu'on lui vole. Elle, c'est la meuf la plus bonne du truc dès qu'elle rentre à Foot Locker. Lui, il a plus besoin de pêcher de numéros. Il pèse. Eux, ils s'assoient pour manger. Va garder une table. Il paie le McDo à sa meuf. C'est ça les seigneurs mais c'est autre chose qu'il compte saigner d'ici demain matin. Elle, elle se dit que c'est quand même un enculé et qu'il pourrait lui payer le Flunch. Mais Flunch, on y reviendra un autre jour. C'est un trop gros dosier ça. C'est la santé publique qui est en jeu.

Tu les regardes tous les deux ouvrir grand la bouche pour taper dans leurs Big Mac et tu te demandes qui suce qui vu les capacités buccales mises en oeuvre. Ils se parlent même pas. C'est tout juste s'il est pas en train d'écouter Booba sur son iPhone alors qu'elle regarde le parking en se demandant si elle pourra gratter le sundae, voire le McFlurry.

Elle aime pas les frites, il aime pas les potatoes et ils ne comprendront jamais pourquoi McDo s'évertue à foutre un échantillon du truc qu'ils aiment pas dans le truc qu'ils aiment. C'est toujours comme ça, qu'on le veuille ou non, les slips blancs auront toujours des tâches jaunes et marrons. Et ça va, ils leur ont pas fait le coup du Big Mac aux carottes râpées. Carottes rapées. Un bon nom d'album pour Booba tiens.

Ton regard croise le leur. C'est limite si t'as pas le droit de les regarder. Lui avec son jogging du PSG et ses Tn, elle avec sa gueule à faire la couverture d'Equitation Magazine avec un connard de jockey en train de la chevaucher. T'as pas vraiment envie de les regarder en fait mais c'est fait, c'est trop tard. Ils ont pas échangé un mot de leur repas mais tu vois que ce con tient à ce qu'il considère être sa propriété.

Tu te dis que merde, il l'aime peut-être vraiment. Tu te dis que ouais, ce pauvre gosse t'imaginais déjà en train de baiser sa meuf que tu toucherais même pas avec une bite volée. T'en vomis intérieurement tes p'tits wraps d'un truc pareil. Le plus beau, c'est de voir le mec jouer le bonhomme mais flipper dès que sa meuf tourne la tête et regarde un autre type. Jusqu'ici ça allait, c'était que des commentaires sur les autres meufs habillées comme elle mais qu'elle traitait de putes quand même. Ces deux-là mais ça pourrait être toi et ta meuf ou toi et ton mec, faut pas croire, on les imagine déjà dans un Confessions Intimes sur la jalousie avec les journalistes qui les pousseraient à bout genre "et t'as pas peur qu'elle se fasse draguer en allant chercher le courrier ?" qui sera coupé au montage afin qu'on ait que le mec qui lui cavale après pour aller à la boîte à lettres avec elle. On peut le comprendre, lui, il a peur de la perdre, il se dit qu'il la mérite pas et ce genre de conneries alors que pendant ce temps, elle, tout ce qu'elle veut, c'est un McFlurry.

C'est beau l'amour.

mardi 17 janvier 2012

Tinker Tailor Soldier Spy

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La Taupe est l'un de ces films qui te rappellent qu'au fond, au ciné, on te raconte toujours les mêmes histoires mais qu'il y a tellement de façons de le faire que tu peux toujours être surpris et te laisser embarquer pour deux heures.

C'est un agent-secret à deux doigts de démasquer une taupe parmi les plus hauts responsables du Cirque, les RG anglais si tu veux, mais ça se passe mal et il est laissé pour mort. De retour à Londres, Control (le boss des RG) et son bras droit, Smiley, se font virer mais alors que Control passe l'arme à gauche, on charge son acolyte de démasquer la taupe...

De là, tu te crois en terrain connu et tu te dis que c'est bon, t'as déjà vu ça cinquante fois dans Alias, que y aura deux/trois filatures, une ou deux fusillades, au moins une poursuite en caisse, des démasquages opératiques de sales races et tu te foutras le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. C'est adapté d'un bouquin de John Le Carré qui est connu pour bien porter son nom. Ce gosse, ancien agent secret je crois bien, c'est pas le genre Mission Impossible, c'est plus Conversation Secrète son credo.

Là c'est adapté par Tomas Alfredson. Le mec qu'avait fait Morse dont j'ai vu que le remake mais comme tout le monde a crié au viol et que c'était un remake plan par plan ben c'est comme si j'avais vu Morse aussi, non ? Bon, on s'en fout, là le mec se paye Gary Oldman, Colin Firth, Benedict Cumberbatch (Sherlock en personne !), Tom Hardy et j'en passe, autant te dire que c'est un casting de bonhommes. Niveau réalisation et actorat, pas la peine d'épiloguer, on tutoie la perfection au point que y a qu'à s'asseoir et profiter du voyage.

Laisse-toi porter par le film. Il te tend la main. L'ambiance devrait t'embarquer facilement. La Guerre Froide m'a rarement paru aussi lourde et aussi pesante que dans ce film. J'avais l'impression d'être dans ce que j'imaginais quand j'écoutais mes profs d'Histoire me parler de cette période. Tu vois pratiquement pas la queue d'un Russe de tout le film mais la tension est là. Je guettais chaque figurant en me disant que putain de merde, il écoutait peut-être ce que les mecs disaient. Pour ça, c'est réussi. C'est mortel même.

Laisse-toi porter par le film et cherche pas à tout comprendre de A à Z. T'attendras de le revoir pour ça. C'est franchement pas évident de tout capter d'un coup. Même en étant au ciné, les yeux rivés à l'écran et sans avoir checké l'heure sur le téléphone une seule fois, je suis pas sûr d'avoir tout capté. O.K. je suis pas un prix Nobel et à l'inverse de beaucoup de gens qui nous sortent tout de suite leur liste de diplômes et gueulent que le film est nul parce qu'ils n'ont rien capté, je suis prêt à admettre que je suis le con de l'histoire. Je pense que la confusion, sciemment crée par le film, joue de beaucoup dans l'implication qu'on a dans le film justement. On est nous aussi des agents secrets en pleine Guerre Froide lâchés dans un monde qu'on ne comprend pas et où personne n'est vraiment qui il est.

Concentre-toi sur les personnages. Regarde ce qui leur arrive. Rends-toi compte que c'est plus un film sur la condition humaine que sur la recherche d'une taupe au sein des services secrets anglais. Qui ferait encore un "simple" film là-dessus en 2011? Surtout que y a pas Jason TamTam au casting. Sois sérieux. T'as vu le casting ? Ils sont tous au top. Ils sont tous au niveau Clooney dans The American. Si je devais rapprocher ce film d'un autre, ce serait The American d'ailleurs. A croire que y a plus que les européens pour faire des films comme ça.

Si tu veux de l'action, des twists de ouf et un truc que tu peux regarder en faisant quinze autres trucs à la fois genre raconter des conneries sur Twitter, gérer une pétasse pour demain et te réchauffer de la merde au micro-ondes : regarde une série télé, regarde Homeland tiens. Si tu veux un film qui se fout pas de ta gueule, et quand je dis ça, je dis pas un film qui t'en donne pour ton argent avec des effets spéciaux genre Avatar ou quoi, je parle pas se foutre de ta gueule dans le sens où on te considère comme un adulte en pleine possession de ses moyens et que tu veux une sorte de poème cinématographique sur la solitude, la dignité, les sacrifices, l'amour, ses manipulations, le temps qui passe et corrompt tout ainsi que le fait que y ait que des enculés partout bref la vie quoi.

Puis bon, l'argument de choc pour finir : si tu vas pas le voir ou si tu te barres avant la fin alors que t'es le genre de putes qui reste pour voir ce qu'il y a après le générique des chiasses de Marvel, tu louperas ce qui est sans doute l'une des meilleures dernières séquences de l'Histoire du ciné qui résume en trois/quatre minutes ce dont parlait vraiment le film et te fait te rendre compte que ouais, tu viens de voir quelque chose qui restera et ça, c'est assez rare pour mériter un déplacement dans un putain de ciné.

lundi 16 janvier 2012

Naufrage

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Dire que j'avais embarqué en pensant serrer de la meuf sur le bateau. Que dalle. Le truc ressemble au Titanic avec les passagers du Pacific Princess. La croisière dure pas longtemps mais c'est déjà trop long. Dire qu'on m'a offert ça pour Noël. Je crois que même les gens qui m'aiment me détestent.

On s'est mangé un rocher dans la tronche et le bateau est en train de couler. J'avais à peine commencé mon entrée, j'avais la dalle en plus, que c'est le branle-bas de combat. La croisière s'amusait déjà pas des masses, y a que des vieilles, des familles à la con et j'étais à table avec des Néerlandais qui parlaient pas français, mais là, c'était terminé pour de bon. Le AAA ça faisait longtemps qu'il avait disparu ici.

Les coursives du bateau. Faut aller récupérer son gilet de sauvetage. Je pensais me faire chier comme dans le début de Titanic mais je pensais pas finir comme Di Caprio. Tu me diras, j'ai aucune salope à qui donner mon bout de radeau, moi. J'ai mon gilet et des gosses dans les pattes. Je mets des balayettes, j'ai pas le temps pour ces conneries. J'ai un canot à prendre. Si les journalistes me demandent, je dirais que c'est les autres qui faisaient ça et je ferais croire que j'ai sauvé un petit Portugais.

Le pont n'est plus aussi plat qu'avant et sans trop faire exprès, je jette un autre gosse à l'eau. Je crois qu'on m'a vu faire, y a un petit bras du personnel qui s'approche et il a pas l'air heureux. Je retourne à l'intérieur, je partirai plus tard, c'est pas grave. Ce que je sais pas, c'est que je vais pas quitter le bateau. Je vais faire partie des disparus. On parlera de moi comme étant l'un des inévitables ressortissants Français pour qui l'inquiétude grandit.

(Tous les chômeurs qui la regardent diront qu'ils s'en battent les couilles quand Elise Lucet parlera de nous.)

Y aura qu'aux infos de TF1 et de France 2 qu'on fera grand cas de ma disparition. Et encore. C'est juste qu'on s'inquiètera un peu plus pour moi que pour les autres. En Allemagne, je ferai partie du reste des disparus alors que ce sera leurs ressortissants à eux qui les inquiéteront. Pourtant y a plus de distinction de pays dans ce genre de croisières, on est tous des connards de touristes. Même les Sud Coréens et les Belges, qui en ont de toute façon toujours rêvé, deviennent de gros cons de Français dans ce genre de trucs.

Je suis retourné dans ma cabine et je peux pas m'asseoir ou m'allonger vu que le décor est tout retourné. J'hésite sur ce que je vais faire avant de me noyer. Le dernier truc avant d'être un touriste Français mort. J'hésite à ricaner sur le fait que ce soit bien fait pour la gueule de Costa Croisières d'avoir un bateau en train de couler après s'être affichés tout seuls à essayer de se lancer dans le ciné en faisant un partenariat avec l'un des deux films de merde qui parlaient de croisière. J'hésite pas à appeler ceux que j'aime vu que mon putain de téléphone capte que dalle. J'hésite alors à me branler une dernière fois en pensant à mon ex et au bon vieux temps quand tout allait bien. J'hésite pas longtemps.

A part les pétasses mineures qui savent pas ce que contraception veut dire que je chope vaguement en boîte après les avoir ambiancé sur du Taïo Cruz arrosé de vodka que JE paye à chaque fois, je pense que je manquerai à personne. Au boulot, c'est pareil, je suis l'enfoiré standard qu'on remplace d'un claquement de doigt par un mec qui me ressemblera tellement qu'on grillera même pas que j'ai été remplacé. Je vais manquer qu'aux mecs à qui je dois de la thune et ils sont nombreux. L'eau monte plus vite que j'aurais cru. A part les soldes, je pense rien louper. Oh et puis merde, Beckham viendra même pas au PSG.

Glou, glou, glou.

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