dimanche 19 mai 2013

Fast & Foirous 6

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Vu que j'avais fait un article y a deux ans pour revenir sur tout Fast & Furious et que y a le 6 qui sort mercredi et que je l'ai vu hier, je me suis dit "azy faut écrire un truc dessus, en plus ça fait un bail que t'as pas écrit sur ton putain de blog, les gens qui le lisent vont croire que t'es mort ou que t'as trouvé mieux à faire que raconter des conneries ici".
Bref. Fast & Furious 6. Un cas intéressant car c'est un film de merde archi cool. Je veux dire par là que si c'était un film Marvel, ce serait une merde infâme et ce serait déjà au panthéon des films de merde de 2013 mais FF6 réussit là où les Marvel échouent. Il t'en donne pour ton fric concernant ce que t'es venu voir. Les scènes d'action sont ouf. Bon, attention, c'est pas du Michael Bay non plus, c'est réalisé de façon ultra-fonctionnelle mais c'est efficace, c'est pas du Joss Whedon dans Avengers quoi, y a plus de trois axes et ça bouge bien mais on y reviendra parce qu'avant… Y a vraiment de quoi se marrer avec ce Fast & Furious 6 en vrai.

Déjà faut se rappeler que c'est quand même la saga où la quasi-totalité des persos est COTOREP et dans ce 6ème volet, on fait péter le compteur. Si y avait un radar à débile, ces cons se feraient tous flasher vener. Vin Diesel passe le film à déclamer des platitudes sur la "famille", l'amitié et j'en passe avec un espèce de rictus à chier des limaces et un regard tellement vide que t'as presque envie d'aller dans l'écran le gifler et partir en courant ensuite. Paul Walker revient sur sa lancée du duo qu'il formait avec Tyrese dans le 2 et il retrouve par moments cet espèce de regard totalement abruti… Le pire, c'est que y a pas que les persos qui sont triso : y a aussi le scénariste et lui, il s'est lâché.

Déjà ils commencent le film avec un générique qu'on croirait sorti d'une série télé de merde monté sur une espèce de montage comme font les puceaux sur YouTube de plein de bouts des films précédents histoire de jouer sur la nostalgie et tout le bordel, genre on kiffe vraiment les personnages du truc alors qu'on est surtout là pour rigoler d'eux.
Le truc devient limite triste.
T'as Vin Diesel qui va avoir 50 ans, Paul Walker qu'a au moins 40 ans et ils continuent de se la jouer kaïra du tieks. Toi t'es dans le ciné avec tes potes, t'en peux plus. A chaque punchline où ça joue les durs, t'as mal aux abdos. C'est pas possible.
Mais c'est malheureusement là que le film se la raconte et qu'il pêche. Il croit que t'as vraiment quelque chose à foutre de ces mecs et les mecs croient avoir des persos aussi cools que dans Dostoïevski alors que nan, c'est mort. Mais le film sait pas que c'est mort et il prend un malin plaisir à "développer" ces persos de la façon la plus naze qui soit.
Franchement, hors des scènes d'action, t'as l'impression de regarder un épisode de 90210 avec les noirs qui sont là pour faire des blagues et les autres qu'ont des histoires de soap opera avec Michelle Rodriguez qu'était morte mais en fait non mais elle est amnésique alors Vin Diesel doit de nouveau la séduire et tout. Putain, moi je suis venu là pour voir les tanks faire du trampoline et l'avion se faire harponner comme si c'était Moby Dick, je suis pas venu là pour voir Vin Diesel et Rodriguez se faire la cour comme si c'était encore septembre 2001. Bref, c'est chaud mais j'avoue que ça aurait pu être pire mais le truc intéressant, c'était que Vin Diesel péchotait l'ex de Michael Youn, la keuf brésilienne, à la fin du 5 et je m'attendais à un truc à la Twilight avec Vin Diesel qu'allait devoir jouer Bella et choisir et en fait que dalle.
En gros, ce Fast & Furious 6, c'est le film que te dit que tu peux te foutre au cul toutes les promesses de pistes un peu intéressantes scénaristiquement car on va se contenter de faire du basique et du balisé histoire que ça dure 2h10 et que t'aies bien mal au cul et que tu kiffes vraiment les scènes d'action qu'ils daigneront te lâcher vu le niveau de nazitude totale du reste.

Déjà, t'as cette storyline qui prend une grosse partie du film qui est totalement à chier. Ça aurait pu être intéressant comme je disais mais nan, c'est juste d'un ennui mortel et tellement balisé que t'es là, tu regardes les scènes, tu regardes l'heure sur ton téléphone, tu regardes le Facebook des gens de devant qui se font autant chier que toi et t'es un peu triste. T'es là, tu te dis "putain, je me fais chier devant un Fast & Furious comme si j'étais devant Twilight". On en est là en 2013.
Mais y a pire. Y a le scénariste qui se croit dans Saw et qui raccroche tout ça au 3 dans la scène post-générique (mais ça, c'est cool et c'est la scène que les gens ont le plus kiffé) mais il raccroche aussi ce Furious 6 au Fast & Furious 4 qui était déjà bien casse-couilles dans son genre. Le 4 qui se la jouait "dark" et tendu mais qui était juste chiant en fait. C'est là que tu te rends compte que les Fast & Furious, c'est des films archi-bavards, ça fait que tchatcher et il se passe rien. Y a de l'action et tout hein. Mais il se passe rien en vrai.
Bref, le film, se croyant très malin, raccroche des wagons avec le 4 et t'as un tunnel d'un quart d'heure totalement ubuesque scénaristiquement et ne servant à RIEN qui vient s'insérer entre deux tunnels de vide complet (genre des blagues des deux noirs, Tyrese et Ludacris, marrants certes mais pas oufs non plus ou l'intrigue Twilight de Vin Diesel). Franchement, on avait pas besoin de ça. On voulait de l'action.

Et de l'action, quand y en a, putain c'est cool mon gars. T'as la première grosse poursuite qui est pas mal pour commencer le film (après un bon vingt minutes quand même…) même si j'avoue que ça partait mal. Le méchant a une espèce de Formule 1 blindée criminellement sous exploitée en fait et surtout, la mise en place de la scène ferait sourire même un réal de Julie Lescaut. Les gars viennent serrer un super criminel et sont pas sensés être là et pourtant t'as genre une centaine de keufs dehors, les gyrophares qui éclairent tout Londres et tout à fond… Tu vois ça tu te dis "bon, on a vu pire" mais tu te dis "putain, ça commence mal en vrai".
Puis après un tunnel de blabla et de blablagues rincées, t'as cette poursuite à pieds en montage alterné dans le métro londonien et deux tapes à mains nues plutôt efficaces et bienvenues pour un Fast & Furious. T'as une petite bagarre de Paul Walker contre trois mecs qui se veut violente mais comme on est dans un film tous publics, elle est à chier, tu vois le début et la fin de la tape mais entre temps, t'as juste du chaos à l'écran et t'es là "wah elle a l'air cool cette tape" mais elle est montée et tournée n'importe comment. Il manque juste un mec qui crie WORLDSTAAAAR WOOOORLDSTAAAAAAAR et on s'y croirait. Comme quoi, même l'action n'est pas irréprochable.

Je sais que je suis en train de sonner comme un putain de fumier d'enfoiré là mais quand j'avais vu le 5 la première fois… J'avais kiffé. L'ambiance gros braquage et tout (même si à la revoyure le film est chiant puisqu'il ne se passe quasiment rien pendant une heure vu que nos amis nous exposent méthodiquement, entre deux blagues, le plan de leur braquage pour au final tout foutre aux chiottes et retrouver leurs habitudes COTOREP et dire "gniiii on improvise") faisait la différence.
Là, on est dans un schéma connu, ce Furious 6, c'est juste Fast 4 en plus gros et à Londres. T'as donc de quoi voir passer le temps. Surtout quand le film se met en tête de rendre The Rock marrant. Il a donc lui aussi droit à deux scènes pleines d'humour qui font rire sauf que nan, c'est pas drôle. Franchement The Rock et Ludacris qui font se déshabiller un responsable de vente aux enchères parce qu'il a pas été sympa avec eux. On est où là ? On se croirait dans de l'humour des gars du Jamel Comedy Club. Surtout qu'une connerie comme ça, ça te nique un bon 5 minutes dans le film. Et c'est que ça. Du gras. Tout le temps. Des scènes reloues qui te font vite arriver à 2h10 de film en fait.

Bon, les blagues ne sont pas drôles mais est ce que les méchants le sont ? Ben même pas. Le méchant est même à la limite du naze et méchant pour l'être donc un mauvais méchant. Il veut voler une puce électronique de ouf qui sert à je ne sais plus quoi mais qui vaut des milliards et il est prêt à tout pour ça. Il a une équipe de figurants qui errent dans un hangar tandis que l'équipe de Vin Diesel erre dans un autre hangar. Et la moitié du film, c'est ça. Des gens dans des hangars qui regardent des écrans d'ordinateurs. Ils réussissent à te caler des scènes de course mais bon… Ça fait un bail qu'on a lâché cet aspect des Fast & Furious et que voir des putes bouger au ralenti ne nous fait plus aucun effet mais pensons aux plus jeunes générations qui découvrent leur premier Fast & Furious au cinéma. Ne soyons pas mesquins.

Tout ça pour dire que ce Fast & Furious 6 est un très mauvais film. Un très très mauvais film qui s'en bat les couilles puisque au bout de 1h30 de remplissage (franchement, y a pas d'autres mots), il se rappelle qu'il s'est vendu à nous avec deux putain de scènes dans ses bandes-annonces. La scène du tank et la scène de l'avion. Et là, je mets pas de spoiler, mais putain, mon gars, là je peux te dire que t'en as pour ton fric.
La scène de l'autoroute et du tank est ouf. En vrai, y a des films pour lesquels ça aurait été le climax mais ici, c'est juste le bébé climax. C'est pour se mettre en jambe. Et t'as ce putain de tank qui écrase des bagnoles avec les gens encore dedans et qui shoote des missiles à bout portant sur des caisses et t'as des mecs qui sautent et t'as un plan totalement débile mais tellement cool où Rodriguez est projetée du tank et Vin Diesel saute de sa voiture, genre il soulève ses 300 kilos de carcasse comme s'il s'appelait Sangoku et il la rattrape au vol et c'est n'importe quoi et il manque plus qu'un ralenti et un gros "I BELIEVE I CAN FLY" sur la bande son mais c'est le point d'orgue de la scène et c'est plutôt stylé.
Puis t'as du blabla et t'as peur que le film se soit transformé en une merde style Avengers ou Skyfall genre le méchant a fait exprès de se faire arrêter pour arriver à ses fins et tout mais en fait même pas, c'est juste pour relancer le truc, avec j'avoue un twist que j'avais pas vu venir, genre ouais, on peut être surpris par Fast & Furious et ça nous envoie à la scène de l'avion et là, c'est genre vingt minutes de folie et de chaos, grosse inspiration Unchartedienne avec cette bagarre dans un Antonov ou un truc du genre mais vu le bordel sur la piste, l'interminable piste qui doit faire 300km, c'est pas grave, tu kiffes. La scène est énorme dans ce qu'elle déploie, ça bouge de partout, chaque perso a un truc à faire et surtout, le film a été tellement chiant avant qu'il faut bien ça pour compenser.

C'est pour ça que le film est réussi. Il a vendu de l'action. Il l'a donnée. Et bien comme il faut. Mais bon, il oublie pas d'être quand même tout pourrave et il se finit avec nos amis qui se font un barbecue dans la maison du Fast & Furious 1 et Tyrese qui fait la prière pour remercier le petit Jésus qu'ils soient tous amis. Le tout sur du David Guetta. J'invente pas. On invente pas des conneries pareilles. Bref ils finissent le film là dessus et c'est à peu près de ce niveau quand y a pas d'action donc je te laisse imaginer le merdier. Heureusement la scène qui tease le 7 arrive très vite et ces enfoirés, comme s'ils savaient qu'ils avaient fait un film très moyen vu que ça vaut 5/5 en action et genre 2 pour le reste, ils se saucent totalement pour te vendre le 7 et quand tu vois que c'est Jason Statham en personne, histoire de compléter la Sainte Trinité de la Calvitie (avec Diesel et le Caillou, on aura le Tamtam), qui en a après Vin Diesel et sa bande tu te dis "putain, ouais, je serai là en juillet 2014, j'espère juste que ça sera moins culcul et que ça bougera plus".

En gros, refaites des films de 1h50 putain de merde !
Coupez vos développements de persos merdiques !
Fuck le fan service ! Ce que vous aviez fait avec le 5 c'était cool, là, ça fait forcé la plupart du temps, ça pue !
On veut de l'action ! On veut pas de vos atermoiements !
AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

mardi 26 février 2013

La Démesure de l’Intime selon Kanye Ier

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Ouais, fallait au moins un titre digne d’un bouquin de la rentrée littéraire pour tenter de décrire le concert de Kanye West au Zenith. Pour mémoire pour les mecs qui liront ça en 2087 quand je serai mort et tout : c’était le concert du 25/02/2013. Il neigeait sa race, il caillait plus ou moins, le Zénith : c’est loin du 9-4 et arrivé porte de Pantin, les mecs étaient déjà sur le quai à essayer de fourguer des places. Même pendant l’exode qui mène à la salle on a vu genre 10.000 mecs vendre des places. Y en avait même un qui prenait de l’avance et vendait des places pour Eminem en août là.

On passe sur la queue pour rentrer. On passe sur les gens qu’avaient l’air déguisés mais qui s’habillent comme ça dans la vie de tous les jours apparemment. On se fout de Lil Wayne et cie mais ils ont le « droit », c’est leur boulot de se saper en Bozo des temps modernes mais quand c’est des civils en CAP Coiffure ou sans doute des graphistes, tu me diras, c’est pareil, tu ris sous cape comme si t’étais à Cap Carnaval. Ouverture des portes 19h30 pour un truc qui commence à 21h30. Autant te dire que t’as le temps d’en voir passer des biatches,  des gosses à tronches de 1995 complètement bourrés alors que leurs gobelets de bière plus galbés qu’eux ne sont vides que d’un tiers, des têtes de cons pas homologuables, des mecs à l’air vener, des meufs se croyant au max, les canards qui leur servent de mecs et qu’ont l’air de se demander comment ils ont pu serrer une meuf aussi bonne mais aussi conne, des swaggeurs dégénérés au final tous sapés pareil, des leggings prêts à céder sous le poids de la cellulite et des fdp comme moi, en mode Judge Reinhold, en train de guetter et jauger tout ce beau monde.

Mais y a un moment où ça s’est décidé à commencé et là, pouah, ça a déchiré.

Dès l’intro, une instru qu’on reconnaît pas, un sample archi connu de je sais pas qui mais je suis pas un vicelard, je vais pas googler le truc pour passer pour plus malin que je ne le suis, mais ça disait « You are cold as ice, you are going to sacrifice » et tu sentais venir que ça nous amenait sur Cold (ex-Theraflu) puis tu t’es rappelé que t’avais vu une vidéo qui montrait déjà cette chanson et ouais, c’était bien ça. Il devrait sortir un jour ses versions live avec les instrus revues et corrigées, c'est souvent encore plus épique. Un écran géant carré de chaque côté de la scène, un écran géant incurvé sur la scène légèrement inclinée et un écran au plafond. Ca se fout aps du monde. Le mec arrive, son ombre porte sur l’écran au plafond qui la rend super balèze, pendant ce temps sur l’écran derrière lui, l’impression que l’iceberg se fend en deux pour le laisser passer et c’est parti.

Je vois plein plein plein de gens qu’ont pas aimé. Je vois plein plein de gens qui y étaient pas qu’ont pas aimé. En même temps les gars kiffent Seth Gueko, Niro et les autres kaïras provinciales donc tu te demandes limite pourquoi ils jettent une oreille sur Kanye West. J’aime pas Beyonce, je me force pas, je la traite de pute gueularde à intervalles réguliers mais terminé, je me bute pas à en parler plus que de raison, c’était le traitement réservé à Avengers ça. 
Pour ma part, j’ai kiffé ce concert. Ce furent 69 euros et 20 centimes plutôt bien placés mais je dois aussi vous avouer un truc qui va sembler ouf mais je claque rarement de telles sommes ou même des heures de ma putain d’existence pour aller aux concerts de gars que j’aime pas ou sans plus. Vu que Kanye West est sans doute le gars que je kiffe le plus après Eminem (ouais ça arrive, y en a même qui kiffent encore Tarantino et d’autres qui se mettent des oigtds devant Avengers donc) : je me faisais pas trop de soucis et alors que j’écris ça, j’ai encore un paquet d’images dans le crâne.

Sur la playlist, comme d’hab, il manque des trucs qu'on aurait kiffé avoir mais le concert peut pas durer quatre heures mais en même temps, c'est plutôt homogène et rien ne fait tâche. Même la petite reprise du Diamonds de Rihanna passe bien, c’est à ce moment du concert dans la thématique, le truc est réfléchi, ça se voit et ça se sent. Il me semble plutôt rare de voir des mecs intellectualiser leur concert (bon, c’est pas un truc de ouf non plus, c’est vite fait, mais un effort est fait) tout en privilégiant une efficacité et un enchaînement plutôt redoutable des sons. Une bonne vingtaine de chansons, de Cruel Summer à Graduation avec de très très très rapides incursions dans la première période Kanye West-ienne avec entre autres du Jesus Walks, All Falls Down et Gold Digger (pour le rappel). Des chansons qui me saoulent un peu sur les albums, genre Clique principalement, ont pris leur pleine mesure en live.

Le mec est le Terrence Malick du rap game.  Mais je sais même pas s’il fait encore du rap. Il fait de la musique juste. Le show en lui-même était déjà assez dingue avec ces écrans géants diffusant des images à la Yann Artus Bertrand de blizzard, de vagues, d’oiseaux, de cieux et j’en passe. Ajoute à ça sa tenue genre camisole de force + Air Force One et tu sens qu’on est dans la recherche de pureté. Je sais pas s’il est sensé jouer une sorte de Dieu fou ou un gars genre Promethée revenu parmi les hommes nous raconter ce qu’il a à nous raconter ou si c’est juste histoire de faire un joli spectacle mais c’était cool, y avait un effort de fait là-dessus mais je l’ai déjà dit mais fallait bien développer un peu.

Ce qui a fait la différence, c’était les moments complètements WTF à défaut d’être WTT.  Déjà, passons vite dessus, t’as les masques qui font tant parler mais c’est qu’un accessoire, ça nique pas sa voix, ni rien, on dirait le même délire que pour Bane dans Batman à l’époque, que personne n’avait vu le film mais que ça gueulait pour la forme genre on va rien comprendre etc alors que vous allez voir toutes vos merdes en VOST histoire de vous la jouer esthètes parce que bon, quand même la COTOREPerie c’est mieux en VO etc etc. Le gars a un masque de Chewbacca albino archi-stylé, si j’avais été gosse, j’aurais voulu le même et après il sort un masque en diamants parce qu’il parle de diamants (donc tu vois, ça vole pas haut le truc mais c’est un petit effort qui est fait, ça change, c’est rien). Le mec a mis deux masques, il a gardé la même tenue tout du long et il se fait traiter pour ça. Faut être sérieux.

Et les hurlements sur Say You Will, les ad lib limite autiste sur Heartless tandis que dans la fosse, la neige tombe sur les gens ajoutant à l’ambiance étrange se dégageant du concert. Dix minutes après avoir chauffé tout le monde, Kanye nous anesthésie et commence à tenter de nous faire ressentir autre chose que la simple « kiffade » pour reprendre le terme à la mode. J’ai envie de croire que ses cris et autres délires sont sincères et ne sont pas pré-calculés. J’ai envie de croire qu’il est honnête quand il dit à ses ingés son/DJ/pousses boutons en burqa  de laisser continuer la musique ou quoi, c’est parce que là, ce soir il a vraiment envie de partir en délire tout seul sur Heartless et nous faire une outro de 5 minutes dessus. J’ai envie de croire à la sincérité du mec qui m’a toujours paru être un autiste bigger than life. Doublé d’un allez, disons-le, génie musical qui aurait trouvé une façon d’exprimer ce qu’il a en lui sur scène etc. D’où Clique qui se retrouve agrémentée d’une phase freestyle qui commence comme un discours de coach de foot US nous disant de réaliser nos rêves et faire ce qu’on veut pour se finir en séance d’insultes en passant par une phase où il fait gueuler aux meufs « SUCK MY DICK » avant d’enchaîner sur I Don’t Like ou encore Runaway qui dure plus d’un quart d’heure de délire emo-tionnellement-gogole au dernier degré mais parfois traversé de fulgurances qui te font kiffer même si les mecs semblent prendre un malin plaisir à te vriller les oreilles avec certaines notes de piano. En tout cas, le rythme, parfois un faux rythme faut l'avouer, était là, on peut pas dire qu’on se soit fait chier. Je préfère voir un Kanye partir en couille qu’un Drake faire du fan service pendant trois plombes ou nous raconter des anecdotes à la Fan De. Avec Kanye, ça risque pas, il a dit « Paris » un moment et ça doit être le seul truc qu’il ait dit entre deux chansons. Mais c’est Kanye West, on s’y attend, ça ne surprend pas vraiment, c’est pas Fouiny le propriétaire qu’on est venu voir putain de merde.

Le mec a donc fait son show de taré. S’il avait pu s’ouvrir le bide et étaler ses tripes sur la scène et s’exploser les intestins pour tapisser de merde l’écran derrière lui, il l’aurait fait. Et là, il a dû se taper la désillusion du siècle quand tous les gosses dont je t’ai parlé au début de l’article n’écoutaient plus rien mais se sont mis à gueuler « NIGGAS IN PARIS ! », « NIGGAS IN PARIS ! », « NIGGAS IN PARIS ! » et qu’il a joué le suspense. Tu sais que Kanye West ne sourit jamais. Et là, il s’est mis à sourire. C’est le gars qui sourit quand il est déçu quoi. Puis il allait parler de ses nouveaux projets et deux-trois commençaient à supputer qu’il allait nous faire un nouveau son mais c’est reparti pour un tour de « NIGGAS IN PARIS » ad-nauseam. On pouvait se douter qu’il oserait pas la faire sans Jay-Z puis qu’il y avait eu Cruel Summer entre temps puis qu’il avait joué aucun son de Watch The Throne mais non, les gosses voulaient Niggas In Paris. Alors il a souri. De la façon la plus vicelarde au monde, les gens y ont cru mais il s’est arraché. GTFO.

lundi 29 octobre 2012

Universal Soldier : Day of the Reckoning, l'un des meilleurs films de l'année ?

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L'an dernier, on parlait de Fast & Furious qui se réinventait et tout et tout pour enfin devenir vraiment un énorme succès au box-office au bout de sa cinquième itération mais c'était rien comparé à ce que tramait John Hyams dans l'ombre avec la série des Universal Soldier. Une franchise qui est pour le coup sans doute la plus cheloue et protéïforme qu'il m'ait été donné de voir.
Tout le monde se souvient du premier opus au début des années 90 alors que Van  Damme et Lundgren étaient limite de jeunes premiers embarqués dans cette histoire de soldats morts-vivants revenus d'outre-tombe boostés par la science et le gouvernement qui trouvait ça bien cool d'avoir son unité de SWAT increvables jusqu'à ce que deux d'entre eux qui s'étaient entretués au Vietnam remettent ça vingt ans après à travers les USA histoire de se rebuter par delà la mort. C'est presque poétique.
Peu de monde se souviendra du deuxième qui s'appelait genre Universal Soldier : Le Combat Absolu ou une connerie comme ça. On retrouvait Van Damme qui redevenait humain à part entière, avait une gamine etc tandis que les Universal Soldiers ressemblaient à une bande de gros pd en vadrouille dans une salle de fitness. Y avait Michael Jai White au casting, Black Dynamite en personne, dans lequel s'implantait l'esprit du super ordinateur qui contrôlait les mecs et se rebellait contre les humains. Imagine 2001 en moins chiant. Imagine 2001 en plus cotorep. Imagine 2001 avec Van Damme qui dit qu'il faut aller dans un club de strip-tease parce que dans ces endroits-là, ils ont toujours des connexions Internet. Ouais, on était en 1999 et apparemment les mecs avaient des modes de pensée bizarres. J'ai encore la VHS de ce film. Faudrait que je le revoie. Y a sans doute moyen de bien se marrer.
Tout le monde a oublié les téléfilms de la honte qu'ils ont appelé Universal Soldier en espérant en faire une série TV. Je les ai pas vus mais je crois que personne ne les a vus. Même le mec qui les a réalisés n'a pas dû voir le résultat de son oeuvre. C'est te dire. Pendant dix ans, on a plus entendu parler d'Universal Soldier. On peut pas dire que ça nous manquait. Tout le monde était passé à autre chose. Tout le monde sauf John Hyams. Fils de Peter. Le réalisateur de 2010 et Timecop entre autres. Et John Hyams il a réuni Van Damme et Dolph Lungren pour Universal Soldier : Régénération. Et déjà, on sentait que le mec se lançait dans quelque chose d'autre. Le film était nimbé d'une ambiance bizarre à la Cronenberg des débuts. C'était super froid, clinique, crade. Apparemment on reprenait après le premier film. Ou ailleurs. T'as le perso de Van Damme qui apprenait à redevenir humain mais pétait des cables et se transformait en Hulk. C'était une vague histoire de kidnapping, d'Universal Soldier contre d'autres et Dolph Ludngren, broyé dans le premier, revenait bon pied bon oeil se refaire défoncer par Van Damme (ou tout du moins sa doublure largement trop visible) dans un combat final quand même assez vener. Ca ressemblait à toutes les séries B qui sortent direct en DVD mais en même temps, ça ressemblait pas à toutes ces séries B qui sortent direct en DVD. De par son ambiance de SF froide et malaisante, de par certains plans ou de par certaines audaces de réalisation malgré un budget qu'on imagine minable genre un plan séquence où un mec seul éclate une quinzaine de types : on sent que le mec avait des trucs à montrer même si c'était encore maladroit. Reste que y a des notes d'intention qui compensent le reste et le film laisse un bon souvenir…





Et là, trois ans après. Universal Soldier : Day of the Reckoning. Autant te dire tout de suite que c'est l'apothéose de la franchise. Je sais même pas s'il serait utile d'en faire un de plus après ça. Imagine-toi devant un film d'horreur à l'ambiance à couper au couteau et aux thématiques intéressantes mêem si sous développées qui se transforme à intervalles plus réguliers que des blockbusters à un demi-milliard en film d'action ultra-vener jusqu'à un final jusqu'au boutiste, sauvage, barbare et plus sanglant que les règles de Dieu. Imagine-toi ça et tu commenceras à te faire une petite idée du spectacle que propose ce Day of the Reckoning.

Le point de départ est simple. Scott Adkins (aka le gars qui se fait défoncer par Jason Tamtam dans Expendables 2 alors que tous ceux qui s'y connaissent un minimum savaient la véritable issue du combat avant même qu'il commence) voit sa baraque être prise d'assaut par Van Damme chauve et deux autres types qui abat sa femme et sa fille sous ses yeux avant de le laisser pour mort avant de l'avoir bien éclaté. Sorti du coma, il se lance à la recherche de Van Damme…
On peut pas faire plus simple que ça mais dès l'intro, filmée en plan séquence et en vue subjective, t'es dans l'ambiance flippante puis hardcore du film. Tu sais pendant ces quelques minutes de bruit, de fureur, de cris de douleur et d'accès de violence que tu vas assister à un truc plus intense et couillu que tout ce que le ciné essaie de te vendre depuis un moment. On bute une gamine d'une balle en pleine tête, plein cadre et sans coupe. Comme note d'intention, on peut pas faire mieux.

Après ça, malgré son postulat de départ archi-simple, le film se fait plus nébuleux. La mise en scène et la réalisation malgré un manque de moyens encore évident (ça n'a couté que onze millions et demi soit même pas le salaire d'un Robert Down Syndrome Jr sur une de ses merdes) reste très atmosphérique et détâchée. C'est simple, tu regardes ça et tu penses à Halloween ou Shining. Puis tu penses à Gaspar Noé quand l'image et le son deviennent agressifs juste après des éclats de violence qui ne sont toujours pas décidés à faire de prisonniers. Que tu sois une pute ou un super-soldat, t'auras droit aux coups de fusil à pompe en pleine tronche, la chair, la cervelle et les os dispersés dans les quatre coins du cadre. L'ambiance se fait même parfois Lynchienne dans sa façon de placer les persos dans des décors évocateurs transformés pour l'occasion en lieux troublants et renvoyant à cette fameuse inquiétante étrangeté dont vous avez sans doute entendu parler ici et là. Plus le film avance et plus les références te viennent en pleine tronche. Au final, t'en arrives à te dire que t'assistes à une relecture 2010-esque de Apocalypse Now. Noé, Lynch, Coppola, Kubrick : y a pire comme références pour ce qui se présente comme un petit film d'action nommé Universal Soldier 4.

Le bon côté, c'est que toutes ces références paraissent jamais trop grosses ou trop lourdes pour le film. T'as pas l'impression que le gars voulait à tout prix citer ces trucs là, t'as l'impression que ça se fait naturellement, qu'il devait raconter son histoire comme ça et que ça a donné ça, tout simplement. L'histoire de ce cauchemar éveillé limite fascinant et hypnotisant. L'histoire d'ailleurs n'est sans doute pas le point le plus fort du film. Elle est bien menée, c'est sûr, enfin elle est étrangement menée. Étant donné que le film joue surtout sur son ambiance, t'étonne pas qu'il puisse se passer une dizaine de minutes sans entendre une ligne de dialogues. On en sait autant que le personnage, c'est à dire pas grand chose. On apprend ce qu'il se passe en même temps que lui. On veut qu tu sois immergé dans le truc avec lui. Un peu comme certains jeux vidéo, on te balance des flashbacks vus à travers les yeux du héros. Des moments de calme entre deux brisages de nuques. Des moments à la saveur étrange quand t'en apprends la vraie teneur… Car oui, le scénar réserve deux/trois surprises pas mal donc pour une fois, je vais pas m'amuser à tout niquer ici. Surtout que ça se tient vraiment bien et c'est vraiment intéressant comme idées, même si déjà vues ici et là mais pas traitées de cette façon ou pour ce résultat là donc autant te dire que ça passe nickel.

Si le précédent volet avait un paquet de défauts, celui ci est ultra-soigné. Les diverses scènes d'action sont nickels. Au départ, elles sont barbares et t'as l'impression d'assister à des combats entre Jason Voorhees et une de ses victimes si elle savait vraiment se défendre. Ca hurle, ça détruit le mobilier, ça se mutile mutuellement à la hache mais c'est pas grave : ça repousse. C'est Vendredi 13 qui se tape. Puis après une poursuite en caisse en plein jour sur un espèce de périph bulgare suivie d'une bagarre ultra-rageuse entre deux surhommes dans un magasin de sport se pare elle aussi de cette ambiance cheloue qui se balade depuis le début du film. Même les figurants/passants se tiennent à l'écart, interloqués par ce merdier. Et tout ça, c'est rien comparé à la dernière demi-heure. Ce fameux monument de barbarie. Dis-toi juste qu'après ça, tu ricaneras devant un paquet de plus gros films qui te promettent de l'action ou ce genre de choses sans tenir leurs promesses. Là, t'en auras pour ton fric et plus que ça, que ça soit le (faux) plan séquence dans lequel Adkins éclate une vingtaine de mecs avant son combat bourrin contre Lundgren en mode on se tire dessus à bout portant et on s'éclate la gueule de temps en temps et avant le combat contre Van Damme, grimé en colonel Kurtz, qui fait penser au final d'Apocalypse Now, encore, sauf que la confrontation Sheen/Brando se transforme en baston où on se fout sur la tronche à coups de lattes et de machette. Un bain de sang. Et apparemment c'est rien comparé à la version unrated qui sortira en DVD, là, Hyams a été obligé par la MPAA de s'adonner à un paquet de coupes pour avoir un classement R. Déjà que c'est bien vener, j'ose pas imaginer la rageosité du truc sans les coupures. Juste le temps de se taper une conclusion aussi absurde, ironique, amère qu'étrange et ce voyage au bout de la nuit d'1h54 est déjà terminé mais rien ne t'empêchera d'y revenir.
Je l'ai regardé quatre fois en trois jours et c'est pas fini.

Fais en autant. Télécharge-le. Achète-toi le DVD ou le blu-ray quand ça sortira, tu regretteras pas. Je pense pas qu'on aura de sortie ciné ici pour ce film alors que ça pourrait le faire. Il sort en 3D au ciné aux USA fin novembre et il est déjà sorti dans quelques pays. S'il venait à sortir au ciné en France, autant dire que je serai dans les salles pour le voir et le revoir. Malheureusement beaucoup de gens risquent plutôt de le découvrir sur la TNT et zapper parce que c'est le public de con qui se dit "pfff, chelou le film, il se passe rien".
Le public de merde qui kiffe Avengers.
Public de merdes.

samedi 27 octobre 2012

Skyfall ou quand le ciel ne tombe pas de bien haut...

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Avant que tu te mettes à me casser les couilles, à me raconter la messe et te la jouer exégète de James Bond parce que t'as vu tous les films et vaguement lu une page Wikipedia : sache que j'aime pas les James Bond, que j'ai dû en kiffer assez pour tenir sur les doigts de la main d'un mec qui devait de la thune à des Russes qui lui auraient coupé un doigt ou deux avec un sécateur rouillé et malgré tout, je suis pas un connard à qui on dit "bah si t'm pa ta ka pa y allé lol", j'ai encore un peu de curiosité et d'ouverture pour me permettre de cramer ma carte Pathé et quelques heures de ma vie pour aller tester un film.

En l'occurrence, le 23ème James Bond, Skyfall. Avant ça, je crois que ceux que j'avais aimé, parmi ce que j'avais vu, se limitaient à Goldfinger, Moonraker et Meurs Un Autre Jour. J'avais pas aimé Casino Royale qui sentait tellement le film "conçu" plutôt que vraiment écrit, réalisé et pensé que j'avais même pas été voir Code Quantum of Solace au ciné et que j'avais fini par le voir en divx quand la bande-annonce de Skyfall avait commencé à me faire de l'oeil. QoS était naze mais il avait le mérite de proposer beaucoup d'action, de pas devenir Patrick Bruel Poker Coach au pire moment possible, c'est à dire au moment où t'as déjà plus rien à foutre de ce qu'il se passe vu que tu t'es tapé une heure d'intro avec que de l'action mais de l'action sans rime, ni raison, comme un prégénérique de NCIS un peu et surtout l'étalage de marques était moins outrancier.
Si Casino Royale valait 0/10, Quantum of Solace valait bien un bon 1/10.
Skyfall ne pouvait pas faire pire.

L'envers du décor de Skyfall a de quoi faire saliver. Sam Mendes réalise. Un auteur quoi ou au moins quelqu'un qui tente de faire du ciné et n'est pas là que pour prêter son nom et aligner les plans en illustrant platement un scénar. Paul Haggis (Collision, Walker Texas Ranger et j'en passe) tèj du scénar et on nous fout pas Joss Whedon à la place même s'il aurait pu faire un méchant : petit, moche, roux et incapable de pondre un plan digne de ce nom (cf : Avengers), il aurait fait des étincelles. En plus de ça, t'as Mendes qui s'amène avec toute son équipe, Thomas Newman à la musique, Roger Deakins à la photo et Stuart Baird au montage pour ne citer que les artisans de la caution qualité technique supérieure du film. Même si le film était mauvais, il serait au minimum super-bien emballé. Et c'est ce qui est arrivé, comme toujours l'histoire et le scénar laissent à désirer et quand ce que tu racontes ne te passionne pas, tu pourras pas le mettre en scène ou le raconter comme il faut. Tu vas vite capter pourquoi.

Pendant une heure, j'étais à fond dans le film. J'aimais ce que je voyais. L'histoire me plaisait bien : le MI6 paume la liste des agents secrets planqués ici et là dans le monde, James Bond est mort et on veut buter la vieille M, autant parce qu'elle est reloue que parce que l'actrice devient aveugle donc ça commence à faire chier et niquer l'ambiance des tournages. De cette histoire de liste d'agents perdue, il n'y aura qu'un plan dans le film et on ne sentira pas vraiment le danger que ça représente. Premier échec. Le second se trouve dans le traitement de "James Bond est mort". Tu te dis que le mec va avoir la rage contre ses boss, le gouvernement, l'Angleterre, bref contre tout ce en quoi il a cru un jour et tenter de régler l'affaire du jour en renégat mais non, passé le générique et deux minutes seul à picoler et baiser une meuf grave bonne mais en ayant l'air d'avoir mal dans son être profond de vigile de Prisunic, il est déjà de retour en Angleterre à picoler dans le salon de sa boss. Vite réglé. Le film continuera à parler de sa possible inaptitude à reprendre le service mais sans remise en question profonde, ni rien, ce n'est qu'un faux problème vu que James Bond reprend quand même le taf et s'en sort toujours aussi bien qu'avant. Les éléments a priori nouveaux et intéressants que proposaient le film ne sont donc que poudre aux yeux mais malgré ça, ça marche bien.

Pourquoi ça marche ? Parce que c'est joli. L'image est à tomber. Tu vois les références picturales, tu vois que le taf est fait, la scène à Shanghaï fait très Blade Runner mais on s'en fout, c'est joli tous ces néons et ces deux mecs en ombres chinoises. Surtout que ça tombe bien, on est en Chine. Certes ça ne dit pas grand chose à part que c'est des hommes de l'ombre dans l'ombre en train d'agir dans l'ombre. Ça pisse pas loin mais c'est joli. Pareil pour le générique. Pour le filmage de Londres. Pour certains plans qui durent plus longtemps que la moyenne. Pour le temps pris pour scruter le visage de 007 ou d'autres persos. On sent qu'il y a une sensibilité derrière et que ça pourrait aller plus loin que le James Bond classique. Quand ça bouge, la caméra ne tremble pas, on se souvient qu'à une époque, c'était pas mal vu de tenir la caméra ou de la fixer sur des rails de travelling ou des grues. C'est très élégant, les décors sont mis en valeur, y a rien à dire. Ça ne va pas très loin, y a pas de profondeur hormis dans la chatte des meufs qu'il baise (mais c'est James Bond, c'est normal), l'histoire patine alors qu'elle n'a déjà pas grand chose à raconter mais c'est pas grave, c'est rythmé, ça se laisse suivre mais il reste encore une heure et demie de film.

Arrive alors la James Bond Girl française qui a genre deux scènes à tout casser. Je peux même pas te dire si elle est bien ou pas, c'est comme toujours la même histoire avec ces meufs, elles ne servent à rien. Puis avec elle, le méchant, Javier Bardem, et là c'est bon, le film commence à se payer sa stèle chez Norwich Union et à creuser sa tombe. Le méchant apparaît enfin et en gros, c'est juste un vieux pd hacker à ses heures perdues qui n'aime pas la fête des grand-mères et veut buter la vieille. Un peu comme le méchant de Avengers, il a un plan de merde ultra-élaboré pendant des années (c'est dire l'intelligence des mecs qui écrivent le film si un truc comme ça est pour eux le summum de l'oeuvre d'un génie du mal). Un plan qui, si t'as vu Avengers et deux trois films de merde dans ta vie, ne te laissera aucune surprise et ne te surprendra jamais. Et c'est ce qui arrive malheureusement, le film ne surprend pas. T'assistes ensuite à une succession de scènes au suspens éventé, à peine plus spectaculaires que ce que tu verrais dans un épisode de série télé. Des poursuites à pieds, des mini-fusillades pendant lesquelles tombent des keufs qui n'avaient rien demandé, le tout sur une musique très Hans Zimmer-ienne, te rappellant que le film essaie de singer Dark Knight qui malgré ses défauts énormes a l'air d'être devenu le maître étalon du cinéma pour enfants qui se rêve adulte sans pouvoir proposer grand chose quand il s'agit de régler les chèques sans provision qu'il te balance depuis la première bande-annonce. Un peu comme les gosses de six/sept ans qui se sentent trop vieux et trop couillus pour continuer à manger à la table des enfants et qui se retrouvent à celle des adultes à raconter des blagues de cul de Toto qui montre son zizi à je sais pas quelle salope du CE1 de la salle 13. Chaud quoi.

Passé le plan de ouf du méchant qui est mis en échec par James Bond qui tire dans des extincteurs pour faire de la fumée comme ça on voit plus rien, ouais c'est level Prison Break mais bizarrement là, t'entendras pas grand monde raler vu que c'est LE film à kiffer en ce moment, le film devient autre chose et là, ça devient chaud. Déjà tu te rends compte qu'en plus d'être pd, moche et de s'attaquer aux vieilles, le méchant ne l'est pas tant que ça puisqu'il commet un attentat dans le métro mais par chance, y a qu'une rame vide qui prend. Ça tombe bien. C'est gay comme du Nolan ça mais c'est pas grave. Je demandais pas un remake de 2005 ou de 1995 (l'attentat de Saint Michel, pas les rappeurs puceaux) mais y a un minimum. Enfin bon. C'est pas encore là que le bât blesse et que ça commence à puer la merde et devenir interminable. C'est dans son dernier acte à la campagne. Là, t'as l'impression d'assister à un canular. On a donc James Bond qui emmène sa chef adorée, sa maman symbolique, M, Mother comme nous le rappelle le film au cas où on soit aussi distrait que Pierre Richard, dans son cottage familial en Ecosse. La baraque s'appelle Skyfall. Y a un vieux garde chasse qui fait des blagues merdiques qui est là, il refile à 007 le vieux fusil de chasse de son père, ils se sapent en vieux anglais qui partent chasser le canard, on se croit dans un épisode de l'Inspecteur Barnaby, y a un montage où ils piègent la baraque en mode Agence Tous Risques et ils attendent les méchants. Ils les tuent. Y a une deuxième vague de méchants qui arrivent en hélico avec le chef. Le méchant a plein d'acolytes qui sortent d'on ne sait où mais c'est pas grave, tout est bien huilé et le film est déjà tellement long et chiant que j'ai pas envie d'entrer dans le détail, il faut en finir, y en ras le cul. Ca fait déjà une heure de trop que le film dure et y a encore une bonne demi-heure à tuer. Qu'a t on fait pour mériter ça ? Sommes nous de si mauvais chrétiens ?

Bref, le final est anti-climactique au possible. Imagine un mélange des Chiens de Paille et du Vieux Fusil mais sans le talent, ni l'intensité. Après je dis pas, c'est très joli, on se croirait dans Les Moissons du Ciel pendant l'incendie et si t'ajoutais une fusillade là-dedans. C'est presque diabolique. Mais putain c'est à chier dans le fond et la dramaturgie. On nous montre les pierres tombales des parents de James Bond. On nous dit qu'il était orphelin. On nous en dit pas beaucoup mais c'est déjà trop. Trop pathos. Trop tard. Trop inintéressant. La théorie comme quoi les James Bond n'existaient pas et se refilaient de l'un à l'autre le nom et le numéro 007 était intéressante dans le sens où elle pérénnisait la longévité de la franchise à travers les âges mais là c'est mort, on nous la joue biographie du mec et t'as l'impression d'assister au reboot du reboot qui a eu lieu deux films plus tôt. Comme si finalement Casino Royale était une mauvaise idée et que ce James Bond débutant  et chien fou ne fonctionnait pas et on est déjà là avec un James Bond, soi disant, en bout de course et vieillissant. C'est là que tu vois que c'est vraiment une franchise de merde qu'essaie de surfer sur les vagues du moment, chaque fois avec quatre ans de retard, cavalant après l'époque où c'était elle qui créeait la mode. Enfin bon, vu qu'ils n'arrêteront jamais de faire des James Bond, autant les laisser s'afficher. C'est toujours marrant.

Le film touche à sa fin. La voiture de 007 est cassée et il se fache tout rouge en gros plan. C'est ridicule. Vivement que les gens de tumblr fassent un gif de ce moment. C'est magique. T'as l'impression que jusqu'ici rien n'était grave mais là, tu lui niques sa caisse, ça va chier, il va arracher des bites, lécher des chattes et bouffer des couilles comme dirait Doc Gynéco quand il passe à la radio. C'est naze. Vraiment.
Le méchant meurt, tué d'un couteau dans le dos, la classe. M meurt. C'est pas comme si tu t'y attendais pas depuis l'intro du film donc nique ta race. Elle est remplacée par Voldemort et James Bond retrouve sa Moneypenny adorée en la personne de l'agent de terrain du début du film qui, comme Joseph Gordon Levitt dans Dark Knight Rises nous gratifie d'une scène magique, le truc qui devient la nouvelle tarte à la crème de ces films, je m'appelle Machine, Machine Moneypenny. Eclats de rire dans le public. Le film n'est que ça sinon. Coups de coude et références pas très discrètes. Même moi qui ne m'y connaît pas trop en 007, j'ai cramé les références. Et y en a marre de ce ciné fait de références et de clins d'oeils faits pour faire croire à son public d'incultes qu'ils sont plus cultivés qu'ils ne le sont alors que tout le monde sait à quoi tu fais référence. Que ce soit la ligne de dialogue sur le stylo explosif ou la caisse de Goldfinger qu'on te ressort, calqué sur la scène du même genre dans Arrête Moi Si Tu Peux qui lui savait qu'il faisait dans le clin d'oeil distancié et ironique, c'est jamais fin, c'est jamais drôle et c'est aussi intelligent que ces émissions de test de Q.I. de TF1 qui font croire à tous les cons du territoire qu'ils sont plus malins qu'ils ne le sont. L'humour de fils de pute à la Joss Whedon et cie qui fait marrer les cons les plus bruyants de ton ciné tandis que les autres se cachent pour mourir de honte à chaque punchline foireuse.

Et donc voilà, le film se finit enfin. Il n'avait au final vraiment pas grand chose à raconter mais besoin de 2h30 pour le faire. Moins les films ont à dire, plus ils ont besoin de temps pour le faire. Plus c'est bavard, mieux c'est. Cf : Avengers. Toujours. Skyfall a le mérite d'être beau à regarder et pas cadré de travers mais sinon, c'est pratiquement le même film. Ils essaient tous de te refaire Dark Knight comme si c'était le mètre étalon alors que c'était vraiment pas si bien que ça. Revoyez-le sérieusement plutôt que rester sur l'idée que vous vous faites du film et vous verrez que c'est mignon mais blindé de trucs qui merdent. C'est du même niveau que sa suite que vous avez conspuée.
Là, Skyfall, c'est juste l'énième avatar d'une franchise qui fête ses cinquante ans, cinquante ans de conneries qui ont pu faire rêver, amuser la galerie et toute une génération de mecs et leurs meufs forcées de se taper ça en attendant la Saint Valentin. C'est un film qui te fait te dire que cette franchise, même quand c'était bien, ça devait être de la merde quand même. James Bond, c'est un peu comme Anne Roumanoff, elle fait plus rire personne, elle a p'têt même jamais fait rire personne mais une croyance populaire fait croire que si et que ça a été cool il fut un temps, alors elle s'accroche et sera toujours là, toujours à essayer de se réinventer alors que c'est trop tard, c'est foutu, c'est mort, on s'en branle, prends ta retraite, raccroche, nique.

dimanche 7 octobre 2012

Taken 2

2 commentaires
Avant de parler de Taken 2, faut parler de Taken 1 mais avant de parler de Taken 1, faut parler de EuropaCorp. Et j'aimais bien les films d'EuropaCorp, y a eu une sorte d'âge d'or avec Banlieue 13, Danny The Dog et Le Transporteur 2. Coup sur coup, ça enchaînait les gros films tarés avec de bonnes tapes, des histoires bidons mais cools et donc des scènes d'action qui nous changeait de ce qu'on voyait habituellement. Et tu sais pas le mieux ? C'était Français.
Après, je sais pas ce qu'il s'est passé mais dès que y a eu un potentiel de franchise cool, il a été gâché. Regarde Le Transporteur 3. Regarde Banlieue 13 Ultimatum. Okay, ils se regardent. Mais ils se regardent une fois tandis que leurs prédécesseurs restent des classiques qui ont pu faire se dire à certains qu'on pouvait faire des films cools en France. Ça faisait presque rêver. Ça a donné envie de toucher le rêve du doigt à beaucoup de gens mais après toutes ces suites bidon, ça donnait plus trop envie en vrai. Comme si faire des suites à autre chose que Taxi ou les Minimoys, ça les faisait chier alors ils les sabotaient à chaque coup. Dommage.
Puis il y a eu Taken. La surprise Taken. Le film était fondamentalement autant à chier que n'importe quel Steven Seagal sauf qu'il y avait un bon acteur dedans. Mais n'en rajoutons pas trop sur Liam Neeson : le gars a fait L'Agence Tous Risques, Le Choc des Gitans, La Colère des Gitans et Battleship donc le côté grand acteur respectable, on peut repasser. Mais y avait Liam Neeson dans Taken premier du nom et ça faisait la différence d'avoir un vrai acteur dans le truc.
Ça faisait la différence de voir Liam Neeson déambuler dans un Paris digne de celui de vieux films comme Les Ripoux ou des conneries du genre. Pas le Paris de Woody Allen ou le Paris bobo des réalisateurs parisiens. C'était le Paris crade des albums de rap.
En plus de ça, même si le film était super radin en action comparé à son potentiel, il y avait une certaine sécheresse, une volonté de ne pas reculer devant la violence et surtout une efficacité dans le montage et la réalisation qui faisaient que ça compensait presque les trucs pourris du film qui étaient quand même très très très nombreux.

Je vais couper court au faux suspense vu que tu l'as sans doute déjà vu mais t'as pu remarquer par toi-même que Taken 2 était laid. Mais le truc c'est que les gens ont l'air d'être plus surpris qu'ils ne devraient l'être mais le 1 n'était déjà pas si bien que ça.
Déjà, on te vend le film comme une série B qui va droit au but mais tu dois attendre 3/4 d'heure avant d'entrer dans le vif du sujet. Longue présentation des clichés qui servent de persos. T'as l'impression de regarder un épisode d'Une Famille Formidable à Beverly Hills. T'as la gamine (sensée avoir 15/16 ans mais qu'est jouée par une daronne) qui veut suivre la tournée de U2 en Europe avec sa pote. Quand tu vois ça, tu te dis qu'elle va mériter tout ce qui va lui arriver. C'est super laborieux. Puis quand ça démarre, c'est jamais ouf mais c'est sympa, ça se regarde une fois ou deux, en sautant les passages chiants la deuxième fois, et ça te fait ni chaud, ni froid mais t'as pas envie de quitter le ciné avant la fin et d'aller insulter des gens. Mais y a quand même des trucs merdiques dans Taken 1 et pour te rappeler de pas bêtement mettre ce film sur un piédestal, je me permets de te montrer cette vidéo.



Voilà, je suis sûr que t'avais oublié que la meuf cavalait comme un singe et qu'elle savait pas quoi branler de ses bras. C'est presque pire que Steven Seagal (encore lui !) quand il se mettait à cavaler comme une fille dans Nico. C'était chaud ça aussi. Malgré ça, le gars fait encore plein de films et il mange bien en plus. Il nous emmerde tous. Mais voilà, cette vidéo, ça te rappelle bien et de façon sanglante que Taken, c'était pas que les petites bagarres et Liam Neeson qui se tapait des phases à la Jack Bauer pour se récupérer sa Kim à lui.
Parce que ouais, Besson et son scénariste attitré, Machin Kamen, se sont pas fait chier et ont appelé la fille qui se fout dans la merde de leur héros comme la fille qui se fout dans la merde de Jack Bauer. Mais bon, ce serait mesquin de s'arrêter là-dessus et ça avancerait à rien et Taken, c'est du passé. Place à Taken 2.

Je te le dis tout de suite, ce film, c'est l'équivalent de foutre sa bite dans un glory hole et tomber sur un piège à souris ou te faire sucer par une cannibale. C'est vraiment une mauvaise idée. Tu sais que c'est une mauvaise idée mais t'y vas quand même. Parce qu'on est tous un peu cons comme ça. On aime l'aventure.

Taken 2, c'était un problème dès le moment où t'as mis un 2 à côté de Taken. Tout le monde voulait une suite mais tout le monde savait que ce serait chaud de faire une suite à ça. Qu'est ce que tu veux raconter ? La fille de Liam Neeson se refait enlever dans un pays musulman comme la France alors il re-va la libérer et montrer à tout le monde comment on traite avec ces putain d'Albanais ? Tu vois, ça prêtait déjà à sourire. Mais en même temps, y a plein de films qui te racontent toujours la même merde (les Marvel, les Pixar, bref tous ces parangons de cinéma adulte) et ça les empêche pas d'exister donc pourquoi pas ?
Surtout que dans le fond, ce Taken 2, ça partait d'une idée pas si conne, enfin si, mais plutôt cool et assez extrémiste pour nous offrir une série B enragée. Les parents des gars que Liam Neeson a buté dans le premier veulent sa peau. Point. Ça commence en Albanie ou je sais pas où, ils enterrent plein de cadavres, ils doivent être ruinés ces clochards d'avoir fait rapatrier les cadavres jusque dans leur pays de merde, ils font sans doute plus la gueule pour le fric dépensé que pour les morts eux-mêmes, mais l'un d'eux dit qu'il va trouver Liam Neeson, le ramener et le tuer dans un monologue qui tente de singer la fameuse scène du téléphone et du "bon chance" du premier sauf que ça marche pas. Et après, le scénar est encore plus bidon et laborieux que celui du premier mais ça, on pouvait s'y attendre.

Passée cette magnifique intro, on se retape l'épisode d'Une Famille Formidable à Beverly Hills avec l'ex de Neeson qui divorce, sa fille qui a un mec mais qui a raté le permis. Alors à chacune de ses infos, tu te dis "oh nan, ils vont quand même pas le faire se remettre avec sa meuf, fliquer le mec de sa fille et nous foutre une scène de poursuite où la gosse qui n'a pas le permis va conduire comme Ayrton Senna mais sans le carton dans le mur ?". Et si, ils feront tout ça à un moment donné et toi, tu te dis que c'est quand même cher payé de se retaper une intro sans fin alors que t'es là pour voir Liam Neeson éclater des mecs.
J'aurais dû commencer à me dire que ça sentait mauvais dès cette intro mais je sais pas. La salle de 500 places était blindée. Tout le monde était chaud. Les bandes-annonces avant le film étaient même pas un minimum intéressantes. Qui veut voir un énième James Bond ou le cinquième Twilight ? Nah, tout le monde était là pour le film. Tout le monde était là pour voir Liam Neeson défoncer des Albanais comme dans le premier.
Putain si on avait su, on aurait été voir autre chose ou alors on serait restés à la baraque.


Le problème de Taken 2 c'est qu'il annihile les rares qualités du 1 en te faisant te dire que le gars est pas si balèze que ça mais qu'il a juste de a chance de tomber sur des méchants trop ineptes pour lui. Je te parle de méchants qui laissent le gars téléphoner tranquillement. Je te parle de méchants qui ne le surveillent pratiquement jamais alors qu'apparemment, sur Paris, il avait niqué toutes leurs familles de merde. Des méchants qui savent pas viser. Ou alors ils visent trop bien vu qu'ils ne loupent jamais les murs. Pour ça, c'est des boss.
En plus de ça, ils ont des looks et des gueules à finir dans L'Amour Est Dans Le Pré à essayer de pécho une conne pour bosser avec eux et coucher avec eux. Quoique pour le coup, les gars du film sont moins cons : ils kidnappent des blanches bonnes (et vierges) pour les baiser. Enfin les vendre. Enfin là, ils font rien, ils regardent le foot en mangeant des grecs dans des tortillas. Ça se trouve c'est des falafel comme font les feujs du Marais. Le truc on fait pas plus dégueulasse, ils mettent des aubergines et des trucs encore plus dégueux que ça dedans, c'est chaud mon gars. Le film se passe au pays du grec et tu vois pas une viande tourner. Et ça essaie de discuter avec nous.
Pour en revenir aux méchants, ils veulent juste se venger de Liam Neeson mais comme ils sont aussi à moitié islamistes, ils sont super cons et au lieu de le buter direct, ils veulent l'amener dans leur village dans un trou de merde et faire un rituel on dirait. Laisse tomber. Le chef des méchants, c'est une blague, il veut venger son fils et c'est tout. On lui explique bien que son fils était un paradigme de tout ce qui se fait de pire (kidnappeur, vendeur de mineures à des cheikhs Arabes, fan de Joss Whedon : une vraie merde quoi) mais il s'en fout, il veut le venger.
Et si tu veux continuer à rigoler, t'as son bras droit. Alors lui, on te le vend comme étant la brute épaisse, c'est lui le vrai méchant même, tu sais que c'est contre lui que Liam Neeson va se taper mais le gars est jamais menaçant. Il passe le film à jouer avec des ciseaux Maped tout nazes et le pire truc qu'il fait c'est de couper un gilet avec. Sinon au début, il montre à un gars à qui il veut soutirer un renseignement un ours en peluche et le gars hurle à la mort.
Le grand méchant de Taken 2 est un mec qui menace des ours en peluche avec une paire de ciseaux à barbe.

En plus de ça, ces Albanais ont l'air d'être musulmans mais c'est même pas drôle vu que le gars a filmé la Turquie comme si c'était l'Iran. Normalement les meufs Turques sont grave bonnes, TMTC, c'est un peu comme les Roumaines dans le genre secret le mieux gardé des pays a priori tout nazes. Quand on te dit Roumanie, tu penses aux connards aux dents en or qui te cassent les couilles dans le RER avec leur petit papier et quand on te dit Turquie, tu penses à de gros moustachus qui s'appellent Memet, ont des noms de famille avec plein de lettres sur lesquelles y a des umlaut et te préparent des grecs.
Ben dans Taken 2, les meufs elles ont toutes des burqa intégrales. On se croirait en Afghanistan. On dirait les meufs pour qui c'est Halloween ou la convention cosplay de Casper toute l'année. Et c'est pas la meuf de Lost ou la meuf de Nip/Tuck qui ressemble plus à un vieux transsexuel maintenant que quand elle en jouait un dans Nip/Tuck qui arrangent les choses. Ça sert à rien d'aller voir ce film pour voir les meufs. Pour ça y a que les films de Michael Bay ou produits par ses soins qui savent te rincer à tous les coups. Ou sinon t'as la série Nikita qui en a pour tous les goûts en plus d'être mortelle.
Mais on est pas là pour se la jouer "sur qui vais-je me branler ce soir", on parle de Taken 2. De toute façon, tu sais quand tu vas voir Taken 2 que tu vas pas voir Taken 2 pour les meufs. C'est comme quand tu joues à Mario, c'est pas pour voir le cul de la princesse. Cette salope n'est que le prétexte pour éclater la gueule des méchants, sauter sur des trucs, hisser des drapeaux et tomber dans le vide. Taken c'est pareil : les meufs sont des prétextes pour voir Liam Neeson défoncer des mecs.

L'énorme problème, la banane, la carotte, la pilule, la disquette, le blu-ray même, c'est que le seul truc qui aurait dû être cool dans le film, les tapes quoi, est complètement raté. J'avais pas encore parlé de la réalisation du film parce que je me réservais ça pour cette partie du texte. Le film est réalisé par Olivier Megaton qui même s'il a un nom presque cool comme Megatron des Transformers est un homme qui a la chance de ne faire que des merdes mais de réaliser des films à un rythme très régulier depuis qu'il a retrouvé Besson. Exit. La Sirène Rouge. Le Transporteur 3. Colombiana. Taken 2. C'est un peu le Kubrick du cinéma d'action. Il est perfectionniste dans son genre. Il fait tout pour saboter et saloper ses films le plus possible et de la façon la plus irrémédiable qui soit. Je sais pas si tu te souviens des Russes et de la politique de la terre brûlée. Lui c'est un peu ça avec ses films. Il doit recevoir, lire les scénars qu'on lui donne et se dire "putain, on se fout de ma gueule ou quoi là ? ils vont voir" alors il décide de s'accroupir, chier sur le truc et le filmer en mode instagram pendant 1h30.
Le pire c'est que ça fait pas mal d'entrées à chaque fois.

On s'était bien marré avec Avengers, le film en 1.85 qui alternait trois valeurs de plans et était quasiment tourné que en dutch angles (ces plans en biais sensés faire passer plein de trucs utilisés avec parcimonie mais que des esthètes comme Whedon ou le gars qu'avait fait Battlefield Earth trouvent cools parce qu'on les voit pas souvent, à raison, alors ils se disent qu'en faisant que ça, on louera leur sens du cadre mais… échec.). Ben avec Taken 2, tu te marres moins. Le problème c'est pas que le gars a que trois ou quatre idées de plans, c'est qu'il a une dizaine d'idées de plans pour chaque plan et qu'il te balance tout dans le montage final. Une simple scène de dialogue devient la foire, t'as limite trois plans par phrase. T'as même pas le temps de te dire qu'il y a des faux raccords ou quoi vu que t'as même pas le temps de te rendre compte qu'on arrête pas de bouger pour rien. Je veux dire par là que multiplier les plans dans une scène de dialogue, c'est cool si tu montres des détails, des petits gestes ou ce genre de choses mais là, nan, rien de tout ça, il se centre sur le nez des acteurs puis sur le profil, puis il change d'axe parce qu'il a envie. En gros, tout le film est monté comme quand tu fais le con sur le mode réalisateur de Driver sur PlayStation. Autant te dire que c'est du taf de manouche et que c'est ni fait, ni à faire.
Si j'ai commencé par le carnage des scènes de dialogue, c'est pas pour rien, c'est pour te poser le décor et que tu puisses commencer à flipper proprement parce que oui, les scènes d'action ont subi le même traitement et non, je vois pas pourquoi il se serait gêné. Quand t'as la thune et le temps pour poser plusieurs caméras, filmer un truc sous tous les angles et le monter n'importe comment, faut pas te faire chier, fais-le. Surtout si tu pars du principe que tes films précédents ont bien marché et que tu te persuades que c'est grâce à ton oeil de sphinx (au moins, le lynx vaut plus rien) et pas grâce au matraquage publicitaire ou à l'aura de la franchise que tu niques.
Les combats, tu sais pas trop ce qui se passe. A la limite, en étant de très bonne humeur, tu peux te dire que le gars a voulu faire du Paul Greengrass mais ce dernier malgré sa réalisation à la limite de l'abstraction ne te perdait jamais parce qu'il te reconstruisait l'action avec le son. C'était très sensoriel comme approche. Les images et les sons t'attaquaient mais t'étais jamais perdu. Revois la poursuite à la fin de La Mort dans la Peau et tu verras que je raconte pas de conneries. Si tu regardes le truc sans le son, tu vas te dire que le monteur est hyperactif et qu'il s'est fait une overdose de redbull mais après, regarde la même scène avec le son et tu vas kiffer. C'est presque physique comme montage. C'est mortel. A la limite, tu peux presque fermer les yeux et juste écouter et tu capteras mieux ce qu'il se passe qu'en regardant la scène.
Le truc c'est que dans Taken 2, t'as des combats et une poursuite en caisse mais c'est n'importe quoi. Les combats, t'as pas de sang, pas de bruitages bien crades qui te feraient comprendre qu'il brise les bras des mecs ou des trucs du genre. T'as juste de minables "pif, paf, pouf" qui te donnent l'impression que les gars ont monté les répets pour le film. Même des gros coups de bâton dans la tête ne font pas de vrai bruit. Tu mettais un bruit de crâne qui craque et sans mettre de sang, sans te foutre dans la merde avec le CSA, t'étais bien et tu nous faisais chier mou ou au moins sentir nos couilles se rétracter autant que nos poils parce que ça aurait fait mal. Mais non, rien de tout ça. Pif, paf, pouf.
La poursuite en bagnole, c'est un taxi contre des caisses, tu comprends qu'il y a une poursuite, t'as 50.000 plans qui servent à rien. Genre la meuf tourne à gauche. Le gars te fait un insert sur le volant qui tourne à gauche. A droite ? Pas  de problème, insert sur le volant qui tourne à droite. C'est même pas que y a des inserts pour rien, c'est que c'est tellement mal foutu et apparemment pas vraiment pensé que t'as l'impression que la poursuite n'est faite que d'inserts. C'est qu'une successions de plans de quelques images dans un maelstrom de bruits et de "fureur" mais c'est pas composé comme pouvait l'être ce qu'on avait vu dans les Jason Bourne de Greengrass. Et ça se voit vite. Sans maîtrise, la puissance n'est rien.
Et tu risques de t'endormir.
Ma soeur s'est endormie pendant Taken 2. Faut le faire. Le drame, c'est que le film est sans doute moins radin en action mais c'est tellement mal foutu et pas mis en valeur que tu t'en branles complètement et tu passes plus de temps à regarder l'heure sur ton téléphone et à préparer ta vanne pour quand la lumière se rallumera qu'à suivre ce qui se passe à l'écran. Tu vois le niveau.


Ajoute à ça des conneries tellement énormes que même un gars qui aurait un peu bossé sa mise en scène se serait retrouvé face à un mur devant de telles inepties et tu sais que Taken 2 était foutu. D.O.A. le merdier. Je vais essayer de faire une liste mais je risque d'oublier des trucs. L'histoire du film c'est que Neeson et sa femme sont kidnappés et c'est sa fille qui va lui donner un coup de pouce pour le relancer dans les affaires. Bon, pourquoi pas.
Le truc, c'est que pour le retrouver, le gars a pu garder un mini-téléphone portable et pendant sa captivité pendant laquelle personne ne le surveille, il appelle sa fille et lui dit de jeter des grenades un peu partout en ville comme ça, lui, il la repère par rapport au son et à l'écho et il peut savoir à peu près à quel point ils sont éloignés l'un de l'autre. Le GPS à la grenade, ça a été le premier truc qui a fait que la salle a commencé à se demander si le film était sérieux ou s'il voulait juste prendre dix euros par personne et leur dire d'aller se faire enculer avec le sourire.
Y a une meuf enceinte qui s'est barrée à ce moment-là. Elle a dû se dire que son gosse allait naître avec de putains de lésions cérébrales s'il restait plus longtemps exposé à des conneries pareilles.
Surtout que juste avant t'as Liam Neeson qui a été attaché avec une ficelle en plastique juste à côté d'un truc coupant donc autant te dire qu'en deux minutes, il s'est libéré.
Un truc qui m'a bien fait marrer c'est la fille de Neeson qui prend le volant pour une poursuite de ouf en plein Istanbul. Apparemment la meuf était une merde en conduite aux USA vu qu'elle avait raté le permis de conduire mais ils laissaient entendre qu'elle était pas si nulle mais bon, elle conduisait sur une automatique donc c'était facile. Mais là, en Turquie, c'est une putain de Mercedes à boîte manuelle et la meuf te conduit ça comme si elle était possédée par le Transporteur en personne. Des 180°, des marche arrières enragées, des pointes de ouf et j'en passe. En vrai, la scène ça aurait été genre :

CONDUIS SALOPE !
MAIS JE SAIS PAS !
VAS-Y !
OK !
*elle cale*
VAS-Y MERDE !
*elle re-cale*
Liam Neeson sort de la caisse et préfère tenter sa chance à pieds, sa fille se prend une balle.

Mais non, elle s'en sort comme un chef. Je m'attendais à une punchline genre "t'as bien mérité ton permis" ou une connerie comme ça mais ils ont pas osé. En même temps, ils auraient pas été à ça près. Mais les Taken sont pas des films à punchline.
La poursuite se termine avec le taxi de la famille Neeson qui défonce la porte d'une ambassade, enfin surtout la cabane des gardiens de l'ambassade au lieu de juste niquer la barrière ou essayer de sonner à la porte vu que plus personne les poursuit, et reste dans lacour et personne vient leur dire quoi que ce soit et ils ont le temps d'avoir un bon moment de rapprochement père-fille de trois ou quatre minutes alors qu'ils viennent d'entrer dans l'ambassade américaine comme une bande de salamistes après avoir vu le Scary Movie de Mahomet là. Et il a le temps de passer un coup de fil et de ressortir tranquillement. Personne ne dit rien. Pourquoi ? Parce qu'il vient d'appeler son pote qui jouait au golf à L.A. Et ouais, c'est ça d'avoir de vrais potes.
Pendant ce temps, le mec y a son ex-femme qu'est toujours retenue en otage mais il retourne nonchallement la chercher. C'est rien. C'est un film où les méchants sont étrangement arrangeants. Ils attendent que le gars soit bien disposé avant de faire quoi que ce soit. Ils le laissent passer des coups de fil. Ils ont l'air de faire exprès de pas viser ou de pas le frapper trop fort. Avec des méchants comme ça, t'aimerais bien être dans la merde tous les jours.
Un autre passage marrant c'est quand il sent le kidnapping arriver et qu'il dit à sa femme un truc genre : "prends à gauche, puis à droite puis marche sur une dizaine de mètres en tenant ta droite puis tu prends la deuxième à gauche et la troisième à droite avant la porte rouge et là tu rentres dans la boutique de tissus puis tu sors par derrière et t'appelles un taxi". La meuf est en panique, il se prend pour mappy.fr et le pire c'est qu'elle arrive à suivre toutes ses instructions mais elle est baisée parce que y a un cadenas à la porte qui mène à la rue et les meufs en burqa veulent pas l'aider parce qu'elles doivent se dire que c'est une pute infidèle avec ses cheveux au vent.
On arrive à la fin, grosse fusillade dans une maison vide où le méchant a passé quasi tout le film à attendre alors qu'il disait partir chercher la fille de Liam Neeson mais je pense que le vieux aimait se prendre pour une pub merdique dans GQ assis dans son fauteuil avec un piano écrasé derrière lui dans cette grande pièce à haut plafond et superbement éclairée. Il devait se dire "putain c'est classe Istanbul, c'est mieux que mon putain de village, tu crois que ça fait combien si j'appelle Stéphane Plaza pour qu'il m'arrange le coup pour l'acheter".
On arrive au combat de fin surtout. Là, ça devient Mortal Kombat. C'est Liam Neeson contre le mec aux ciseaux Maped. Ils sont dans une espèce de bain public mais les deux mecs montent sur un petit podium et se tapent là dessus. La tape est pourrie. Il se passe rien. Ils se rendent les coups. Puis le méchant se casse le cou mais tu te dis qu'il est pas mort et qu'il prépare un coup de pute et qu'il va se réveiller parce que ce serait trop con comme mort mais nan, plus rien n'est assez con pour Taken 2 et le gars se relève pas. Mais je t'avoue que j'ai eu le doute pendant un bon moment.
Et enfin, la confrontation avec le chef des méchants. Liam Neeson, 60 ans, mais il les fait pas alors ça va contre un vieux qui s'approche des 70 piges et qui, lui, fait son age. Tu sais qu'ils vont pas se taper. Ce serait pas crédible. Même pour Taken 2. Alors ils discutent, le vieux tente un ultime coup de pute mais Liam avait prévu le coup en lui filant un flingue vide. Liam pas content. Il attrape le vieux et il lui pose la tête contre le mur et ça tue le vieux. Comme ça. Franchement on était 500 dans la salle et je crois que personne a compris ce qu'il s'est passé. Y a eu des rires. Des "qu'est ce qu'il lui a fait ?". Beaucoup d'interrogations donc. Mais personne ne sait ce qui s'est passé. Il lui a touché la tête et pouf le gars est mort ? Le méchant avait p'têt l'arrière du crane allergique au carrelage sur le mur et ça l'a tué de le toucher ? Je sais pas. On saura jamais. P'têt il lui a enfoncé la tête dans un truc qui dépassait genre une bite mais on a rien vu donc on saura pas.
Voilà, t'as vu Taken 2. Y a un épilogue bidon où toute la famille déguste un milkshake avec en prime le copain de la fille de Neeson qui s'amène et ça se termine avec la chanson de merde de la pub Internet Explorer dans laquelle y avait Avengers, comme quoi la merde reste avec la merde et qu'elle s'éloigne jamais trop.

Le plus triste dans tout ça c'est que notre salle était blindée. Que le film a fait un million d'entrées en France en 5 jours. Qu'il a rapporté 50 millions de dollars aux USA. Et que malgré le fait que personne n'ait aimé le film, ben tout le monde va le voir quand même. Comme quoi, c'est beau le ciné quand ça s'y met.

lundi 1 octobre 2012

Les nouvelles séries TV de 2012

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Comme l'année dernière (ou l'année d'avant, je sais plus) je me suis dit que j'allais tester quelques séries TV histoire de voir ce que ça racontait et c'est pas glorieux. C'est pire que la dernière fois.



Je sais même pas pourquoi j'ai regardé ça.
J'ai dû me rappeler des bons moments que Mindy Kaling a eu dans The Office sans réaliser qu'à petites doses ça passe mais que 22 minutes hebdomadaires de Kelly Kapoor, c'est le genre de tortures qu'on inflige aux gars d'Al Qaida, un truc tellement crade que même dans Homeland on t'en parle pas.
Devant le pilote, tu te rends compte que c'est pratiquement tout à fait ce à quoi tu t'attendais. Pourtant, l'intro était cool. Malheureusement, ça a l'air d'être la seule partie du truc à avoir été travaillée. Y avait presque un esprit Don't Trust The Bitch In Apartment 23 qui aurait bien besoin de la thune que y a dans les autres séries pas drôles pour nous offrir quelque chose d'encore plus raffiné et moins cheap que ce qu'on a mais on est pas là pour parler de ça.
Passé l'intro, c'est pas génial. Certes y a des petites références marrantes ici et là mais si les références faisaient une série, Community serait Sur Écoute. Les persos secondaires qui sont souvent le truc qui cartonne dans les séries comiques avant de te saouler (cf Barney, Ari Gold et j'en passe) sont pas géniaux pour ne pas dire insipide. Ça fait une heure que j'ai regardé le truc et je me souviens que d'un personnage secondaire qui a une bonne vanne genre "tu sais ce qui t'irait bien ? huit kilos de moins." quand la meuf cherche une bonne tenue pour son rendez-vous du soir. C'est le seul truc qui m'ait fait rire en vingt minutes mais je suis un fumier d'enfoiré, c'est normal.
En gros, imagine New Girl avec une grosse pakpak à la place de Zooey Deschanel et tu peux avoir une idée du carnage.




Si t'as déjà tendance à piquer du nez devant Boardwalk Empire mais à te faire violence pour ne pas t'assoupir et tomber dans un coma au stade le plus profond qui pousserait ta famille à te débrancher pour faire des économies sur l'électricité : regarde pas Vegas. C'est aussi chiant, aussi emprunté, aussi fake sauf que tu peux faire une croix sur le sang, les seins et la mise en scène classicicopoussiéreuse.
Reste que c'est cool de voir la boule de billard de Vic Mackey jouer un mafieux véner, triste de voir Dennis Quaid (En Bonne Compagnie 4ever) réduit à faire de la télé sur CBS et sinistre de se rendre compte que c'est le mec qui a contribué à écrire Les Affranchis et Casino à la tête de ce futur naufrage.
Je veux dire par là qu'on connaît tous la réputation sulfureuse de Las Vegas : du cul, du vice et de la violence. Comment veux-tu retranscrire ça sur la télé tous publics ? Je vois pas le combat de la famille de cowboys contre les mafieux dépasser le stade de Shériff, Fais Moi Peur à Boardwalk Empire. Si ça avait été un minimum cool, j'aurais pu continuer à regarder mais comme tu passes ton temps à appuyer sur la durée écoulée pour qu'elle t'indique combien de temps il reste et que faire ça réussit à être plus fascinant que ce qu'il se passe dans le mp4, autant te dire que je vais vite arrêter les frais.




J'aimais bien ce que faisait Ryan Murphy. Malgré ses errements, Nip/Tuck reste ma série préférée. Je continue à penser que le truc le plus sinistre qui soit arrivé à ce mec, c'est qu'ils l'aient pas laissé faire sa série Pretty/Handsome et qu'après ça, c'est devenu un gros vendu et qu'il a commencé à faire honneur à son orientation sexuelle en nous balançant Glee à la gueule comme les chimpanzées essaient de balancer leur merde sur les connards de touristes et de gosses venus les regarder.  Et là, après Glee, après le canular American Horror Story, il nous sort The New Normal.
Une sitcom sur un couple de gays dont un bien flamboyant comme t'en vois plein en vrai alors que tu croyais que ça existait qu'à la télé ce genre de caricatures et qui va faire redevenir hétéro des gens et qui veulent un gosse et qui se soucient pas comme nous autres en France de savoir si la Loi va passer ou pas et si ça valait le coup d'élire François Hollande ou si l'enculade continue comme elle a commencé depuis qu'on existe mais tant pis puisqu'on aime et qu'on est là pour ça. Bref, ils se paient une mère porteuse dont la mère ou la grand-mère est casse-couille genre républicaine de choc et malgré que l'épisode dure 20 minutes, c'est encore un de ces trucs dont tu passes les trois-quarts du temps à regarder défiler le compteur qui te donne l'impression qu'il se passe plus de trucs qu'à l'écran.
C'est pas drôle, c'est niais, t'as l'impression que les scènes de dialogue sont tournées comme si on était dans un Jason Bourne avec des recadrages/décadrages/vagues zooms dégueulasses. Ils ont tous des sales gueules, ils font tous peur. On dirait que c'est ça la nouvelle saison d'un vrai American Horror Story et que American Horror Story va continuer à être la vraie comédie de Ryan Murphy. Y a rien de drôle, j'ai à un moment cru que ça allait être cool quand t'as la scène du jardin d'enfants avec des muets, une naine et tout le bordel mais ça sert à rien. On dirait un truc qu'a dix ans de retard. Ça m'aurait pas intéressé à l'époque mais là, ça m'intéresse encore moins. Qu'est ce qu'on a à nous raconter sur la normalité à l'époque où les gens regardent Secret Story comme si c'était Le Nouveau Testament ?
Franchement, c'est laid.
Le seul truc pas laid c'était la Chinoise avec de gros seins et pourtant, j'ai pas chopé la fièvre jaune comme les 3/4 des gars du 9-4. C'est dire.



Mais bon, t'as vu, je mitonnais pas. Je mitonne pas avec ça.




Tu vois le titre et l'affiche ? Ben c'est ni plus ni moins ce que t'auras. (Encore que l'affiche est cool). Ça sert à rien de regarder. Regarde Questions Pour Un Champion, t'apprendras deux ou trois trucs au moins.




J'attendais pas grand chose de ce truc là vu qu'à part The Shield, le gars n'a à son actif que des séries plutôt bidons (surtout The Unit à ne pas confondre avec G-G-G-G-Unit de 50 Cent) et au final, c'est pour le moment le pilote le plus cool que j'ai vu cette année mais comme j'en ai vu que deux avant ça, ça pisse pas loin comme point de comparaison.
On te vendra la série comme étant un mix de USS Alabama et Lost et on n'aura pas forcément tort mais on sera loin d'avoir raison. Le seul conseil que je vais te donner, c'est d'être ce que je suis jamais : patient. Laisse passer les dix premières minutes, on te présente les personnages, pas forcément très bien mais au moins, c'est fait et on peut enchaîner sur la suite qui rattrape bien le niveau.
C'est bien simple, t'as de quoi faire tenir quatre saisons de Breaking Bad dans la demi-heure qu'a suivi cette intro poussive. Il se passe un max de trucs qui te donnent envie de savoir ce qu'il va se passer parce que, honnêtement, comme postulat de base pour une série TV, j'ai jamais vu ça et je suis à la fois curieux de voir où on va aller et anxieux de voir à quoi tout ça va mener.
T'as autant de quoi faire un truc mortel qu'un truc chiant à crever blindé d'épisodes bouche-trous qu'on risque de même pas avoir le temps de voir venir car il semblerait que les audiences soient assez faibles pour justifier une annulation précoce de la série. En attendant, ce premier épisode était tellement cool et prenant que j'ai envie de donner sa chance à cette histoire et voir où va voguer le navire.




Ça, j'ai pris, je sais même pas pourquoi. Tout ce que j'ai vu de Matthew Perry, c'est genre trois épisodes de Friends et Mon Voisin Le Tueur. Une merde sans nom. C'était la première fois que j'allais à la Fête du Cinéma de ma vie, j'ai failli arrêter d'aller au ciné après ça. Et j'ai quand même pris Go On parce que j'avais lu que c'était une série comique qui faisait exprès d'être pas drôle et vu que depuis Community, c'est ma grande passion d'assister à ce genre de trucs, je me suis dit que j'allais tenter le coup.
On nous parle donc de Matthew Perry qui a une gueule bizarre, il ressemble au gars qui jouait dans ScoobyDoo, qui présente une émission de radio et dont la femme est morte et qui doit aller à un groupe d'entraide pour gens endeuillés. Et… c'est tout.
Déjà, c'est réussi. C'est pas drôle. Le drame, c'est que quand ça essaie d'être drôle, ça fait pitié et quand ça essaie d'être triste, c'est là que ça devient drôle. On dirait une pendule cassée qui serait même pas foutue de dire la bonne heure deux fois dans la journée. Le perso principal, tu crois pas une seconde à son bordel. Il ressemble aussi à une sorte de Tom Hanks chelou. T'imagines quand tu fais une série et que tu mets le paquet pour le pilote et que tout le monde sait que c'est souvent le meilleur épisode et qu'après tu deviens feignant et tu te reposes sur tes lauriers mais face à des trucs aussi claqués, c'est chaud. C'est le moment où tu te dis que les autres projets soumis aux chaînes devaient vraiment être à chier pour qu'on en arrive là. C'était embarrassant à regarder. Je me suis dit que si je me faisais serrer par Hadopi à cause de ce truc là, je pourrais plus jamais me regarder dans la glace sans vomir après. C'est dire.
Le seul truc, c'est que la thérapeute de leur groupe est vaguement bonne mais bon, on va pas se faire chier à regarder ça toutes les semaines pour ça.



C'est pas la Chinoise la thérapeute hein. On revient à une représentation réaliste de la femme asiatique dans cette série.





zzzzzzZZZZZZ
Faire plus bidon que les films de Guy Ritchie avec Christian Clavier et Jude Law : c'est possible.


Il me reste Arrow, Emily Owens MD et Chicago Fire à tester mais ça passe dans longtemps. Arrow, je me dis que ça pourra pas être pire que Smallville. Emily mes couilles me fait penser à Scrubs de très loin mais je sens que de près, ça va me faire penser à ce que je vois dans les chiottes quand je me la joue contrôleur qualité après avoir chié un truc qui m'a fait penser au Taj Mahal ou à ce que ça ferait physiquement d'être gay. Et Chicago Fire risque d'être claqué à mort et tout naze mais depuis que Rescue Me est fini, les histoires de pompiers me manquent mais je sens tellement mal ce truc que je sens que je vais plutôt revoir Rescue Me plutôt que m'infliger ça.

mercredi 27 juin 2012

Si on te vendait de la merde, l'achèterais-tu ?

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Je me posais cette question alors que la sortie de The Amazing Spider-Man approche à grands pas.

Oui je me pose de drôles de questions. Mais c'est pas plus con que se demander si on peut s'autosucer ou si Michael Jackson est vraiment mort.


Mais qu'est ce que c'est The Amazing Spider-Man ?
C'est un reboot qui a été lancé genre moins de dix ans après la première vraie itération cinématographique par Sam Raimi qui, certes a fait des adaptations mignonnes, voire mortelles sur le plan de la réalisation et cie mais limite intenables sur le plan du cucul et tout le bordel. Qui n'a jamais eu envie de buter l'Oncle Ben lui-même dès sa première scène ou de foutre le feu à la vieille Tante May genre "canicule surprise, biotche" à chaque fois qu'elle se mettait à raconter ses conneries ? C'était pas des films parfaits ou quoi que ce soit, loin de là. Mais sérieusement, au niveau de la morale, faire un reboot moins de dix ans après d'une saga qui n'en avait clairement pas besoin et qui aurait pu continuer, nous montrer le personnage installé dans sa vie d'adulte ou autre chose, c'est quand même moche et c'est pour ça qu'il faudrait boycotter.
Après je sais que dans les comics, ils font tout le temps des reboots mais les bouquins et le ciné, c'est pas pareil. Entre un bouquin qui sort tous les mois et que tu lis aux chiottes en un quart d'heure et un film qui dure trois plombes et qui sort tous les trois ans, y a une différence. Surtout que ces fumiers vendent ça comme étant "THE UNTOLD STORY" qui commence. L'histoire pas racontée. Alors qu'on sait tous qu'au fond ça sera la même histoire mais avec la go blonde à la place de la go rousse, que le tonton va claquer et que l'autre va devenir un super-héros et se taper contre un méchant vert pour régler son complexe d'Electre ou Oedipe ou je sais pas qui et il va encore falloir deux heures pour nous raconter ça. En plus, il paraît que la scène post-générique, le truc sensé nous mettre l'eau à la bouche pour revenir la fois d'après est déjà dans la bande-annonce. La classe. Après comme ils ont sorti genre 50 bandes-annonces, bonne chance pour trouver dans laquelle c'est. Garde la pêche comme disent les fans de Booba aux contrôleurs à Chatelet.
Mais c'est comme ça que fonctionne ce qu'on appelle la " " " " " " " " culture " " " " " " " " " " geek, ce truc composé d'oeuvres tellement underground, inventives et visionnaires que, du moins au ciné, ce n'est que adaptations, suites, remakes et reboots. Donc niveau culture, on a vu mieux mais là n'est pas le débat même si ce serait marrant de reparler de Avengers pour arriver à "han mais ta gueule Avengers c'est le plus gros succès du cinéma ever, c'est que c'est bien", ce qui pourrait nous laisser à penser que McDonald's est le meilleur restaurant au monde si on suit cette logique et y aurait encore cinquante commentaires en dessous d'un article tellement mortel qu'il en a fait cauchemarder du monde.


The Amazing Spider-Man, c'est un film qui existe pour que Sony garde les droits du personnage car sinon ils arrivaient à une sorte de date de péremption car ils ont passé trop de temps sans faire de film avec le tisseur donc ils auraient été dans la merde et ils auraient pleuré et ils auraient été obligés de lâcher un Men In Black 4 ou un reboot de SWAT donc ça aurait été chaud. Autant pour nous que pour eux.
The Amazing Spider-Man, c'est aussi le film pour lequel le transsexuel Emma Stone a signé pensant jouer le rôle de Mary-Jane Watson et on lui a annoncé après qu'elle jouerait Gwen Stacy.
Mais c'est gratuit ça, car il est vrai que c'est normal de lancer un film sans avoir de scénar, c'est classique, ça arrive tous les jours et malgré la croyance populaire, oui, on sort même des films sans scénar genre Men In Black 3 récemment justement.
A part ça, on a remplacé un acteur avec un prénom de clébard, Tobey Maguire pour les distraits, par un acteur avec un nom de chat dont le seul bon rôle aura été dans Social Network où sa tronche de fils à papa baltringue était tellement parfaite qu'il avait presque rien à jouer. Après t'as ses autres prestations genre Boy-A ou Never Let Me Go et tu te marres moins, on dirait ces actrices bidons qui passent leur temps à pleurnicher sauf qu'elle serait dans un corps de mec. Imagine le merdier quand Uncle Ben's va crever cette fois.
Pour les scénaristes, je sais pas qui ils ont pris mais tant qu'ils embauchent pas les singes de Prison Break pour écrire ces films, on est pas prêts de se marrer. Je sais même pas pourquoi ils s'obstinent. Enfin, le réalisateur, c'est Marc Webb, ça tombe bien vu son nom, c'est le genre de gars qu'était voué à tisser les toiles qu'on irait se taper au ciné ensuite. Reste que son seul fait de gloire au ciné, c'est 500 Jours Ensemble et c'était sans doute plus le scénar que son illustration plan-plan, sortie de quelques scènes, qui rendait le truc sympathique mais t'auras bien compris avec Thor et Avengers que pour faire des films spectaculaires, il fallait avant ça faire des trucs anti-spectaculaires au possible histoire de rester raccord.
Ils doivent avoir un plan sur 30 ans chez Marvel et ils prévoient d'ici à ce qu'on soit à la retraite de faire un truc au moins à moitié aussi cool que Transformers 1. On dira ce qu'on veut de Sam Raimi et de ses Spider-Man mais ce gosse avait fait Darkman, un des meilleurs films de super-héros pas adapté d'un comics. Imagine le truc, une relecture super-héroïque du Fantôme de l'Opéra avec Liam Neeson dans le rôle du vengeur grand brûlé ! sisi la famille comme on dit.


Bon sinon, TMTC y a déjà eu un article mythique qui parlait de l'un des jouets débiles qu'ils vont sortir avec le méchant du film, qui ne l'est sans doute pas moins : Le Lézard qui est sur une moto Lézard avec des yeux de Lézard qui servent de phares et tout un tas de conneries mais vaut mieux revoir l'article en question. Ça fait jamais de mal de se replonger dans la lecture des grands auteurs.
Mais y a eu d'autres trucs débiles faits pour être sûr de pas te donner envie de voir le film associé à toutes les merdes qu'ils allaient tenter de vendre à côté.
Déjà y a eu ça :



Ne vous étonnez pas de trouver des gosses Noirs crevés au fond de vos piscines si vous jetez des jouets merdiques au fond de celles-ci. Et c'est pas moi qui ai photoshoppé les jouets sur un Latino qu'essaie de se noyer, c'est un truc officiel, c'est pas une connerie, j'ai pas de temps à perdre. Enfin si. Mais pas sur Photoshop, je suis pas graphiste wesh, tel Dyson, j'ai des aspirations dans la vie.
Regarde la gueule du méchant. On dirait les méchants du film de Super Mario.



On a aussi eu ces pubs pour un appareil photo Sony parce que ça tombe bien c'est un film Sony et pour te rappeller que c'est un film Sony et que c'est un appareil photo Sony ben y a un gars avec un t-shirt Sony au cas où. Faut vraiment être Japonais et avoir sniffé du jus de Fukushima pour en arriver là.



Qu'est ce qu'on apprend ici ? Que les voleurs sortent comme pour un braquage de fourgon pour voler les sacs de courses d'une vieille. Donc faites gaffe si vous achetez des bananes, un poivron et des croquettes pour chat : on pourrait vous les voler. Et derrière, t'as un con de chez Sony pour prendre une photo mais tellement caché qu'on sait pas s'ils veulent vendre leur appareil photo ou le film. Dans les deux cas, ça fait pitié. Imagine la gueule des gosses en écoles de pub qui se la racontent genre l'élite et tout le bordel et qui vont pondre des conneries pareilles ? Et encore, c'est rien comparé à cette pub là.



Là, c'est une autre dimension. Y a Spider-Man qui se fait prendre en photo par une go qui a le nouvel appareil photo Sony : un Nex. Elle a pas besoin de t-shirt Sony, comme elle est un peu bonne (et à deux doigts de se casser la gueule et s'éclater le cul sur les pavés), on sait qu'elle est là pour vendre l'appareil photo. Pendant ce temps, y a Spider-Man qui a été copié/collé de la photo précédente dans sa pose débile parce que bon quand t'as un truc de merde, autant l'exploiter trois ou quatre fois pour être sûr plutôt qu'essayer de le planquer. Mais comme si ça suffisait pas, y a un con à gauche avec un iPad qu'essaie de filmer ou prendre en photo Spider-Man ou alors de lui montrer une vidéo à la con ou un extrait de son film, je sais pas. On commence à comprendre que la pub veut nous montrer que l'appareil photo sert à prendre des trucs de ouf sur le vif mieux que le ferait un iPhone ou un Blackberry. Puis à droite, t'as un guitariste taré qu'a dû s'échapper de MySpace qui fait le zouave avec sa guitare branchée nulle part donc ça doit même pas faire de bruit et il tape une pose aussi débile que celle de Spider-Man mais lui, il a personne pour le prendre en photo. Ça fait donc pitié et ils auraient pu le couper parce que là, c'est seulement embarassant. Mais à la limite, c'est du marketing cross-produits en interne (ouais, j'ai jamais suivi de cours du genre donc j'invente des mots et on se comprend, bande de fumiers.)

Le drame, c'est que même sur les affiches, ils arrivent à faire de la merde.
Regarde-moi ça mon pote.



On a donc Spider-Man qui survole la ville. Enfin on devine que c'est Spider-Man vu que le mot d'ordre pour cette affiche avait l'air d'être de la cacher et on se retrouve genre avec une affiche en vue subjective. Spider-Man est tellement balèze qu'il survole New York et il est tellement balèze qu'il l'accroche où sa putain de toile ?
A un avion ?
Aux nuages ?
A la lune ?
Je vous laisse prendre les paris, j'ai même pas le coeur de le faire.

Comme tout ça ne leur suffisait pas, ils ont poussé le vice un peu plus loin.



Y a donc un joueur de base-ball qui a chié Spider-Man sur la télévision publique à une heure de grande écoute. Et Spider-Man est sorti de son cul, l'air de rien, comme quand il est en goguette entre deux bâtiments de New York, en plein milieu d'un boulevard et personne le remarque. Il était littéralement dans la merde. Dans la merde d'un mec. Dans la merde de ce mec.



Cet homme s'appelle C.C. Sabathia et il se marre comme un bossu au moment de faire la photo mais à l'instant T où le déclencher de l'appareil photo l'impressionne sur un fichier numérique, SiSi (La Famille ?) est loin de se douter qu'il va chier Spider-Man devant tout le monde. Sa mère, qui regarde tous les matches de son fils, regardait ça tranquillement et qu'est ce qu'elle voit alors que sa progéniture s'apprête à lancer la balle ? Elle voit Spider-Man sortir du cul de son fils. S'il en sort, c'est qu'il y est entré. Elle savait pas que son fils était pédé, avec Spider-Man en plus, et voilà comment elle l'apprend. Y a vraiment de meilleures façons de faire.

Bon tout ça, c'est de la gaminerie, c'est à peine de la vraie promo du film.
C'est mesquin ce que je fais là. Mais fallait le faire. Et je vais être honnête, je suis pas un rageux, j'ai quand même vu un truc mortel dans la promo. C'était ça.



Elle, comme par hasard, y a pas la marque, je sais pas où on peut l'acheter, si c'est chez Toys'R'Us ou quoi, mais ça, j'achète. Je veux bien aller voir le film si on peut en ramener une comme ça à la maison après. Pas de problème. Je veux bien payer ma place, payer le supplément 3D, tout ça avec du vrai argent et sans utiliser ma carte illimitée. Voilà à quel prix j'irai voir L'Amazing Spider-Man.


Sinon y a un gars qui galérait encore plus que moi et qui s'est amusé à mettre bout à bout tous les extraits déjà montrés. Y a quand même 25 minutes du film qui se promènent sur le Net. Ils savent tellement pas comment vendre leur truc, "grosse comédie ?" "merde à la Twilight ?" "on leur dit ou pas que ça sera comme celui de Raimi et sans doute en moins bien ?", qu'ils pêchent à la ligne et balancent des extraits divers et variés en espérant que ça finisse par faire illusion.
Le pire, c'est qu'ils se font chier pour rien vu que les gens iront de toute façon le voir. Quand tu vois que le gros succès de l'année hors dessin animé ça se tape entre Avengers et La Vérité Si Je Mens 3. Quand tu sais que ce même public est composé de ceux qui se saignent à Koh Lanta, Secret Story et Les Anges de la Téléréalité. A quoi bon essayer de leur vendre de la merde ? Ils y ont pris goût, ils en ont besoin, ils y sont accrocs. Ça sert à rien de se faire chier. Ça passera tout seul. Même votre Spider-Man décongelé, mal réchauffé, plein de salmonelle, d'herpès et de morpions, il va se vendre tout seul mais regardons quand même quelques extraits tous ensemble.



Bon là, l'émission US classique où ça se suce encore plus la bite qu'ici tout en réussissant à être moins drôle et avec en prime un public hystérique mais que les français ont l'air de préférer, sans doute parce que c'est en VO et que tout le monde sait que dès que ça parle anglais, c'est mieux.
Bref, tout ça pour nous montrer un extrait qui a l'air tout droit sorti de Twilight quand Kristen Stewart était assise à côté de l'autre taré en cours et qu'elle avait l'air de puer du cul vu la gueule qu'il faisait. Et là, on a donc Andrew Garfield, 30 ans, crédible lycéen sensé se faire victimer de tous les côtés qui est sans doute le plus beau gosse de sa classe de lycéens (sans doute attardés vu son âge) mais aucune meuf veut de lui. Comme ils se rendent tous compte que c'est pas crédible, même pour un film de super-héros juste fait pour que la boîte qui sort le film puisse garder les droits, ils se sont dits qu'ils allaient faire du perso un cassos et voilà le résultat : on dirait un autiste qui parle à une meuf pour la première fois. Il a l'air de sortir d'un C'Est Mon Choix sur les mecs affligés de TOC qui en prime seraient puceaux. Tu vois une scène de trente secondes et t'en as déjà marre.
C'est jamais bon signe ça.
On voit au passage que le perso est une espèce de rebelle de la société qui se met au fond de la classe pour griffonner comme les ados à problème qui dealaient des bonbons dans 21 Jump Street la série dans le temps. On a aussi vu entre temps que le perso était une sorte de hipster à lunettes doublé d'un de ces ados qui s'approprie la culture de ses parents genre "mon époque me comprend pas" à faire du skate alors que plus personne n'en fait et à traîner avec un t-shirt des Ramones. Une sorte de hipster. Qui dit hipster dit Instagram et voilà le résultat :



Ça se passe de commentaires ou de vannes. Elles ont déjà toutes dû être faites.



Puis t'as ça. Un bel extrait. Assez long. Quand je disais que l'acteur avait une tête de trou du cul, là on voit que même son perso a droit à ce traitement et il a l'air bien parti pour être le super-héros qui va laisser pleeeeeein d'indices à tout le monde pour qu'on découvre son identité secrète. Peter Parker, c'est une teen qui montre ses seins en twitcam. Peter Parker a deux buts dans la vie : avoir son bac et faire le buzz. En gros, le perso a l'air d'être un petit con.
Tu vois cette photo...



... et tu te dis que le gars sur la photo joue Flash Thompson ou un mec comme ça. Le perso pas cool qui conduit la grosse bagnole payée par papa et qui se la raconte pour rien donc. Il a trop l'air de se la raconter pour être honnête.
C'est quoi cette histoire ? C'est quoi ce bordel ? C'est rien, c'est qu'un extrait de Amazing Spider-Man. Un extrait de Amazing Spider-Man qui fait penser à ça.



Mais ne remuons pas le couteau dans la plaie, c'est pas charitable. C'est mieux de pisser et chier dans la plaie et faire le croche-pattes à une mémé aveugle qu'on pousse dans les orties avant de tirer au bazooka sur l'ambulance qui vient l'aider comme si c'était GTA donc n'oublie pas de faucher la thune de cette vieille pute qui vient de te sucer avant de partir.



Ah de l'action !! Bon, au passage, on voit que c'est le film générique qu'on a déjà vu 40.000 fois mais bon pourquoi pas une 40.001ème ? La go qui n'écoute pas ce qu'on lui dit et fait l'inverse de ce qu'elle devrait. Les figurants pas si effrayés que ça. Mais le point d'orgue, le moment en or, Spider-Man qui au lieu d'aller sauver sa meuf sort son iPhone et lui téléphone. Les scènes d'action 2.0. Sinistre.



T'as ce passage qui nous rappelle les plus beaux moments du mythique X-Men : Les Origines de Wolverine. C'était bien ça. Marvel triomphant. On se souvient de Wolverine dans une salle de bain avec ses griffes en 3D mal foutue qui cassait la salle de bain des vieux chez qui il se cachait. Et là, ben voilà, on refait la même chose, avec un subtil jet de dentifrice genre érection matinale puis après il casse un truc et un autre et il casse toute la baraque, histoire qu'on comprenne la blague. Et on a qu'un bout de la scène, on a pas tout, ils nous ont un peu épargnés là.



Après t'as ce passage qui fait pitié mais qui, sorti de son contexte en prime, touche presque au sublime et à l'abstrait. On sait pas ce que les mecs comptent vendre en montrant dix secondes comme ça mais ils tentent le coup. C'est bien.

On dit que les bandes-annonces et cie sont supposées montrer ce qu'il y a de mieux du film et que quand tu vas au ciné, tu paies pour le pire. Imagine la gueule du truc que tu vas aller voir quand le reste des 2h17 de film est bien parti pour être encore plus naze que tout ça. Laisse tomber. Va voir Safe, va voir Les Kaïras, paie-toi des vacances, résilie ta carte de ciné, fais quelque chose.

Il y a encore des gens payés pour dire que c'est bien comme avec Avengers mais moins que la dernière fois.
Il y a quand même quelques drôles de critiques comme celle où le mec dit que ce nouveau Spider-Man n'est pas aussi spectaculaire mais surtout qu'il n'a pas autant d'action non-stop que Avengers. Après avoir lu ça, j'ai passé la nuit au poste pour tapage nocturne tellement j'ai rigolé fort. Dans la taule, le mec qui venait de défoncer la gueule d'une pute qui s'était révélée être un mec m'a demandé pourquoi j'étais là, je lui ai dit que j'avais ri trop fort et que ça faisait chier les voisins, il m'a demandé si moi aussi j'avais trop rigolé devant le dernier bref, je lui ai dit que c'était de la merde et que nan, j'avais trop rigolé parce que je pense que les critiques ciné ne voient pas vraiment les films dont ils parlent et il m'a dit que le cinéma, c'était de la merde, sauf le film de cul de Canal + et même si j'aime pas le "cinéma" (ajoute plein de guillemets pour moi, j'ai pas le temps là) porno, j'ai failli tomber d'accord avec lui.

Tout ça pour quoi ? Pour un truc auquel personne ne croit, pas même ses initiateurs, qui ont déjà embauché d'autres gens pour la suite des événements. Ça fait même marrer Michael Bay qui s'est empressé de dire que son futur Transformers 4, même s'il s'affranchirait des trois précédents, ne serait pas un reboot "comme Spider-Man". En attendant, Sony veut bien discuter et laisser Spider-Man apparaître dans Avengers 2. C'est vrai quoi, un perso de plus dont l'arme fatale est la vanne de cour de récré quand t'as déjà cinq autres personnages dont c'est la fonction principale, c'est pas de trop. Mais pour ça, je risque de vous laisser rigoler tout seuls car pour ma part, Marvel au ciné : j'arrête les frais.

P.S. : pour le plaisir :

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