mardi 27 mars 2012

Hunger Games


J'ai essayé de lire Hunger Games alors que j'étais dans l'avion du retour du Canada et c'était tellement à chier (j'avais pourtant lu la moitié, ça se lit vite mais ça veut pas dire que c'est bien pour autant) que j'ai préféré passer le reste du trajet à rien faire et regarder les aures bouffons dormir et aller aux chiottes plutôt que continuer à me taper une énième histoire de jeune femme forte mais sensible au fond qui se bat comme Predator mais a un fond de princesse quand il le faut.
Histoire de pas mourir idiot, j'ai quand même lu la fin sur wikipedia histoire de voir et le côté "j'ai fait semblant de t'aimer pour qu'on gagne le jeu" faisait bonne blague mais pour le reste, c'était le genre de merde qui laisse une trace sur la porcelaine même quand t'as tiré la chasse d'eau. Désolé de pas être une ado de treize ans.
Y a ensuite eu les bandes-annonces qui ont joué la carte du "on va rien montrer des Hunger Games et juste montrer la mise en place, on va rassurer les fans tarées du torchon de Collins et avec de la chance, on va exciter les autres qui voudront voir le résultat". Ça a marché, du moins aux USA, vu le carton que fait le film là-bas. Mais d'après mon envoyé spécial à L.A., c'est le matraquage Hunger Games, t'en bouffes partout. C'est pas vraiment une surprise. Surtout quand on sait que y a plus que les gosses qui vont au ciné là-bas. De retour dans le 9-4, j'avais pas envie de le voir puis finalement j'y suis quand même allé vu que y avait rien à la télé.

Du côté de l'adaptation, j'ai pas assez de souvenirs de ma lecture pour entrer dans le détail mais à la vue du résultat, comme je me faisais autant chier à voir l'histoire se dérouler sous mes yeux qu'à la lire mal assis dans l'avion, je pense, sans trop m'avancer, pouvoir dire que c'est très fidèle.
On se tape une heure de les pauvres sont pauvres et ressemblent à des mormons et les riches sont riches et ils ont tous l'air de sortir d'une vieille version de La Cage Aux Folles. Pourtant au bout de cinq minutes, tu sais qui va participer aux Hunger Games. T'as Katniss Everdeen, jouée par les pomettes géantes de X-Men à l'École et de Winter's Bone, et t'as le fils du boulanger qui s'appelle Peeta (oh oh oh) et après, entre ça et la guerre, c'est une litanie de dîner et de scènes d'entraînement toutes plus cheaps les unes que les autres.
Là où le bat blesse, c'est que c'est jamais intéressant et jamais vraiment impliquant. Même si j'ai vraiment pas aimé le roman, on pouvait lui reconnaître une certaine efficacité dans sa façon de poser ses enjeux, l'héroïne faisant vivre sa famille et compagnie par ce qu'elle chasse et surtout la façon de rendre crédible l'univers de l'histoire et les divers quartiers en quelques paragraphes. Dans le film, rien. Heureusement que t'as lu le bouquin pour raccrocher les wagons et te reposer sur tes acquis sinon t'en auras pas plus.
Comme toujours, une adaptation, c'est une question de choix, les auteurs font parfois les bons, parfois les mauvais et ça pourra jamais contenter tout le monde (et surtout pas ceux qu'aiment pas le matériau de base et qui n'en ont donc rien à foutre, donc ouais, je sais que je suis biaisé, je sais que je suis un galérien de quand même être allé le voir et bla bla bli et bla bla bla). Là, j'ai eu l'impression que le film prenait un malin plaisir à s'apesantir sur les trucs les plus bateaux et déjà vus mille fois ailleurs en mieux pour survoler des petits trucs du bouquin qui pouvaient justement rendre crédibles les persos et leurs agissements, sans pour autant les rendre cools ou prenants, loin de là, mais c'était proprement fait, comme un bouquin de coloriage qui fournit les feutres et te met les numéros correspondants aux couleurs à utiliser.
Par exemple, on nous fait chier toute la première partie du film avec les fameux sponsors qu'il faut impressionner si on veut avoir des power ups et autres cadeaux pendant le jeu et au final, on ne verra jamais la gueule des sponsors et la seule manifestation de leur part, ce sera d'envoyer de la pommade magique qui soigne tout, même les débuts de gangrène apparemment. Et encore, on est même pas sûrs que c'est pas leur coach qui l'a envoyée vu que y a rien d'expliqué proprement. Ils auraient dû mettre de la pommade sur le scénar. On nous emmerde avec les sponsors et au final, ils servent pratiquement à rien.
Le traitement du coach, c'est pareil, il était assez ambigu dans le livre, se révélant petit à petit alors que là, c'est qu'un espèce de Capitaine Haddock sans ambiguïté. J'y pensais pendant le film et j'y pensais sur le chemin du retour mais le film est tellement mauvais qu'il donnerait presque envie de revoir à la hausse le bouquin qui malgré sa facilité et son apparent manque de subtilité apportaient quelque chose sur la manipulation du jeu et beaucoup de trucs qui ne sont là qu'évoqués mais jamais réellement exploités. Et le drame c'est qu'alors qu'il ne se passe quasiment rien de ouf, ça réussit quand même l'exploit de durer deux heures et demie.

En plus de tout ça, le film fait très cheap. Si ça avait été le pilote d'une série de la CW, ça aurait pas été très différent et on aurait sans doute eu de belles chansons du top 20 iTunes tout du long. Ça aurait donc été mieux. Pour ce qui est de la réalisation et la tronche du film, c'est ni fait, ni à faire. Tu regardes un épisode de Spartacus et ça a inifiniment plus d'ambition cinématographique que ça et pourtant, c'est ça qui passe sur une petite chaîne du cable.
T'as les effets spéciaux les plus crades depuis un bail. La scène de la robe de feu avec laquelle on te faisait chier dans le bouquin tellement c'était magnifique est ici une blague de bas étage. Le futur des riches ressemble à un mélange de catalogue Habitat et d'inspiration rococo tandis que les pauvres se sapent et vivent dans les fonds de cartons de La Petite Maison Dans La Prairie. Ça a couté 80 millions, ce qui est pas cher mais t'as l'impression que c'est encore trop cher vu le résultat à l'écran. On dirait un melting-pot de la TNT d'un Battle Royale pour enfants mélangé avec Man Vs Wild et des trucs faibles.
Pour la réalisation, on a de la shakycam tout le long. Pour ceux qui savent pas ce que c'est, c'est quand l'image bouge dans tous les sens comme si le cadreur se branlait sur l'actrice mais ça passe encore dans les scènes "calmes". Mais alors, dès qu'il y a de l'action, laisse tomber, en plus de secouer la caméra comme si elle leur devait du fric, les mecs n'ont rien trouvé de mieux que monter ça à la tronçonneuse. De temps en temps, tu te prends à voir des plans qui n'avancent à rien comme un plan sur des chaussures ou sur un bout de mur ou sur rien de spécial. Étrange.
Déjà que l'action du film n'a jamais rien d'excitant ou d'impressionnant, il ne restait plus que le côté un peu subversif de montrer des ados s'entretuer et peut-être "jouer" sur cette violence afin de mettre mal à l'aise les spectateurs venus assister à ce genre de spectacle immoral en connaissance de cause mais c'était trop demander et au final, y a rien de violent dans le film. Les giclées de sang sont désamorcées par la façon de filmer de Michael J. Fox, les mises à mort sont à la limite du subliminal et il faut toujours que ça joue sur l'effet sonore ou le montage pour vraiment vraiment vraiment atténuer le truc. S'ils avaient eu des couilles et s'en étaient complètement battues les leurs que leur merde ait du succès, ils auraient fait un vrai film de rageux avec des gosses qui s'entretuent comme l'Allemand et le Juif à la fin du Soldat Ryan. A la place, laisse tomber, t'auras rien.
Le plus drôle c'est de voir les salopes qui sont époumonées avec l'affaire Kony courir voir ça. Va pas voir ce film pour l'aspect vener Battle Royale et tout, t'auras rien. Pas d'action, pas de suspense, pas d'émotion, pas de frisson : rien. Déjà, t'as la moitié des gosses qui claquent dès le début des jeux (ça fait 75 ans que ça dure les Hunger Games mais ils ont toujours pas compris que ça servait à rien de courir vers les armes à part se faire buter direct ?), un quart qui crèvera hors champ/hors cadre/hors tout, les gosses vraiment méchants qui mourront en souffrant un peu et une gamine trop mignonne qu'ils auraient dû appeler le cadavre ambulant qui comme dans le bouquin crève dans un monument de pathos et de sentimentalisme. C'était d'ailleurs là que j'avais lâché le bouquin. A part ça, la chasse à l'homme se résume à dormir, marcher, dormir, marcher, dormir, marcher, mettre de la pommade, dormir et ainsi de suite. On a vu des parties de cache-cache à la petite école être plus enlevées.

On passe vite fait sur le fait qu'ils aient pas vraiment gardé la fin du bouquin. On les remerciera de pas avoir mis de voix off de la meuf qui était insupportable quand elle racontait sa vie de merde dans le bouquin et de nous avoir au moins épargné ça (même si ça a pas permis de rattraper ce qui déconnait dans le livre et on est quand même que sur son point de vue à elle). Puis on les remerciera pour le dernier plan du film, bien naze, bien à chier, avec le méchant qui fait une bonne tête de méchant pour nous dire "on se revoit l'année prochaine". Quelle merde.

6 commentaires on "Hunger Games"

Mark_DaCouscous on 27 mars 2012 04:40 a dit…

Je suis désolé pour les fautes et les coquilles. J'aurais dû me relire. For realz.

Anonyme a dit…

J'ai lu votre revue et maintenant je suis tombée amoureuse de vous.

Mark_DaCouscous on 27 mars 2012 15:01 a dit…

Merci l'anonyme de montrer aux jeunes hommes qui liront cet article et ces commentaires qu'ils ne sont pas obligés de faire semblant d'aimer ou se forcer à aimer des oeuvres faites par et pour des puceaux meufs pour que l'on tombe amoureux d'eux.

Camionvolé a dit…

Alors là, le Hater, il faut que tu arrêtes de bombarder tes articles de Axe, ça va mal finir cette affaire... Je n'ai pas vu le film mais j'ai lu que c'était "le digne hériter de sagas telles que Twilight dont c'est l'ère nouvelle". Ca donne envie. Mais bon, l'actrice s'est apparemment vraiment affamée pour ce rôle, même si ses joues de poupées n'ont pas plu aux puristes, et ça risque de l'enrager si son film "floppe".

Mark_DaCouscous on 1 avril 2012 09:45 a dit…

Berk, pas du Axe, ça sent trop le puceau, le refoulement et la masturbation frénétique.

Va pas le voir. Même si je sais que ton "ça donne envie" est ironique. Garde tes sous. Va au grec ou au KFC. Si tu veux on y va même. Mais garde tes 10 euros pour autre chose. Reste raisonnable.

Mais sinon... le problème c'est que comme la fille doit avoir de grosses pommettes (ce que je disais dans l'article pour pas jouer le bâtard et pas dire la grosse), même si elle s'affame, elle aura toujours de grosses pommettes. Ça sert à rien ce qu'elle fait. Elle galère.

Camionvolé a dit…

Bonne idée, on devrait vraiment aller au grec, ne serait-ce qu'en l'honneur de l'actrice de ce film! Le seau de poulet par contre, ça serait juste de la provocation gratuite, non?

Enregistrer un commentaire

Followers

 

J'<3 pas tout (sauf les teen-shows et Michael Bay) Copyright 2008 Shoppaholic Designed by Ipiet Templates Image by Tadpole's Notez