J'avais dit qu'on m'y reprendrait plus, j'avais lâché l'affaire, je les regardais même plus, je m'en battais les couilles, j'étais sorti d'affaire. Je l'avais assez crié sur tous les toits qu'on m'y reprendrait plus, surtout ici. Pour les distraits, relisez ce qui se disait en février/mars 2011. Si ça se faisait pour ça, j'aurais même eu un de ces bracelets qui indiquent depuis quand t'y a pas retouché. Le pire, c'est que quand tu te résous à pas retaper dedans, ça te manque pas. Le problème, c'est qu'elles attendent pas que t'aies envie pour te taper dans l'oeil.
Ça faisait plus d'un an qu'elle avait tout arrêté, entre temps, ma bite s'était mise à plus caler qu'une Lada, j'avais pas l'esprit à ça et même elle n'avait pas l'esprit à ça. Elle, elle avait plus l'esprit à rien. Si j'avais décidé de la couper et d'en faire don à la science, je pense qu'on aurait manqué ni à l'un ni à l'autre. Ça aurait été comme se faire opérer de l'appendicite sauf que là il aurait fini par servir d'accessoire pour une blague potache d'étudiants en médecine. Ça m'aurait fait ni chaud, ni froid. Ouais, c'était à ce point. Puis y en a eu une autre. Puis y a plus eu. Puis y a du temps qu'a passé. Trop de temps. Y a des meufs comme ça qui te chient dessus et te pissent dessus pour marquer leur territoire. Elles sont pas méchantes hein, c'est juste qu'elles sont comme ça. Ça servait plus à rien de me proposer quoi que ce soit, le désir avait foutu le camp.
Puis y a eu les plans cul.
J'étais de retour aux affaires, y a eu de grands moments : ma bite m'a remercié. Au point que parfois mon esprit disait nan mais qu'elle, elle disait oui, fonce.
Je sais pas si je faisais si pitié que ça. Je sais pas si se présenter comme étant réalisateur/auteur d'une websérie que personne n'avait vu était si sexy que ça. Je sais pas si j'étais enfin devenu aussi drôle et cool que ça. Reste que j'aurais dû buter certaines meufs, leur couper la tête, les empailler et les foutre sur un mur comme des trophées. Y a eu du level, je sais même pas comment sinon je vous vendrais la recette à prix d'or. Je me suis parfois dit que c'était con que j'en sois là à ce moment là parce que je pourrais jamais faire mieux que ça (alors que si, y a largement de quoi faire mieux que ça). Je le savais pas mais j'étais un peu comme ces types dont l'apogée dans la vie a été aux cours d'EPS au collège quand y avait foot en salle avec des balles en mousse.
Le mieux dans tout ça, c'est que j'ai rien chopé et que y a pas eu d'avortement dans la foulée. A ce moment-là, j'étais plus positif que ton prochain test HIV. J'étais un vrai négro qui faisait de vrais trucs. Tout allait bien. Je suis parti en vacances. Je suis revenu de vacances. Je suis reparti en vacances. On m'a proposé des trucs que j'avais même pas demandé. Des ponts d'or m'attendaient. Y aurait de quoi se payer des grecs. J'étais un peu comme la première partie des films de mafieux quand tout se passe bien et que tout réussit au mec avant qu'il se fasse enculer avec un gode clouté par ce que les cons appellent le karma et ce qu'on appelle la vie sinon.
(Même si j'écris souvent ce genre d'articles en me disant que je vais voir si je suis aussi pourri que je le prétends, je dois vous dire que ces plans cul qui font rêver les puceaux - dont le plan cul le plus ouf à leur connaissance est de se foutre un doigt avec la bonne main alors qu'ils se branlent avec la mauvaise - ça reste des gens alors c'est moche de dire plan cul alors que c'est tellement bien de savoir que tu t'entends bien avec quelqu'un et que tu peux le/la voir quasi-quand-tu-veux et que tu peux toucher quelqu'un slash être proche de quelqu'un sans pour autant en être trop proche et qu'en plus, c'est quelqu'un que t'aimes bien.)
T'es donc le roi du pétrole à ce moment-là. T'as tout ce qu'il faut. T'as besoin de rien. Puis, sans t'en rendre compte, comme les vieux qui finissent en maison de retraite ou dans la fosse commune sans avoir eu le temps de se voir partir en couille, t'as CE sentiment de manque qui est né alors que tu faisais tout pour l'éviter et que tu le redoutais même. Mais comme le SIDA, il était là et bien là. S'il était là, c'est qu'il me manquait quelque chose et s'il me manquait quelque chose, si j'avais un manque qui demandait à être aussi comblé que les trous d'une nymphomane : alors, fallait y remédier.
(Ouais, entre temps, j'avais décidé de plus faire de chèques en bois et de mettre mes couilles où étaient mes propos tout le temps. Ce serait plus de la faute des autres. Ce serait plus de sa faute à elle parce qu'elle est conne. Ce serait plus de la faute à personne à part la mienne. Perdre du temps, c'était bien en cours de philo quand il fallait que ce connard passe vite mais maintenant faut le mettre à profit, faut le faire bosser, faut qu'il serve à quelque chose. Le seul truc de sûr, c'est qu'il faut plus le perdre en conjectures où à se faire des films. Les films, tu les fais pour tout le monde, tu te fais du fric au passage et voilà, ça s'arrête là. Pour le reste, faut être fixé et avancer.)
J'étais quand même pas trop sûr.
Ça pouvait pas être ça.
J'ai hésité un moment.
Le côté "trop bien pour toi" déjà pouvait bloquer. Surtout que là, c'était sûr.
Quand tu sais que t'as pas le level mais que tu te crois dans un film kainri, que tu te prends pour Hugh Grant quoi - ou John Cusack mais là, faut le vouloir son diabète de dernier type et finir en commençant par se faire couper un orteil, puis le pied, puis la jambe, puis l'autre jambe et finir par crever - et que tu te rends compte que ouais, c'est officiel, c'est tombé sur les téléscripteurs, tu te réveilles en y pensant et tu t'endors en en rêvant, les pigistes des journaux people sont déjà sur le coup, tu te ballades partout comme si ta bite faisait quarante centimètres, t'as l'impression d'être cramé de tous les côtés alors que c'est loin d'être le cas, ton coeur bat plus vite toute la journée ou alors c'est juste parce que tu te rappelles qu'il ne sert pas qu'à haïr et les gens crament que t'es redevenu aussi bizarre qu'avant et que tu leur caches quelque chose, ils savent que t'es retombé, parce que ouais, t'es retombé amoureux.
samedi 14 janvier 2012
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