Tu sais que t'es amoureux mais t'as pas les couilles de l'assumer.
T'es le mec qui nage encore avec des brassards et une bouée canard. Tu sais ce que tu dois lui dire. T'oses pas lui dire. Tu penses qu'à ça mais t'arrives pas à sauter le pas. Tu commences à faire des rêves chelous où tes dents tombent et tout le bordel. Tu fais même parfois le rêve dans le rêve où tu te réveilles mais t'as encore les dents qui bougent et tu te réveilles pour de vrai et ton coeur bat encore plus vite que quand tu penses à elle. Même ton esprit de merde est là à te dire "dis lui". Il cherche par tous les moyens à te le dire. Il aimerait pas en arriver à te faire faire le rêve où t'as l'impression de tomber et tu te réveilles en sursaut.
Qu'est ce que t'attends pour tenter le coup ? Que la meuf se mette à sortir avec un connard standard et tu seras là comme Drake en mode Marvin's Room à lui dire qu'elle mérite mieux alors que t'auras rien fait pour ? Tu préfères te faire des films et vivre sur la possibilité qu'elle dise oui et rester dans ton fantasme plutôt qu'affronter la réalité ? T'as une relation qu'existe pas encore. Elle est dans une boîte. Dans cette boîte y a un composé chimique qui a peut-être pété ou peut-être pas justement. Dans cette boite, y a ton avenir avec elle. Il est peut-être mort. Mais peut-être pas. Le truc, c'est que t'as pas les couilles d'ouvrir la boîte et d'en avoir le coeur net. C'est dommage. Demande à Schrödinger.
Je sais que c'est pas évident mais faut le faire. Je sais que c'est du 50/50, une chance sur deux et tout le bordel. Je sais que c'est risqué. C'est comme la gueule de Lana Del Rey, t'as l'impression qu'elle a une moitié de visage grave bonne et l'autre moitié qu'a l'air bloquée depuis qu'elle a fait un AVC et t'as peur de te retrouver avec la mauvaise moitié. C'est normal. Comme tu peux pas lire dans les pensées des gens, faut que tu tentes le coup et que tu sois fixé. L'immobilisme, c'est le meilleur moyen d'avoir des regrets, être frustré, les traîner quarante ans et finir par écrire des conneries comme Twilight. Tu seras riche mais tu baiseras pas pour autant. Et quand je dis baiser : c'est trouver l'Amour mais je voulais pas être gay comme ça.
Imagine que t'ouvres la boîte et que tout aille bien ? C'est parti pour les rendez-vous. Toute une série de première fois. Premier baiser, première baise. Tu te rends compte que toutes les meufs que t'as pécho jusqu'ici, toutes les chattes que t'as goûtées et toutes les relations que t'as foirées, c'était que de l'entraînement pour elle. Cette fois, t'as l'expérience et tout ce qu'il faut entre les mains, entre les jambes et dans le crâne pour que ça marche. Tu sais déjà que t'es un putain de fumier d'enfoiré, t'as plus à te le prouver : avec cette fille, ça doit marcher.
Le truc, c'est que les nouvelles meufs, c'est comme le nouveau Windows : c'est toujours sensé déchirer et ne plus déconner autant que l'autre, ça marche un moment, y a pas à dire, y a de nouveaux trucs stylés puis ça part plus vite en couille qu'une série de J.J. Abrams. Y a des messages d'erreur qu'arrivent tout le temps même quand tu fais rien. T'essaies de mettre une disquette mais l'ordi t'envoie chier direct. Il te connaît. Tu finis par plus pouvoir rien faire et tu fous le truc à la benne sans chercher à récupérer tout ce que t'as fait avec sur le disque dur. Tu te contentes d'aller en chercher un autre et repartir à zéro. C'est souvent pareil avec les meufs.
Estime-toi heureux que ça parte vite en couille car plus ça dure, plus c'est dur. A force, même si elle voulait pas forcément de toi au début, elle finit par s'habituer à toi et vous pouvez passer du temps ensemble, faire deux gosses et demi (ouais, le troisième est sorti gogol, son utérus est devenu encore moins fréquentable que le Palacio), baiser de temps en temps, essayer de construire un truc qui vous ennuie autant l'un que l'autre, imagine que ta vie c'est devenu une maquette de bateau qui n'en finit pas et sur laquelle tu te fais chier pour chaque détail insignifiant alors que tu sais pertinemment que le truc ne ressemblera pas à ce qu'il y avait sur l'emballage, jusqu'à ce que tu finisses par claquer et qu'elle se tire avec le fric de l'assurance vie. Ça, c'est le scénario de ce qui peut arriver dans le meilleur des cas. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, on sait que c'est du mito : comment tu veux vivre heureux avec beaucoup d'enfants ?
Là où ça pourrait moins bien se passer c'est si elle décidait de se tirer. Elle te sort un truc genre, c'est pas toi, c'est moi, je t'ai jamais aimé et t'hésites sur la façon d'en finir. Tu te dis que récupérer le fusil du grand père ça va éveiller les soupçons, que te jeter dans la Seine c'est nul mais que te jeter sous un train et devenir l'accident de personne qui va niquer la journée ou la soirée de plein de gens, ça pourrait être cool. Tous les baiser. Puis tu te rappelles que t'auras pas les couilles et tu te rends compte que c'était voué à finir comme ça. Elle avait profité du voyage au début et elle s'était rendu compte que si toi, tu vivais l'extase, sa vie à elle n'allait pas de l'avant. Et si tu l'as jamais vraiment aimé, tu la laisseras vagabonder et trouver ce qui la rendra heureuse.
Bon, après tu peux aussi ouvrir la boîte et trouver un mot qui te dit d'aller te faire enculer en des termes plus choisis te proposant de rester amis. Un râteau donc. Vu ce qu'on vient de voir, c'est peut-être pas plus mal, c'est un peu comme amputer avant que ça se mette à pourrir. Personne ne s'aime jamais mutuellement à parts égales, y en a toujours un qui fait des compromis et veut pas trop foutre la merde ou être méchant et bla bla bla, on vient de le dire, et des fois, y a pas de parts égales, des fois t'es juste aussi confiant que le mec qui saute en parachute sans parachute. Un peu trop de couilles pour le coup et il te reste qu'une chose à faire : te les bouffer. C'est pas une raison pour la traiter de salope ou de sale pute. C'est comme ça. Surtout que si tu l'as vraiment aimée un tant soi peu alors tu lui souhaiteras le meilleur tout en continuant à toi aussi courir après ce dernier ou alors tu promettras qu'on t'y reprendra plus…
dimanche 15 janvier 2012
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