jeudi 24 mars 2011

Takers : Best Movie Ever ?


Pourquoi Takers serait le best movie ever ? Déjà parce que je l'ai vu trois fois au ciné, dont une à Londres, et c'est rare que je fasse ça, de voir un film trois fois. Je l'avais fait pour Zodiac quoi. Et là, j'ai chopé le blu-ray sur amazon. Je l'aurais bien pris en DVD mais le blu-ray était moins cher que le DVD pour une fois, alors bon. Puis j'ai reçu ce putain de blu-ray et je l'ai déballé et je suis allé chercher un grec mais en mode tortilla américaine, c'est comme un grec mais dans une tortilla avec du fromage et un oeuf mélangé à tout le bordel. Le tout noyé dans la harissa. Et ouais, allez, harissa sur les frites. Puis je suis rentré et j'ai lancé le film après m'être mis de côté deux cannettes de Coca et c'était parti.
Puis le soir, j'ai remis ça. J'ai remis Takers. J'ai rien mangé par contre parce que ce genre de grec, ça te cale pour deux/trois jours en fait.



Pourquoi Takers peut concourir au poste de best movie ever ? Poste laissé vacant toutes les semaines in my book. Déjà rien que le casting pour les mecs comme moi, c'est du lourd. Les meufs ont eu Ocean's Eleven pour le glamour, mes ainés ont eu Expendables, on a pu kiffer aussi mais ça nous a pas rendu ouf tandis que Takers, c'est un peu le chant du cygne du ciné d'action des ados des années 2000. C'est pas pour rien s'il a cloturé la décennie.
Le casting, c'est qui ? C'est Paul Walker déjà. Lui, vous pourrez dire ce que vous voulez mais nous autres qui sommes allés voir les Fast & Furious au ciné, même le 3, Bleu d'Enfer, La Peur au Ventre <3 et même Antartica, ben c'est notre James Dean si vous voulez. Bon peut-être pas mais c'est un type qu'on aime bien. Puis il a déclaré qu'il pensait beaucoup au mariage mais qu'il pensait aussi beaucoup à ses bagnoles et que bon voilà, ses priorités étaient peut-être pas vraiment établies. Aussi il a un jour déclaré "Life's too short. And the biggest curse is falling in love with someone." et ça, c'est à méditer.
Ensuite on a Idris Elba. Stringer Bell quoi. Ceux qu'ont pas encore vu Sur Écoute, faut y remédier, il est jamais trop tard. Juste après, restez calmes, c'est pas la peine de faire comme tous les mecs qui viennent de découvrir la série et se la jouent grands esthètes et marchands du temple alors que bon, y a des golmons comme moi sur le coup depuis 2003 et on emmerde personne. Et ceux qui vantent toujours le charisme d'Idris Elba, n'oubliez jamais qu'il a commencé en string dans Belle Maman avec Catherine Deneuve. Si vous me croyez pas, vérifiez.
Dans le genre acteur classieux, Takers fait la part belle à Michael Ealy, mortel dans Sleeper Cell, la série qui mélangeait Donnie Brasco et 24 si vous voulez, un agent du FBI musulman qui infiltrait une cellule terroriste et devait contrecarrer ses plans. Très très lourd comme série. Vous pouvez aussi voir Ealy dans le mortel Miracle At St. Anna de Spike Lee ou dans l'un peu moins bien mais cool quand même Never Die Alone avec DMX. On a aussi Hayden Christensen. Dark Vador en personne qui dans Takers ressemble à Samantha Ronson, l'ex de Lindsay Lohan et défonce quatre mecs deux fois plus gros que lui avec un bâton. On a aussi Chris Brown, le mythique Chris Brown et ses chansons de merde qui réalise le rêve de milliers de mecs en défonçant la gueule de Rihanna. Jay Hernandez, le transfuge d'Hostel et d'autres films cools genre Friday Night Lights et surtout Torque. Matt Dillon sur lequel j'ai pas grand chose à dire. Pareil pour Zoe Saldana qu'est jolie et qui joue donc bien le faire valoir.
Mais si Chris Brown est producteur exécutif sur le film, il faut pas oublier son producteur qui ajoute au film une dimension tellement autre qu'il le fait passer au next level : T.I. alias Tip Harris. Et T.I. dans ce film, c'est quelque chose qu'on a rarement vu. Le mec se paye le rôle du méchant. Il se la raconte comme on a jamais vu au ciné. Et il a une façon de jouer bien à lui et surtout une diction très spéciale qui fait que malgré tout ben c'est son perso que tu retiens à la sortie. Puis je sais pas, son perso est attachant ou alors c'est lui, mais tout le film, il arbore une espèce de sourire à la con, tu sens que le mec est content d'être là, que c'est son film et qu'il kiffe sa race entre deux séjours en taule.
Voilà, j'ai lâché les références et tout donc je sais pas si ça vous parle tout ça mais moi, ce film et ce casting qui apparaissaient comme un Expendables de branleurs sans charisme, c'était du pain béni pour moi abreuvé au rap kainri représenté par T.I. et les films et séries, bref les univers, du reste du casting. Ça pouvait qu'être bien. J'étais de parti pris comme un fan de Scott Pilgrim quand il a vu la première bande-annonce avec des PIF PAF POUF partout.



Après le scénar, c'est simple : c'est la super équipe de braqueurs trop cools pour l'école qui se fait son braquage annuel qui enchaîne avec un nouveau braquage à l'arrache qu'est tellement un gros coup qu'ils vont se retirer après même si le coup leur est apporté sur un plateau merdique par leur ex-associé, T.I., Ghost dans le film, qui a pas eu de visite pendant tout son séjour en taule et qui s'est fait voler sa meuf par un des mecs. En gros, il a des raisons d'être vener mais les autres ne voient rien venir. Oh et y a Matt Dillon qui veut les arrêter.
On peut pas faire moins original mais bon, Heat était encore moins recherché mais a été célébré parce qu'on rajoutait des intrigues de soap dans le genre balisé du film de gendarmes et de voleurs. De toute façon, le film bouffe à tous les râteliers et s'en cache même pas. Voir le grand braquage qui n'est qu'une repompe complète de celui du Braquage à l'Italienne de 2003 et T.I., à l'annonce du plan de lâcher un "Let's say we go Italian Job on dat ass !". La référence est évidente mais y a quand même des mecs pour sortir les vilains mots genre plagiat et tout et tout.
Surtout que si le film est plutôt bien balisé dans sa première heure avec le flic aux méthodes expéditives, la préparation du braquage et tout le bordel, dès qu'on arrive au braquage, c'est plus la même chanson et y a des surprises. Pour ma part, je m'y attendais pas et ça participe vraiment de cette logique d'espèce de chant du cygne du ciné de mon adolescence. Les persos sont des archétypes vus et revus et usés jusqu'à la corde et ils partent à la mort ou bien on ne sait trop où sans sourciller. Si tu veux ça commence comme Ocean's Eleven ou n'importe quel truc de braquage à la con et ça devient le The Mist du film de braquage sur la fin sans trop que tu saches pourquoi, ni comment.
Je veux dire par là que le film était ultra-balisé, il était sur ses rails pour que tout soit bien qui finisse bien, ça aurait été la solution de facilité. On était dans un film d'action PG13 où on ne dit pas Fuck et où on ne fait pas gicler le sang donc on est à peine assis qu'on visualise déjà la scène finale en fait. Mais en fait non. Et j'ai trouvé ça d'une, osé et deux, rafraîchissant, qu'un film ouvertement calibré pour les ados/jeunes adultes (mais un peu tout le monde en fait, c'est pas Scott Pilgrim quoi) se permette en 2010 de couper court à toute idée de franchise ou quoi que ce soit. (Au passage, longue parenthèse, le film a coûté 20 millions. Un petit film quoi et il en a rapporté le triple au ciné aux USA, il a du encore en rapporter pas mal dans le reste du monde, que du bénéfice vu que peu de pub a été faite dessus, ben ouais y a que quand tu vends de la merde genre Inception qu'il faut faire un battage de ouf dessus, et vous savez quoi ? Le film a été un putain de carton en vidéo aux USA. Et tout ça, c'est cool.)
Takers, c'est donc le film qu'a plus de couilles qu'on aurait pu croire de prime abord. C'est le film qui met à mort un certain cinéma dont on a bouffé pendant des années et des années. C'est le film qui nous dit qu'il serait peut-être temps de grandir et laisser certaines conneries derrière nous et faire mieux. Après c'est peut-être moi qui y voit trop de choses ou eux qui ont fait ça inconsciemment, je sais pas. Parce que quand tu regardes les fiches imdb des mecs impliqués là dedans, on peut pas dire qu'ils aient brillés par leur finesse d'esprit dans le passé. Surtout qu'à quelques fulgurances près, tu retrouves les défauts inhérents à ce ciné d'action PG13 des années 2000, le manque de sang, le manque de gros mots mais surtout le malheur apporté par le montage numérique et tout, de plus en plus précis mais qui oublie une chose, que sur un écran de ciné, un grand écran donc, on a pas la même "emprise" visuelle sur ce qu'on regarde et au ciné, certaines scènes faisaient un peu mal aux yeux mais passent très bien sur la télé ou sur le moniteur sur lequel ils montent. Faudrait que les mecs se rappellent de ça parce que ça nique un peu tous les films et en fait des téléfilms par la force des choses vu qu'ils sont mieux vus à la télé qu'au ciné… Donc je sais pas trop au final en m'en tenant qu'à ce point de vue là.
Mais quand même je pense pas que ça soit innocent tout ça.



J'aime à penser qu'ils ont commencé à écrire le truc bêtement. On va faire un film de braquage mais avec un casting plus jeune. Et ils se sont lancés. Les personnages, t'as aucun background, que dalle, mais t'en as pas besoin, tu les connais déjà comme si tu les avais faits en fait. Le chef, le bras droit dévoué, le petit jeune à l'air tourmenté, les frangins, le félon. Y a tout. Puis on leur fout un keuf dans les pattes, deux keufs même qui ont des histoires personnelles compliquées. Bon par contre, ils s'appesantissent sur les flics et c'était peut-être pas nécessaire mais tu comprends pourquoi plus tard, c'est pas si grave, c'est facile, mais c'est pas grave. Puis bon, c'est quand même une des rares fois où j'ai vu un film qui s'amusait à plus développer les seconds rôles que les têtes d'affiches. Nah, c'est un film assez spécial dans son genre mais bon, vaut mieux ça qu'essayer de donner de la consistance à tout le monde pour au final s'afficher comme jamais et accoucher du film " " " "vener" " " " le plus ghey de ces dernières années ex-aequo avec Man on Fire, j'ai nommé Faster.
Takers te promettait rien mais il te donne bien plus au final.
Pour le reste, les quatre (!!!) auteurs ne nous épargnent rien. De la scène d'intro qui montre un braquage bien huilé avec évasion n'impesque suivi d'une explosion d'hélicoptère en arrière plan pendant que les mecs marchent vers la caméra. Y a que Dark Vador qui se retourne. Puis on a la frime inhérente à ce genre de productions. Les grosses bagnoles. Les bécanes. Les beaux costards. De bonnes meufs. Le tout au ralenti sur des musiques cools. Je veux dire par là qu'on a cinq minutes de clip pour nous montrer tout ce joli monde se la raconter. De la filature. Des bagarres et des fusillades à rythme régulier. Du cliché ici et là mais les mecs y croient alors ça passe. Tout est là.
Comme des braqueurs, les mecs qu'ont écrit le film suivent leur plan à la lettre puis au moment du braquage, tout se détraque. Une explosion déclenchée une demi-seconde trop tôt apparaît alors comme l'élément qui va faire déconner tout le reste. Dès lors, t'as que des scènes d'anthologie en fait. Les trois denriers quart d'heure, c'est le baroud d'honneur dont je vous parlais. Limite on pourrait dire que ces 45 minutes sont au film d'action gogol de la dernière décennie, ce que le final de Black Swan était à Black Swan, mais ça serait peut-être abusé. Du braquage qui part en couille commenté en direct par T.I. comme si c'était un match de foot ou comme s'il était lui aussi un spectateur au ciné en train de péter un cable face à la folie du truc. "Putain, il est devenu dingue, il est en train de pousser le camion !", "Il a éclaté un garde !", "Dayuuuuum !" et j'en passe. Chris Brown poursuivi par tous les keufs de L.A. apparemment qui se lance dans un numéro de parkour à la Banlieue 13. Une putain de fusillade qu'on dit pompée sur True Romance mais avec tout de même un traitement plutôt post-moderniste de la chose quand on voit l'usage d'une musique de Lisa Gerrard par dessus et les choix osés opérés dans le bruitage, plutôt osés et à la limite de l'expérimental vu qu'en gros t'entends TOUT sauf les coups de feu. Puis la fin qui laisse un peu sur sa faim justement après de si gros morceaux, si les frangins voient leur intrigue se cloturer de façon très belle, les autres ça restera plus attendu et plus classique même si la toute fin n'est peut être pas le happy end qu'on nous montre, loin de là même.
Reste que le film est une série B. C'est qu'une série B pourrait on dire. Le réalisateur n'est pas un grand génie qui aurait pu avec ce scénar en faire vraiment le film définitif sur le sujet et tout le monde l'aurait sucé pour ça et tout et tout mais d'un autre côté, j'aime trouver mon contentement dans ce film aux abords tout simples, honnête et qui ne se la raconte pas en se prenant pour ce qu'il n'est pas. Comme The American, ça m'a plus parlé que les films sensés me parler l'an dernier. Je veux dire par là que j'ai vu ce Takers cinq fois là et je sais que je suis toujours pas lassé. Bon, j'en ai fait le tour, ça y a pas de problèmes, je pense plus y découvrir quoi que ce soit, c'est pas un chef d'oeuvre, loin de là, on est d'accords mais c'est un de ces films qui va devenir un de mes classiques personnels que je pourrais revoir encore et encore et ça, c'est mieux que réussir un putain de braquage et réussir à s'arracher avec tout le fric sans se faire serrer.

Ah et ce clip !! Cette chanson !! (Même si on l'entend pas dans le film.)

1 commentaires on "Takers : Best Movie Ever ?"

Manu on 27 mars 2011 à 06:10 a dit…

Dayuuuum !!

Enregistrer un commentaire

Followers

 

J'<3 pas tout (sauf les teen-shows et Michael Bay) Copyright 2008 Shoppaholic Designed by Ipiet Templates Image by Tadpole's Notez