jeudi 4 novembre 2010

Paint the black hole blacker


Le moment où t'en as marre et où tu te dis que tout ça avance à rien.
T'as fini plus ou moins de ton plein gré tes études. De toute façon, ça aurait été dur de retourner en cours pour un master quand tu penses que c'est tous les branleurs qui te cassaient les couilles pendant la licence qui ont continué jusqu'au master. On t'a dit que c'était peut être mieux de continuer et d'avoir un master pour au moins pouvoir écrire sur ton CV que t'as un master mais sérieusement, un master de cinéma ou rien, quelle différence ?

Ça fait que, pour voir, t'as mis ton CV sur Monster, Keljob et des trucs de merde du genre et tous les jours ils te proposent de faire comptable, contrôleur de gestion, chef de publicité, technicien numérique, chargé du mécénat et j'en passe. Que des trucs que j'ai appris à la fac de ciné ça. J'ai rien contre ces boulots, il en faut, je suis d'accord avec Obama, on peut pas tous être Lil' Wayne mais quand même y a des limites. Si même les sites Internet sont cons, autant tout arrêter, c'est pas les gens qui vont relever le niveau.

Puis même quand t'écris à des mecs pour des trucs qui te paraissent dans tes cordes, ils répondent pas. Ils te disent même pas que tu corresponds pas, qu'on verra plus tard, ils te répondent pas. Alors t'as l'impression de pisser dans un violon chaque fois que t'écris une nouvelle lettre de motivation et que t'envoies le CV qui va avec. Mais tu continues quand même parce que bon, c'est pas en faisant rien qu'il va se passer quoi que ce soit. Comme a dit quelqu'un de super cool que je connais depuis pas longtemps "We all have choices, let it happen or let it go".
Reste à faire les bons et créer les opportunités.

Tu te dis que tu pourrais faire caissier à Carrefour, ranger les rayons à Intermarché, empiler les blu-ray et les DVD de Camping 2 chez Virjain, faire des Big Mac pour Ronald McDonald et ce genre de conneries mais t'es plus étudiant - et même quand t'étais étudiant, tu l'aurais pas fait de toute façon, y avait d'autres trucs à faire, genre rien - et maintenant t'aimerais bien faire ce pour quoi tu penses être bon.
A quoi t'es bon ? Des fois, tu te dis que t'es bon à rien surtout quand tu repenses à ce prof dont le titre de gloire est d'avoir sorti un film qui ressemble à un téléfilm France 3 Régions qui aurait des prétentions mal placées distribué par le distributeur spécialisé dans les films que personne ne va voir à part les stagiaires des rédactions obligés de se taper leurs merdes en projection de presse. Et tu te souviens donc ce mec qui t'as dit que tout le monde savait écrire quand tu lui as répondu que tu savais écrire quand il t'a demandé ce que tu savais faire. Le truc c'est que maintenant t'as envie de réussir juste pour un jour pouvoir lui dire publiquement d'aller se faire enculer. Tu sais que ce jour là, la France deviendra la plus grande backroom du monde tellement de gens se feront envoyer foutre et tu t'y enverras en premier vu le temps que t'as perdu bêtement avant de te lancer à faire quoi que ce soit, à hésiter pour rien et tout. Golmon.

Le problème, c'est que mes parents et ceux de la plupart des gens connaissent personne, les cons, ils connaissent personne alors on a pas de passe-droits, on est pas le fils d'untel ou de telle pute, on se débrouille, faut rencontrer des gens, se faire des potes et tout, heureusement on rencontre des gens cools qui font que même si on te servira rien sur un plateau vu que tes parents sont personne, tu pourras au moins réchauffer le reste au micro-ondes. Les chiens de la casse c'est nous et on lâchera rien.

A quoi suis je bon ? A un tas de trucs. J'aime bien écrire sur les films, sur la musique, je pourrais écrire sur plein de trucs, donner mon avis. Manque de chance, tous les boulots sont des stages. Toute la journée tu vois que ça. Stage please RT. Cherche stagiaire rédaction. Stage dans une rédaction cool. Stage. Stage. Stage. Au bout d'un moment, faut arrêter les stages. Arrêtez de faire des stages. C'est comme ça qu'ils nous baisent. Faut leur dire que l'esclavage c'est terminé. Encore que maintenant ils sont pratiquement obligés de te payer un minimum à tous les stages.

Tant qu'il y aura des golmons pour faire des stages de ce genre, tant qu'il y aura le poste du stagiaire et pas de vrais postes crées, ça ira pas. Qu'ils aillent se faire enculer avec leurs stages. Si vous trouvez qu'ils devraient aller se faire enculer avec leurs stages, arrêtez de colporter leurs offres. Dans tous les domaines, quand on voit tous les 3/6 mois les mêmes putes venir chercher des stagiaires, on sait que c'est des salopes ça. Que c'est pas les mecs qui vont te filer un job à la sortie ni rien. Un stage ou deux c'est bien. Devenir stagiaire professionnel ? Nique sa race.

Les stages, à cause des suce-boules qui croient avoir un job à la fin ou qui sucent parce qu'ils font que ça depuis toujours parce qu'ils sont trop cons pour le reste, ça aurait dû faire comprendre aux mecs qui les proposent qu'on est là pour faire le minimum, qu'on arrivera quand on veut pour repartir quand on veut, que si quelqu'un veut du café il lèvera son cul, je suis pas serveur, le jour où on m'a demandé de faire du café, la seule fois où on me l'a demandé, j'ai dit que comme j'en buvais pas je savais pas le faire et que je comptais pas apprendre, on m'a plus jamais redemandé et mon stage a quand même été prolongé. Mais si les mecs arrivent, font tout ce qu'on leur dit et jouent les petits esclaves qu'on peut payer en monnaie de singe presque, le mec sera quand même content et rendra la monnaie presque, pourquoi se priveraient ils de demander des stagiaires ? Faut leur montrer qu'un stagiaire c'est l'Enfer de temps en temps.

Pourquoi prolonger le stage alors que j'aime pas ça ? Parce que c'était pas un stage de merde où j'ai fait que de la merde sous la coupe de gens relous toujours là à vérifier ce que je faisais. Je faisais ce qu'on me demandait mais je le faisais comme je voulais tant que ça marchait. Assez vite, j'étais pas leur égal, faut pas abuser mais on se foutait pas non plus de ma gueule, je faisais des trucs pas cools en soi genre amener un DVD à untel ou des trucs comme ça, mais la moindre "mission" de ce genre se transformait en une demi-heure à traîner et discuter avec les mecs que je croisais au passage etc… C'était ça, profiter même des trucs de merde pour s'amuser et penser à de temps en temps bâcler le boulot pour leur rappeler que t'es qu'en stage et que tu t'en bats les couilles. Pour le reste joue là enre tant que ça dure, profites-en, t'auras pas de boulot à la fin, c'est qu'un stage, c'est pas non plus la peine de flamber mais amuses-toi, vois un max de trucs, prends ce que tu peux, fais ce que t'as à faire, ils sont tous cools, reste en contact avec eux.

J'ai fait 3 stages dans ma life. 2 en production. De gros trucs et cools en plus donc. 1 en rédaction. Un truc qui se voulait gros mais où j'ai pu m'amuser et qui m'a surtout soigné de vouloir faire critique ciné. Surtout quand tu cotoies les autres critiques aux projections de presse et tout justement. Quand t'es là dedans, t'as envie de gifler tout le monde. Quand t'entends un mec lâcher le plus sérieusement du monde que High School Musical 3 c'est fasciste, t'as envie de lui cracher dessus. Puis t'écris une critique drôle et rageuse et elle est "censurée" et le site envoie un de ses pigistes pas payés, ouais c'était spécial, qui s'empresse de faire une critique à 4 étoiles. Puis tu finis interdit d'écrire des critiques, d'écrire des articles, tu fais plus que de la mise à jour que tu fais à moitié. Fin de stage à 150 euh le mois, t'as des DVD et goodbye Lenin.

T'aurais pu continuer les études mais au bout d'un moment, y en a marre et y a pas de Malabars. T'aurais pu retenter le master. Aller revoir le mec qu'avait l'air de te prendre pour un gros branleur et lui demander ce que ça lui fait de te voir là devant lui et lui dire que rien que le budget pour les bandes-annonces du film pour lequel on a foutu ton nom au générique a dû couter plus cher que son putain de film. T'aurais pu mais tu l'as pas fait. Te plains pas. De toute façon, les études, ceux qu'en ont pas fait, pas assez ou qu'ont pas pu continuer se disent si j'avais su, si j'avais pu, j'aurais dû et tout tandis que ceux qui en font passent leur vie sur Twitter à dire qu'ils se font chier en cours, vivement que ça se finisse et ils ont l'air de tout savoir mieux que le prof donc estimez vous heureux de plus être à l'école, apparemment ça sert à rien. A croire que tous les étudiants sont des génies de l'Humanité. Ça doit être les mêmes qui trouvent un intérêt à Mad Men.

Alors tu cherches d'autres stages et surtout maintenant t'en refuses. Les boîtes de prod installées dans des garages sous-sols bizarres où tu sens qu'on te paiera pas, où le mec fait des captations de concerts de zouk ou des clips de rap bidons etc… Ouais, c'est ça, je vais réfléchir, je te rappelle. Jamais. Les trous dans le CV c'est mal vu mais me faire chier pour rien, c'est moi qui me vois mal le faire. Et puis t'es habitué à grave te tailler tout seul pour te protéger alors qu'est ce qu'on risque ? D'autres rédactions toutes pétées, tu vas à l'entretien mais vu que t'as pas envie de faire journaliste et que c'est de toute façon des trucs où tu dois écrire des articles de suce-boules pour des marques toute puissantes, autant dire non tout de suite et pas perdre de temps, ni le faire perdre aux autres.

Autant faire du publi rédactionnel. Là au moins tu sais pourquoi tu suces vu que c'est une marque quelconque qui vient les poches pleines voir qui racolera le mieux et la sucera le mieux. Tu finis à l'agence. C'est pu un bureau dans ces cas là. C'est fini la rédaction, le bureau, le boulot, le taf, le charbon ou autre. C'est l'agence. Et c'est même pas la CIA, l'Agence Tous Risques ou un truc de conspirateurs cools à la Prison Break. Mais même ça tu sais que tu pourrais pas le faire non plus, t'es trop un casse-couilles professionnel, un cracheur dans la soupe invétéré et un pinailleur patenté. Même quand faut écrire un mot sur une carte de voeux, t'arrives à tailler au passage, t'es irrécupérable chef. T'aimes bien amuser la galerie avec tes conneries, t'avais qu'à faire du stand-up. OK tu viens de banlieue mais t'es pas Noir, tes deux bras marchent encore, t'es pas assez beauf, tu te fais tes vannes tout seul, ça va pas être facile ça. Réaliser des films ? Ça va pas être facile non plus, déjà que même pour faire lire des scénars tu casses ta pipe alors te faire confier des millions pour réaliser un film alors que t'as même pas écrit un roman, t'es pas chanteur, t'es pas acteur, t'es pas présentateur TV, t'es juste le pauvre con qu'a cru que pour faire du ciné fallait faire des études de ciné, t'as rien compris. Trouver un boulot de merde, y aller tous les jours, pas faire de vagues, te marier avec une mongole rencontrée là bas, perpétuer ta lignée on sait pas pourquoi, sans doute pour lui faire plaisir, elle pourra jouer à la poupée, ça l'occupera maintenant qu'elle est au chômage, merde ta bite s'est mise à remarcher pile quand il fallait pas, retraite, continuer à te faire chier encore pire que les quarante années avant ça, avoir un cancer quelconque, un bien con et méchant qui te tuera dici un an, plutôt deux, faut que t'en chies un peu avant de claquer, genre cancer du cul histoire que même mort, on puisse continuer à se foutre de ta gueule vu que t'as rien fait de ta life au final, bon programme ? C'est ça. Vu comme ça, l'avenir paraît bien sombre. Au moins, ce genre de cauchemar peut te pousser à te bouger le boule un minimum. Qu'est ce qu'il reste ? Casser les couilles aux gens et quand même essayer de faire ce que t'as envie de faire. Rien lâcher. Chien de la casse forever.
C'est de leur faute de toute façon. Ils avaient qu'à pas passer quinze à te faire développer ton esprit critique en cours pour ensuite te dire que tout ça c'était pour jouer et que tu devais devenir un mouton, sucer et fermer ta grande gueule. C'est ça.
Moi je la ferme jamais.
C'est trop tard.
Foutu.
Mort.

4 commentaires on "Paint the black hole blacker"

Veeee on 10 novembre 2010 à 01:41 a dit…

vrai. Du début à la fin.

Mogadishow on 10 novembre 2010 à 01:44 a dit…

J'étais passé à côté de cette note quand tu l'as publiée et franchement, ça aurait été très con que je ne la vois pas parce que c'est vraiment le meilleur truc que tu ais écrit sur ton blog.
Je partage totalement ton point de vue sur tout, et en particulier sur tout ce que tu dis sur les stages. Mais on verra ce qu'ils diront tous ces andouilles qui prennent n'importe quel stage quand le projet de loi du gouvernement pour faire bosser les chômeurs gratos sera adopté.

Sinon pour le reste, même si je ne suis pas d'une nature très optimiste, je me dis qu'il suffit qu'un mec comme toi rentre dans le système pour y faire son truc pour que tout change. Vivement, parce que quand on pense qu'une ancienne miss météo réalise son premier film uniquement parce qu'elle s'est mariée avec la bonne personne, on se dit que les conneries, ça va un temps quand ce ne sont pas les nôtres.

ariohlala on 10 novembre 2010 à 01:48 a dit…

J'imagine que c'est une façon de voir les choses. En même temps, j'arrive pas à comprendre de quoi tu as envie. Je fais partie de ceux qui regrettent de ne pas avoir fait LA dernière année, qui a préféré faire une année de stages. Ouais, j'ai fait des photocopies, mais au final j'arrivais toujours à faire exactement le même boulot que celui de ma responsable. Certes, j'étais exploitée, payée 300 euros et non 3000, mais j'en avais rien (mais RIEN) à faire. Grâce à tout ça, je suis rentrée dans la boîte de mes rêves et j'ai fait des mongoliens(ça, c'est pas grâce à mes stages, faut pas déconner). Seul hic : quand je veux changer de métier (tout en restant dans la même boîte), il me manque LA fameuse année pour être "crédible". C'est injuste, l'expérience devrait être une preuve, mais non. Je vis avec un mec qui n'a pas le bac mais une expérience de ouf et à qui on refuse des entretiens sous prétexte qu'il n'a pas fait d'études. Alors ouais, je fais partie de ceux qui disent aux étudiants "Tiens Bon" pour ne rien regretter plus tard.
J'envisage sérieusement de faire cette foutue dernière année pour que l'on me foute la paix.

eperoumal on 10 novembre 2010 à 06:25 a dit…

Après discussion toussa, je tiens à signaler quand même que les stages à répétition, c'est pas la panacée de tous les secteurs.
Je serais tenté de dire que c'est peu le cas dans le secteur informatique.
Certes, on a toujours des connards véreux qui prennent des stagiaires comme esclaves sexuels en leur promettant une embauche imaginaire en fin de stage, mais c'est de plus en plus rare (quoi que la crise/"the economy" est devenue une excuse à la mode pour refuser une embauche/une augmentation, mais là c'est de moins en moins vrai).
D'une manière générale, l'informatique ça doit être le secteur le moins discriminant : un arabe a autant de chances de trouver du taff qu'un renoi, qu'un handicapé, etc.
Concernant les qualifications ensuite (et pour répondre à @ariohlala), je serais tenté de dire que ça dépend vraiment des boîtes.
D'une manière générale, le premier point d'entrée pour un recrutement, c'est le CV. Les RH qui bloquent sur un CV parce que "c'est marqué bac+2" alors que l'offre est pour un bac+5 sont très clairement des cons.
A l'opposé, si on veut se vendre comme un bac+5 alors qu'on est que bac+2, il faut être conscient que devant un recruteur, et déjà sur un CV, il faudra très clairement montrer qu'on est au moins aussi capable (sinon plus) qu'un bac+5.
J'ai jamais compris pourquoi, mais le système est toujours plus exigeant envers ceux qui n'ont pas de diplômes qu'envers ceux qui en ont.
Pour finir, je sais que dans ma boîte, on s'est jamais fixé de limites sur le recrutement. L'essentiel pour nous, c'est que le mec soit compétent techniquement, basta. On a même chez nous un mec qui a que le bac et qui fait un boulot d'ingé, c'est dire.
Il n'empêche, quand il s'agit de recruter, on est forcément obligés de filtrer les CVs qu'on reçoit: genre par exemple, le mec est pas capable d'écrire correctement le nom des outils qu'il utilise tous les jours (ex: Ubontou au lieu de Ubuntu), ou même écrire correctement tout court (genre passion: Sodokou - au lieu de Sudoku), ou tout simplement postule pour une offre qui ne lui est pas du tout adaptée (genre je veux faire du Web Dev maintenant après des années de COBOL) c'est niet direct. Vous imaginez même pas combien de CVs de merde qu'on doit se farcir avant d'arriver à un CV bien.
Faut retenir quand même, les entreprises n'ont pas un but caritatif, c'est donc normal de retenir un mec dont on sera certains qu'il fera avancer le schmilblik...

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