lundi 15 novembre 2010

Apatow, Philips & Moi




Y a plusieurs écoles de la comédie, de l'humour et tout le bordel. Bon, on passe sur les comédies françaises, la seule que j'ai aimé cette année fut L'Amour c'est mieux à deux, pourtant basé sur une histoire de Frank Dubosc, y a Manu Payet, une présentatrice TV reconvertie bref y avait beaucoup de feux rouges. Pourtant j'ai bien aimé. Si vous voulez arrêter de lire ici genre "pfff, fallait pas dire ça, t'as plus aucune crédibilité" je suis sur que t'es le genre de mec qui s'est tapé des barres sur la "sextape" d'Eva Mendes ou la vidéo de merde du genre avec Marion Cotillard. Alors essaie même pas de tester, tu perdrais trop vite et on tirerait au bazooka sur l'ambulance qui viendrait pour te sauver comme si c'était GTA : San Andreas.
Après histoire d'en finir, j'ai jamais aimé les Nuls, les gens qui se lancent dans des concours de citation de La Cité de la Peur m'emmerdent, c'est bon vous connaissez des répliques pas drôles par coeur, ça fait vingt ans que vous nous cassez les couilles avec mais continuez à faire comme si c'était hier, c'est pas grave. Continuez si ça vous fait plaisir, ce serait comme de retirer aux handicapés mentaux le plaisir de brailler dans les bus et se toucher quand ils achètent des patisseries. Ils font ça là où j'habite. Mais ne dévions pas trop du sujet.
Ce que j'aime dans les films de Judd Apatow ou ceux qu'il produit, c'est que d'une façon ou d'une autre, on croit à ce qu'on voit. Autant ses réalisations, ça frôle le naturalisme jusqu'aux conclusions souvent à vomir tellement c'est crade. Autant 40 ans toujours puceau, c'était sale le discours du faut savoir prendre ses responsabilités et tout le bordel mais alors En Cloque, là c'était le summum. Le film éludait la question de l'avortement bien comme il faut histoire de pas s'attirer les foudres de qui que ce soit mais pour se traiter de pédale, de tous les noms, baiser, picoler et fumer de la merde, là y a du monde ça passe, c'était les sujets qui passaient bien. Mais l'avortement, ewww c'était dangereux, surtout quand on faisait un film que les ados allaient aller voir et qu'on balance à des gamines qui pourraient se retrouver enceinte la semaine d'après une scène où on dit carrément qu'il faut en plus de ne pas envisager ça, même pas dire le mot. Pour ça, Apatow restera toujours une pute à mes yeux. J'aurais préféré qu'il fasse de ses persos de gros réacs et que les mecs disent ouvertement qu'ils sont contre l'avortement, qu'ils soient pro-life, quitte à se faire traiter de réac, de toute façon, vu les morales à la con dignes de Pixar, ça lui pend au nez à chaque coup.
Vous me connaissez, je suis pour la liberté d'expression, on peut tout dire, tout montrer et ce surtout si ça peut faire chier les cons. Les attitudes de vicelard sur des sujets comme ça, c'est moche. Je suis pas encore un vieux qui s'indigne ni rien mais à cause de cette scène, j'aurais pu quitter le ciné si j'avais été dans un mauvais jour. Après j'aurais raté plein de bonnes scènes et de bonnes observations sur les gens, la vie, un réalisme dans les dialogues et tout qu'on ne trouve pas ailleurs. Les références dans les dialogues sonnent vraies, pas comme une certaine série dans une fac où tu sens que les scénaristes ont cassé leur pipe à placer le truc alors que tout le monde connaît de toute façon. Pour ces aspects là, je serais toujours dans la salle pour un film Apatow. Ses productions sont souvent meilleures et plus délurées, suffit de voir Step Brothers ou le truc du coiffeur avec Adam Sandler, c'est le sommet de la comédie américaine débile mais quand il produit ça, lui il fait pas les choses à moitié, du début à la fin, ça déconne. Y a bien que Funny People de vraiment révolutionnaire dans tout ça puisque le personnage est un connard qui devient gentil parce qu'il va mourir puis qui redevient un gros connard quand on lui dit qu'il va vivre avant de mettre un tout petit peu d'eau dans son vin à la fin.
Déjà ça s'adressait aux adultes et aux gens qui comptaient grandir un jour, c'était un bon point. Ça essaie pas de nous apprendre la vie ou de nous donner un mode d'emploi comme En Cloque qui était lui aussi assez sale à ce sujet avec le mec qui "range" sa chambre d'éternel ado, puis qui trouve un boulot avec le chef qui lui tape sur l'épaule et lui qui sourit comme un bouffon, y a des moments comme ça au ciné où tu vois un film et tu demandes si y en a pas un autre avec les mêmes acteurs qui s'intercale par moments. Reste que malgré toutes les critiques que je peux émettre sur les films Apatow, y aura toujours les dialogues pour me contenter, y aura un minimum qui fera que le film fera pas intégralement pitié. Parce que y a d'autres grands cadors de la comédie qui arrivent à faire intégralement pitié.
Qui donc ? Todd Philips avec Date Limite, un film qui porte mal son nom, ils auraient pu l'appeler Périmé directement. Le postulat de départ c'est des mecs qui font du Francis Veber avec 30 ans de retard mais qui le font en ayant l'impression d'inventer le sandwich grec. Deux mecs que tout oppose et qui n'auraient jamais du se rencontrer vont se retrouver à traverser les USA ensemble. Bon, vous avez tous vu le film ou la bande-annonce, pourquoi je me fais chier ? Bref dès la bande-annonce pas marrante, j'avais un mauvais pressentiment, d'habitude on met les meilleurs moments dans une bande-annonce mais quand tu voyais celle là tu te disais que te faire annoncer un cancer en phase terminale vener avec deux jours à vivre serait plus drôle que ça. Puis tu vois le film et en fait, y a qu'un truc qu'était pas dans la bande-annonce qui était drôle dans le film.
Sinon ça essaie de faire du Apatow et de surfer sur la vague des fameuses "bromance", qu'est ce que c'est qu'une bromance ? Ben c'est un mot valise de merde, on pourrait dire amitié hein mais bromance ça fait mieux, ça fait in. Bref Phillips, auréolé du succès du bof Very Bad Trip, se lance dans son Date Limite et tu vas voir le film et t'es attérré. Pratiquement d'un bout à l'autre. Je me fous de la gueule de Pixar ou des morales à la Apatow mais là, le discours est tellement mal inséré dans le film que, même si ça dit les mêmes conneries que chez Apatow genre "oh la famille, qu'est ce que c'est bien, si c'était pas la mienne de famille, je me branlerais dessus" ou "oh l'amitié. si c'était pas un mec, je le sucerais. enfin je le lècherais. bwahahah." et mes passages préférés du film où les deux persos se lamentent sur leurs papas respectifs. "le mien est parti quand j'étais petit, c'est un peu pour ça que je suis un connard" (bon ils poussent pas le vice jusqu'à lui faire dire comme ça mais on le comprend) et "le mien est mort, je suis trop triste, je m'en remettrai jamais mais le reste du temps, à part les scènes pathos, tout va bien.".
J'ai rien contre les scènes pathos ou les films pathos mais faut assumer, là ils te foutent leurs scènes de merde comme ça, boum, boum, boum, puis ils intercalent une scène vaguement trash ou qui essaie d'être drôle entre deux comme s'ils se rendaient compte que leur film c'était de la guimauve et que les gens voulaient leur dose de blagues quand même. Voilà comment on se retrouve avec une scène de masturbation qui aurait pu être une scène coupée. Mais ça aurait fait deux scènes larmoyantes à la suite et on aurait pu cramer le truc. Le pire, c'est que là, ce que je vous décris, ça a l'air d'être de la merde mais c'est le moins pire du film, c'est le début pratiquement. Parce qu'après, ça commence vraiment à enfiler les clichés avec le héros qui s'en va tout seul puis qui a des remords et revient le chercher, on nique bien cinq minutes avec ça pour le ressortir à la fin pour une confrontation stérile vu qu'on connaît déjà la fin. Je parlais l'autre fois des films qui vous donnent un coloriage que vous colorez comme vous voulez, là c'est le genre de films qui vous donne le coloriage, trois crayons et qui vous indique où mettre quelle couleur. Mais attention, on vous prend pas pour un con, on fait des références subtiles à d'obscurs films comme Le Parrain (encore que celle là va devenir de plus en plus dure vu les ados de maintenant) ou pire, Forrest Gump. Un truc que personne n'a vu ça.
Ça me rappelle un mec qui a un jour dit à une meuf qu'il voulait pécho : "Y a un film, je sais pas si tu connais, ça s'appelle Le Seigneur des Anneaux". Ça, ça résume ce genre de références pour toujours. Ça résume les épisodes passés et futurs de Community même. Les mecs quand ils font de ce genre de trucs leur fonds de commerce, ils vous prennent autant pour des cons que le mec avec la fille. Bref. Là où Date Limite creuse le sillon et rejoint son sinistre aîné, c'est dans les "péripéties", autant Very Bad Trip, on savait que ça serait ça le film, mais là, tu crois que le film est fini mais il fait que commencer et c'est le cirque aux péripéties débiles et tellement grosses et peu crédibles qu'on en est réduit à vaguement suivre le film mais surtout à regarder l'heure. Dans l'univers de Todd Philips, le truc le plus cool au monde, c'est la beuh. Donc quand on te crame avec une pipe à herbe à l'aéroport, c'est rien, on te confisque ça. Quand tu te fais arrêter par la police de la frontière du Mexique avec de l'herbe, je vous laisse la surprise de comment ils se retrouvent au Mexique, c'est tellement naze qu'à part pour niquer un quart d'heure de plus, on sait pas à quoi ça sert. Et là, le mec passe la frontière avec de la drogue, ben c'est pas grave, pourquoi ? Parce que les keufs Mexicains sont amateurs d'herbe et voulaient juste fumer aussi. Chez Apatow aussi l'apologie de l'herbe est super reloue. On dirait les baltringues qui le soir racontent des conneries ou qui t'envoient des SMS à la con et que t'as juste envie de leur pisser dessus et quand tu demandes des explications, ricanement, fierté, "j'étais bourré". Connard va. Tête de bite va. Vivement ta première cirrhose, on se tapera des barres ensemble, je t'accompagnerai boire une bière si tu veux.
Bref le problème chez Philips qui fait que je peux pas apprécier ses films hormis deux/trois trucs, c'est que c'est tellement GROS que j'arrive pas à y croire. Je sais que c'est un film, qu'on est au ciné et que c'est pas vrai ce qu'il se passe, c'est bon, je fais pas partie des mecs qui voulaient se suicider après avoir vu Avatar parce que la vie sur Terre était naze et que y avait pas de meufs bleues à baiser avec les LED qu'ils ont sur la peau si j'ai bien compris. Ouais, j'ai pas vu Avatar, on le saura. Pour en revenir à Date Limite, après l'arrestation au Mexique, on a une évasion qui mène au deuxième carton en bagnole du film. Ils auraient du mourir dans le premier, le deuxième est encore pire. Les mecs, il leur arrive tellement de trucs en 3 jours, Jack Bauer rangerait ça dans les films d'horreur. Surtout pour tout ce qui est d'ouvrir son coeur comme une baltringue.
Cette histoire de péripéties trop grosses, c'est déjà ce qui m'a en partie niqué Very Bad Trip, dès qu'on en arrive à se ballader avec un petit Chinois qui se prend pour un gros mafieux puis qu'on rencontre Mike Tyson, violeur notoire, et qu'on rigole avec lui avant de refuser une apparition de Mel Gibson dans la suite parce qu'on est un gros vicelard, oops je m'égare je confonds fiction et réalité, je ferais presque croire que le film était crédible avec ces conneries. Bref. Mon point de vue est que quand c'est trop gros et surtout qu'on fait mal avaler la pillule aux gens, ça passe pas. Regardez Supergrave, il s'y passait des choses énormes, les keufs faisaient des trucs qu'on ne verrait jamais des keufs faire mais on y croyait parce que leurs persos étaient plus finement écrits que ça en avait l'air et on comprenait leurs motivations (même si elles allaient être explicitées vers la fin parce que bon, on reste des cons) mais dès lors, tout ce qu'ils pouvaient faire paraissait crédible parce que les personnages l'étaient et ça restait raisonnable. On était rentrés dans l'univers du film super-vite et on croyait à tout ce qu'on voulait nous faire avaler, même que l'autre tête de puceau professionnel pouvait pécho. Date Limite, Very Bad Trip, tout paraît toujours très/trop artificiel et c'est dommage et je suis sûr que pour ma part c'est parce que j'ai pas réussi à rentrer dans l'univers vendu par le film, j'ai passé mon temps à me dire "c'est pas possible ça" ou pire "en vrai, c'est pas comme ça". D'autant plus dommage qu'on a quand même avec ce film enfin revu Robert Downey Jr bien jouer, niveau Kiss Kiss Bang Bang quoi, et essayer d'arrêter de voler à Christian Clavier son titre d'acteur le plus cabotin. (Tonnerre sous les Tropiques c'est hors concours).
Après je taille sur Todd Philips, je le fais passer pour je sais pas quoi, mais autant je pense que j'irai même pas voir Very Bad Trip 2 autant son Old School était une de mes comédies préférées dans le temps. Bon casting, bonne histoire, un peu grosse mais bien foutue dans le sens où t'es pas tout le film à te dire "ouais c'est pas possible". Tant qu'un film réussit à me faire avaler ce qu'il a à me faire avaler, c'est bon, je suis dedans et je peux perdre tout sens critique à son égard. Si je suis dedans, les défauts disparaissent parfois. Si ça m'intéresse pas, tu pourras avoir une super photo, un bon montage, foutre tout le vernis que tu veux comme le fait si bien Philips (sauf quand il fout This is why I'm hot de Mims sur la BO), ton film me plaira pas. Au moins en France, on est tranquilles à ce niveau là, les films sont pas drôles mais en plus de ça, ils ont pas de gueule, ils ont pratiquement rien à sauver. La seule comédie française que j'ai vu cette année et qui ressemblait visuellement à quelque chose de plus que respectable, c'était Fatal. Que je vous conseille.
Sinon là je me suis fait chier à comparer deux des grands noms de l'humour mais y a un mec qui monte, qui monte, qui monte et qui me déçoit jamais pour l'instant : c'est Jody Hill. Footfist Way est un film de ouf. Mais Observe & Report, c'est de la folie. Et sa série, Eastbound & Down, c'est à voir et à revoir. Je vais même pas vous expliquer pourquoi c'est bien sinon l'article serait encore plus long, je vais juste vous dire de choper ce qu'il a fait et de profiter. C'est un peu mon idéal comédique. Mais ne vous inquiétez pas, vous rirez. Vous rirez différemment mais vous rirez.

2 commentaires on "Apatow, Philips & Moi"

Mogadishow on 15 novembre 2010 à 05:42 a dit…

Je suis totalement d'accord sur tout ce que tu dis à propos des films estampillés Apatow et même si j'ai bien aimé Date Limite, ta critique correspond tellement à l'idée que je me fais de ce que doit être une critique que j'ai presque envie de la citer en exemple dans ma note sur les critiques.
Je pense que je vais en faire une seconde partie et je te citerais dedans tiens! ;-)

Mark_DaCouscous on 15 novembre 2010 à 07:11 a dit…

Pour Date Limite, j'ai essayé de bien expliquer ce qui me plaisait pour pas qu'on me sorte le sempiternel "ungh, t'aimes pas parce que tout le monde aime". J'ai expliqué pourquoi par rapport à ce que j'aime d'habitude là ça me plaît pas, pourquoi sur moi ça a pas marché etc... Je pense que c'est une critique honnête avec sa part de subjectivité/mauvaise foi mais marrante quand même :)

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