jeudi 21 octobre 2010

La suranalyse appliquée






Resident Evil, ça a commencé y a longtemps avec un jeu sur PlayStation et PC. Des gros bras qui se retrouvaient dans un manoir chelou et ils marchaient dans les couloirs et ils découvraient des trucs bizarres genre zombies, mutants, bêtes bizarres, bref. Le 2 et le 3 c'était pareil. Et pour sauvegarder fallait utiliser des photocopieuses.
On a eu les films, le 1 qu'était mignon, le 2 et le 3 qui donnaient le SIDA aux gens, j'ai été soigné récemment, et le 4 qui déchire sa race. Les films c'est des séries B voire Z mais j'ai pas envie de dire Z vu que Z c'est devenu des films de merde fait grave merdiquement exprès mais qui coutent des millions. Avec des millions, c'est facile de faire de la merde. Alors que les séries Z à la base, c'est des mecs qu'avaient pas de thunes et faisaient ce qu'ils pouvaient et décidaient de faire marrer les gens, faute de mieux. Enfin pas toujours. Parce qu'il y a aussi du Z sérieux comme un pape pédophile qui peut pécho Jordy. Bref tout ça pour dire que les Resident Evil, ils essaient de bien faire, le 4 est trop trop mortel et c'est pas comme les Piranhas 3D qui ressemblent un peu à ces bons vieux blackface. Ces Blancs qui se grimaient en Noirs pour se foutre de leur gueule bien hypocritement.



Et ça tombe bien qu'on parle d'un truc de racistes comme ça parce que là, j'ai joué à Resident Evil 5 et wooooooow, j'avais rarement vu un truc aussi cistra mais en même temps trop cool. Bon, on se se souvient tous de 50 Cent Blood on the Sand. Un jeu tellement vener qu'il avait niqué ma ps3 l'an dernier. En gros, on était 50 Cent qui s'est fait voler par un promoteur arabe alors qu'il faisait un concert au Moyen Orient. Le mec le paye avec un crâne incrusté de diamants car Fifty est contrarié de ne pas toucher ce qu'on lui doit. Manque de chance, une meuf (appelée "that bitch" le reste du jeu) lui vole le crâne et là, c'est parti, Fifty et ses potes visitent le pays et butent tout le monde et font tout péter. On visite les clubs de strip-tease du coin. Toutes les femmes sont appelées "bitch". On tue tout le monde. On fait tout sauter. Mais au passage devant le panorama, Fifty s'exclame "Yo, check out that view !". Je pensais que ce jeu était déjà pas mal dans l'exploitation des clichés et tout mais j'ai trouvé mieux. Resident Evil 5.



J'sais pas où ça se passe ce jeu, ça se passe dans un pays bizarre avec des Noirs, des esèces d'Arabes/pakpak/Malgaches et des gens indéfinissables. T'aurais envoyé Tintin là bas au lieu du Congo, il aurait fait un anévrisme. Le truc c'est que t'arrives là bas avec ton personnage, Chris Redfield, un gros Blanc musclé et armé, l'Amérique en personne quoi. Il est accompagné d'une jolie meuf à la peau claire, une métisse apparemment, Sheva. Elle hésite pas à tuer ses frères. Une Bounty, une Oreo donc. Le truc, c'est que tous ces gens sont contaminés par un virus. Tu butes les gens qui s'avancent un peu trop près de toi et parfois y a une bête dégueulasse qui sort d'eux genre qui montre le vrai visage de ces gens si on pousse le truc loin. C'est comme ça qu'on rigole avec les truc nazes, en les sur-analysant, je vous montre comment vous nous avez fait chier avec Eminem dans le temps, comment vous nous avez fait chier avec la fin d'Inception tout l'été et comment vous nous feriez chier je sais pas avec quoi bientôt mais vous raterez pas le coche parce que vous êtes pleins de ressources.
On est donc en Afrique à buter des mecs. On dirait presque un truc pour rappeler le bon temps du colonialisme ou un truc sur la guerre d'Irak. J'aime bien brandir le spectre de la guerre en Irak ou du brulôt post-11 Septembre à toutes les sauces parce que ça marche toujours. On pourrait même appliquer ça à des trucs qui datent d'avant ces évènements, ça déchire pour ça le 11 Septembre, très, très, très pratique. Y a aussi le "c'est pour parler de la situation en Palestine" qui marche bien. Mais là, on est dans le défouloir. La frustration de l'Américain qui voit son World Trade Center s'écrouler. La frustration de l'Américain qui voit ses soldats se faire tuer un à un tandis que les civils se font exploser par centaines par leurs concitoyens dans des attentats grave mal foutus. Pour lui, le Mal vient de ces pays là, Resident Evil, ouais le mal il est résident de ces pays de merde, je vais tous les buter. Et voilà comment on se retrouve devant Resident Evil à buter les minorités.



Le truc c'est que ça s'arrête pas là. En avançant dans le jeu, on tombe sur des zoulous trop rageux qui te sautent dessus comme des Avatars. Tu tombes aussi sur des sauvages qui utilisent des arbalètes mais qu'est ce qu'une arbaète face aux armes de l'homme occidental ? Tu tombes sur des reunois veners comme des Somaliens qui sont zombies mais te flinguent à l'AK-47. En plus de ça, tu découvres que quand un mec est à terre, on te propose d'écraser si t'appuies sur carré. Tu sais ce que ça veut dire "Écraser" quand t'appuies sur carré ? Ça veut dire que ton bonhomme, il éclate littéralement la tête du pauvre type qu'il a jeté à terre dans un bruit dégueulasse. Après ça, y a plus d'identification, ni rien, c'est foutu. Ça montre la déshumanisation de ces populations par les soldats Américains ça, c'est brillant. Vous voyez, c'est facile de suranayser. Même quand on parle d'un jeu où on se balade avec deux fusils à pompe, un pistolet, un bazooka et une machette et où on bute plus de mecs que l'armée U.S. n'en aura tués en Irak en 7 ans ça se trouve.
Et là où le jeu retombe sur ses pattes, c'est dans ses conneries habituelles. Tous les Resident Evil commencent de façon cool dans des endroits exotiques mais ça finit systématiquement dans de sombres labos sous-terrains. À croire que sous terre, c'est pas de la terre mais des labos de Umbrella, les grands méchants de Resident Evil, ceux qui fabriquent le virus qui détruit le monde. Vous savez ce que c'est ce virus ? C'est le capitalisme. C'est l'impérialisme. C'est Dieudonné. C'est Gad Elmaleh. C'est Jamel Debbouze. C'est tout ce qui va pas dans le monde. Le virus peut être ce que vous voulez pour le coup. Vous pouvez balancer la problématique qui vous plaît et faire une analyse de ouf, un devoir, un mémoire, une thèse en remixant ce que je viens de vous dire, c'est le genre de trucs qui passeront toujours ça.
Le jeu termine comme toujours avec le fameux Wesker, un blond qu'a les yeux bizarres et qui veut asservir le monde parce qu'il a des pouvoirs grâce au virus qui circule dans son sang. Il est l'impérialisme, il est le capitalisme mais il est peut-être pas les trois autres, il est plus marrant qu'eux quand même. Vous savez qui d'autre à l'impérialisme et le capitalisme qui coulent dans ses veines ? Les États-Unis d'Amérique. Du moins leur face sombre. Et ouais, Wesker c'est le côté obscur de l'Amérique et notre héros bodybuildé, celui qui ne se cache pas derrière des lunettes de soleil, il représente le bon côté de l'Amérique, okay il se salit les mains et bute des mecs et fait des choses pas très nettes mais c'est pour le bien de tous. Ce héros, c'est l'idéalisme, c'est la morale. Resident Evil 5 c'est le combat intérieur des deux versants de l'Amérique contre elle même. Et pour ça, c'est un chef d'oeuvre.
Vous voyez c'est facile de faire des analyses à la con et de les rendre acceptables. On parle d'un jeu avec un scénario tellement à chier que même les films essaient d'être un peu plus recherchés (mais sont encore plus abrutis). On parle d'un jeu qui faisait partie d'une saga vidéoludique sensée faire flipper sa race à tout le monde et qui s'est transformé en gros bourrinage organisé depuis le magique 4ème volet où on butait des Espagnols chelous. C'était une dénonciation des pratiques des Franciscains, Resident Evil 4, cherchez pas. Le risque quand on analyse un truc c'est que l'interlocuteur peut sentir qu'on se fout de sa gueule. Parfois à la fac, j'en ai un peu trop rajouté et ça a été grillé faut garder un certain équilibre. Je vous conseille aussi d'éviter les références trop pointues genre au concours de la Fémis, où on nous avait montré un extrait de documentaire sur un enfant aveugle aux Pays Bas dans les années 60, j'avais décidé de tailler les aveugles et citer Daredevil. Avec le recul, c'était pas malin mais j'étais le seul à rire parmi les 999 autres baltringues de l'amphi qui jouaient leurs vies ce jour là. Moi je savais que c'était foutu, les frais d'inscription étaient pas remboursables, ça faisait les blagues à 120 euros, autant se lâcher. Mais attention quand même quand vous surinterprétez un truc, ça peut donc être dangereux et grillé.
Là vous vous demandez où est ce que cet enfoiré veut en venir ? Moi même je sais pas où je veux en venir, je parle, je parle, je parle comme si j'étais payé au mot alors que je suis payé que dalle et que j'ai même pas fait la pute à mettre AdSense sur le blog ni même de liens vers une wishlist ni rien. Je voulais parler de Resident Evil 4 le film au début mais je me suis dit que ce serait comme de pisser dans un violon de faire ça vu que déjà tout le monde l'a vu et que les autres se disent que c'est de la merde et n'iront pas. Après j'ai voulu parler de Resident Evil 5 parce que je trouvais le jeu trop cool mais quand même un peu honteux dans son genre. Pourtant tout ce qu'on fait dans ce jeu, on le fait dans les autres Resident Evil, c'est juste que le politiquement correct nous est tellement inculqués partout, on nous en fait tellement bouffe que pour une fois qu'un jeu fait un truc qui change un peu et peut foutre la merde ben ça marche, ça choque, ça fait réagir les vierges effarouchées. Et j'ai bien peur d'en avoir fait partie vu que j'ai remarqué ça au lieu de tout simplement jouer.
La leçon de tout ça ?

0 commentaires on "La suranalyse appliquée"

Enregistrer un commentaire

Followers

 

J'<3 pas tout (sauf les teen-shows et Michael Bay) Copyright 2008 Shoppaholic Designed by Ipiet Templates Image by Tadpole's Notez