vendredi 3 avril 2009

Zodiac






En décodé, ma critique donne ça.



Qui est le Zodiac? C'est LA question. Un tueur qui tel un Paris Hilton du meurtre est toujours enclin à faire connaître ses méfaits au plus grand nombre. Lui n'avait pas de caméra soi-disant cachée pour le filmer en action mais il écrivait lui-même à la presse, aux journaux de San Francisco, et ainsi il s'est crée son propre mythe. La première « attention-whore » de l'histoire. Mais une attention-whore dangereuse qui aura fait entre 37 et 200 victimes à en croire les sources officielles.

Un flic, Dave Toschi, (interprété par le brillant Mark Ruffalo), le journaliste excentrico-alcoolique Paul Avery (Robert Downey Jr) et le dessinateur « boy-scout » Robert Graysmith, (Jake Gyllenhaal), qui a écrit les livres d'après lesquels le film est adapté, vont se lancer à corps perdus dans l'enquête pour démasquer le Zodiac.
Sans se douter de l'ampleur de la tache. Ni des conséquences.

Le tueur est très diversifié dans son absence de modus-operandi, le film nous le montrant toujours tuer selon des méthodes différentes d'ailleurs, que l'enquête piétine et n'avance pas des masses. Ses cibles sont variables, du couple d'adolescents typiques jusqu'au chauffeur de taxi lambda, la terreur s'installe, tout le monde est une cible potentielle. La gestion de l'affaire échappe des mains des différents intervenants et l'affaire devenant publique ralentit encore plus le travail des policiers qui se retrouvent avec des centaines de dénonciations volontaires, de délations fantaisistes et d'aide apportée par des Colombo du dimanche.

En tant que film historique sur la gestion de cette légendaire affaire criminelle, le film est très brillant. David Fincher filme les années 70, on s'y croirait, les voitures, les costards improbables et les coupes de cheveux qui vont avec sont au top. Et tout ce qui touche à l'enquête en elle même, aux anecdotes et tout ce qui s'y rapporte est au diapason. La reconstruction est exemplaire et de la part de Fincher, réalisateur méticuleux, on n'en attendait pas moins. A ce niveau là, on peut rapprocher Zodiac du Munich de Spielberg, mais tandis que le film paraissait tourné à l'époque des événements chez Spielberg de par l'utilisation de zooms tombés en désuétude dans le cinéma moderne ou encore le traitement de la violence, sèche, abrupte et limite ignoble comme toujours dans les films adultes de Spielberg, là Fincher filme les années 70 mais avec son oeil de réalisateur des années 2000.
Mais pas d'inquiétude, ici pas d'esbrouffe inutile avec la caméra se faufilant dans une anse de cafetière de Jodie Foster ou dans les tuyaux du frigo d'Edward Norton, pas d'effets étranges qui étaient légion dans Fight Club, non, Fincher filme posément, très classieusement, tout s'enchaîne naturellement, c'est maîtrisé, le montage sans en faire des tonnes nous fait suivre l'histoire avec intérêt et sans temps morts, c'est simple, on se croirait presque dans un Scorcese. Même si l'influence vient clairement de classiques comme Les Hommes du Président de Pakula, d'où l'étrange ressemblance entre les locaux fréquentés par Redford et Newman et ceux du San Francisco Chronicle de Zodiac. D'autres références dans le film comme Bullitt que Dave Toschi aurait inspiré et LA référence immanquable, Dirty Harry, qui avait été réalisé en plein pendant la période où l'affaire du Zodiac faisait rage. On ne sait pas ce que le Zodiac a pensé de l'Inspecteur Harry mais comme il voulait un film sur lui, il a été servi. A nouveau, le film nous rappelle l'avant, avec les films policiers de l'époque et la modernité, avec le travail de Fincher tout du long sur le genre, qui lui au moins est fidèle au genre et ne nous fait pas de la bouillie, du résidu de diarrhée comme a fait Michael Mann avec Miami Vice.

Et sous son aspect irréprochable, que nous raconte le film? L'histoire d'une obsession et ses conséquences. Les 3 personnages vont tous se perdre à cause de leur enquête sur le Zodiac, le journaliste sombre définitivement dans l'alcoolisme et finit par travailler pour un journal minable, le flic se fait virer et le dessinateur, pour sa part, continue à s'enfoncer de plus en plus profondément, ne lachant rien, voulant à tout prix résoudre cette affaire. Quitte à y perdre sa famille, voire la raison... Comme en témoigne cette scène où il interroge une détenue et qu'il cherche à obtenir la réponse qu'il VEUT entendre, et non la vérité.
Une séquence plutôt intéressante étant donné les critiques dont le véritable Robert Graysmith fait toujours l'objet au sujet de ses livres sur le Zodiac que beaucoup considèrent comme perclus de mensonges et d'inexactitudes qui, comme ses documentaires pour Michael Moore, lui servent de tribune pour dire ce qu'il veut sous couvert de vérité.
Graysmith devenu fou à cause du Zodiac? Si c'est vrai, il faudra pour une fois saluer le slogan de la campagne promotionnelle du film:

There is more than one way to lose your life to a serial-killer.

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