vendredi 3 avril 2009

Shoot'em Up




Clive Owen, l'acteur qu'Hollywood essaye de faire passer pour une star depuis quelques années alors que tous les films où il est la tête d'affiche sont des bides, revient après Sin City et les Fils de l'Homme dans un rôle synthèse des deux précedents, après avoir sauvé les putes et un bébé, ici il fait les deux à la fois! Il reprend le manteau en cuir de son perso boy-scout de Sin City et les sapes de clodo de Théo des Fils de l'Homme, se pare d'une expression faciale qu'il ne lachera pas de tout le métrage, « J'suis un dur, m'emmerdez pas! », avec peut-être derrière la tête le projet de finir comme Bruce Willis, typecasté dans les mêmes rôles à vie, et c'est parti pour un tour!


Shoot'Em Up, en résumé

Le postulat de départ de Shoot'Em Up est très léger. Une femme enceinte est poursuivie, Mr Smith (Owen) est l'empêcheur de tourner en rond, le casse couilles officiel du coin et décide de mettre son grain de sel en butant les poursuivants de la bonne femme qui meurt le laissant avec le bébé sur les bras. Ensuite c'est la même chose répétée ad-nauseum dans des scènes de plus en plus énormes comme le veut la tradition du film d'action et non pas la tradition de Casino Royale qui consiste à l'inverse à aligner des scènes de plus en plus minables au fur et à mesure que le film avance.
Le parti pris du film réside dans le fait que le film soit une sorte de cartoon-live, bien appuyé par le fait que Smith passe son temps à bouffer des carottes et qu'il dise même « Quoi de neuf docteur? » pour que même l'handicapé du 1er rang capte bien l'intention de l'entreprise. Un cartoon-live donc qui aurait décidé de faire en moins bien ce que John Woo fait depuis toujours niveau fusillades: de l'énormité stylisée. Là, pour être énorme, c'est énorme, mais niveau style, c'est plutôt quelconque même s'il faut saluer un fait rare ces derniers temps, un fait très rare, qui fait de ce film un moment exceptionnel: pas de caméra Parkinsonnienne, on VOIT vraiment tout ce qu'il se passe à l'écran, presque miraculeux. Bravo à Michael Davis, réalisateur de l'excellent Monster Man, pour ne pas avoir cédé aux sirènes du filmage dégueulasse et du montage ni fait, ni à faire, (quand c'est pas maîtrisé), dès qu'il se passe quelque chose.
Au niveau de l'action, pas d'inquiétude, on est servis, mais l'énormité des situations et l'ingéniosité deployées rendent le tout justement trop gros et assez vite lassant, une fois qu'on a compris que les hommes de mains étaient l'équivalent des ringards en jogging blanc de John Woo et que Smith ne mourrait jamais, la lassitude pointe vite le bout de son nez, surtout qu'à l'inverse d'un Bad Boys 2 qui proposait des scènes d'action suffisamment variées, ici les scènes de bang-bang se résument à du simple bang-bang à l'exception de la scène de baise-fusillade et du climax aérien qui ne ressemble à rien... A force, c'est un peu comme de regarder un autre jouer à un jeu vidéo, ça a l'air marrant mais on aimerait avoir la manette.


Shoot'Em Up, le film préféré de Michael Moore

Après hormis la lassitude il y'a des choses un peu gênantes comme cette volonté de faire une vraie histoire qui ralentit le film en plus de le rendre un peu faux cul car quand en même temps que de dire que les armes c'est pas bien, on a droit à une pub d'enfer pour tous les derniers modèles qui sont rendus plus cools que jamais, et quelques scènes de développement scénaristique ralentissent un peu le rythme mais c'est du pinaillage. Il faut ensuite parler de l'humour qui n'est pas toujours au top, une punchline sur trois est vraiment bonne mais les deux autres sont vraiments faibles, et le coup des carottes, au bout de la deuxième fois, c'est déjà vieux et lourdingue. Ensuite, le problème Bellucci, qui ne joue toujours pas bien alors que c'est la énième fois qu'elle fait une prostituée et qui malgré qu'elle soit là depuis plus de dix ans est toujours incompréhensible dès qu'elle ouvre la bouche. Mais le reste est bien. Enfin un détail, pourquoi se démène t'il pour protéger ce bébé, (déjà affligé du handicap d'aimer le heavy métal alors qu'il n'a que deux jours), qui vu comme il est secoué dans tous les sens sera sans doute attardé mental mais en tout cas obligatoirement sourd à force d'être aux premières loges à chaque fusillade?


Shoot'Em Up, c'est à peu près ce niveau de mensonge

Au final, c'est loin d'être le fond de cabinets auquel je m'attendais, ça a le mérite de ne pas être un destructeur de franchise comme le soi-disant « Die Hard 4 » de ce branleur de Len Wiseman, mais ce n'est pas non plus un super film d'action, c'est seulement un bon petit divertissement qui se voit tranquillement sans atteindre le niveau d'un Crank qui était beaucoup plus mal élevé et à la finition plus « trash », et bien loin du sommet du genre qui restera Commando que Davis aurait sans doute voulu détrôner au panthéon du film d'action énorme à punchlines dévastatrices. Mais ce que Shoot'Em Up a de trop, c'est ce caractère de trop forcer le délire alors que dans Commando, cela venait naturellement et sans en faire les tonnes que déploie ce film.

7/10

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