vendredi 3 avril 2009

Pirates des Cacaraibes 3


2003. Le premier Pirates des Caraïbes sort au cinéma. Une attraction Disney adaptée au ciné, beaucoup se demandent ce que fument les producteurs Hollywoodiens et voudraient les bonnes adresses pour s'en procurer. Le film sort, il est même plutôt cool malgré ses problèmes de rythme. En plus de ça, c'est un gros succès mais est ce vraiment une surprise? Ca avait l'air con mais des films à l'air encore plus cons ont bien été des succès... Genre Star Wars.
2006. Pirates des Caraïbes 2 sort. Le titre original est LA vanne ultime sur Keira Knightley: Dead Man's Chest, la Poitrine de l'Homme Mort, on fait pas mieux, et ça se trouve nos amis québécois ont traduit comme ça. Ca fait déjà deux ans et demi qu'à tous les Halloween les mecs se déguisent en pirates plus ou moins gays, (Jack Sparrow donc), et la première des deux suites tournées coup sur coup sort. C'est plutôt bancal, y'a pas de fin, c'est toujours trop long, on voit pas trop où ça veut en venir mais il y'a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'action. Cette fois le succès est énorme, plus d'un milliard de dollars récoltés au box-office mondial, on veut la suite... En plus Sparrow meurt!
2007. Le troisième volet sort « enfin », on n'aura pas trop attendu au final. On va enfin savoir ce que le Kraken a fait de Jack. On va enfin avoir les réponses à toutes les questions qu'on était en droit de se poser. Il paraît que la bataille finale est exceptionnelle. C'est parti pour réussir et au final, une fois le film terminé, on attend encore de voir Pirates des Caraïbes 3 car ce qu'on vient de voir, c'était plutôt Pipirates des Cacaraibes : Jusqu'au bout de l'Ennui...
Et cette fois à la fin, c'est nous qui mourrons face à ce nouveau représentant des gros blockbusters qui n'ont rien à raconter mais prennent tout leur temps pour le faire.


Grosse daube à l'horizon! – Johnny Tiepp

Par où commencer? En admettant que le film est visuellement très beau. Une jolie réalisation, on va pas dire qu'elle est parfaite, mais jolie, c'est beau à voir. De même pour les superbes effets spéciaux, s'il y'a bien une chose à laquelle Star Wars aura servi pour une fois, c'est la création d'ILM. ILM qui fait de beaux effets spéciaux pour tous les films, sauf les Star Wars. Davy Jones est toujours aussi impressionnant, il n'y a aucun défaut, on est loin des effets de Spiderman 3... Enfin si, les seuls effets moches interviennent lors de la multiplication des Sparrow à l'écran, vraiment affreux. Mais de jolies images et des effets spéciaux font ils pour autant un film?
Il faut croire que non vu que le reste du film était vraiment, mais alors vraiment mauvais. C'est dommage, ça commençait très bien, après cette scène d'exécution par pendaison à la chaîne, où des pirates sont tous pendus, et même un enfant qu'a les dents pourries. Et c'est chez Disney qu'on fait ça.

Tout d'abord, commençons par le plus important. Non, Jack Sparrow n'a pas été tué par le Kraken, l'immonde pieuvre géante de Davy Jones. Que lui a fait le Kraken alors? Ben rien, il lui a offert une balade, l'a craché sur une plage dans le monde des morts ou un truc du genre, car le film prend un malin plaisir à prendre son temps pour nous expliquer des trucs dont personne n'a rien à foutre mais survole les trucs importants ou qui pourraient servir à ceux qui cherchent un semblant d'intérêt ou qui aiment bien suivre une bonne histoire dans les films. On a donc droit au premier film à trous. Dès qu'un point n'est pas éclairci, à nous de jouer, on remplit le trou, on comble le vide.
Le scénario est un gruyère d'où surnage une idée. La trahison. Tout le monde se souvient de « la PEUR » qui revenait souvent dans Batman Begins, ici c'est la trahison qui est le ressort scénaristique principal, alors qu'il est seulement en 4ème ou 5ème place dans les autres films. Là, c'est simple, toutes les deux minutes, pour donner l'illusion que le film est riche et qu'il se passe des choses: quelqu'un trahit quelqu'un d'autre. Et donc pendant 2heures et quelques, on a droit à des dialogues de ce genre: « Tu m'as trahi, t'es plus mon coupain. », « Tu me laisses ta place, je te la redonnes tout de suite. » ou encore « Banane! ». On se croirait en maternelle pour un peu. Bien sur, il faut garder à l'esprit que de toutes ces trahisons, très peu voire aucune n'est vraiment nécessaire au bon déroulement de l'histoire mais comme on est là pour passer du temps sur les choses inutiles...
Et le Kraken donc, qu'est ce qu'il est devenu? Ben rien. Des oiseaux à la con en grignotent des morceaux sur une plage car il est mort, hors champ, comme une merde alors que c'était une des stars du second volet... Super. Il manque plus qu'un panneau « On se fout de votre gueule » dans un coin.


Riri, Fifi et Loulou: attention, quelqu'un va trahir quelqu'un.

Tout le monde a un but commun dans le film, combattre l'oppression de la compagnie des Indes mené par Lord Beckett, mais pour faire passer ça pour un film riche, on nous fait croire que les personnages ont des motivations autres que jouer les durs mais être au final de bons boy-scouts.
On a par exemple le toujours fade Orlando Bloom qui veut sauver son père de l'emprise de Davy Jones. Le père qui entre le deuxième et le troisième film est devenu complètement gaga, sénile et affligé d'Alzheimer, prêt à buter des mecs et apparemment plein d'entrain à remplir son devoir pour Jones alors que ce n'était pas du tout le cas dans le deuxième. Une sous-intrigue inutile vu que de toute façon, les mecs doivent combattre Jones d'une façon ou d'une autre, mais ça nous aurait fait perdre 4 ou 5 trahisons...
On a aussi Johnny Depp ou plutôt Johnny Tiepp qui se voit offrir plus de scènes comiques que dans le deux mais est paradoxalement beaucoup moins drôle. On nous le montre peu de fois mais longuement avec ses doubles. Parce que là, l'excentrique Jack voit sa folie rendue visuellement à l'écran, et n'ayons pas peur des mots, c'est visuellement moche, (les seuls effets faibles du film) et à chier dans l'idée... Ca fait très Dans la Peau de Jack Sparrow mais en version humour bas de gamme et super lourde. En plus de ne servir à rien. O.K. Le film veut faire plaisir mais trop c'est trop, et trop de Sparrow tue le personnage qui d'ailleurs ne sert à rien, (ça doit être ça la malédiction dont ils parlent tous: servir à rien): le comble quand on est le seul représenté sur l'affiche du film... En effet, le personnage n'est qu'un outil pour les autres et de héros passe à faire-valoir comique, et bien sur il a son compte de trahisons car il veut devenir chef à la place de Davy Jones, mais lui aussi serait arrivé à Jones de toute façon à la fin...

Dans le genre je-ne-sers-à-rien mais je justifie le budget de 250 millions: les pirates Chinois et Chow Yun-Gros, le célèbre acteur chinois, connu pour avoir tué des mecs dans The Killer et encore plus de mecs dans A Toute Epreuve. Il joue le chef des Ewoks dans Pirates 3. Lui et son armée de pirates, ça fait un paquet de petits bras pour la bataille finale qui se profile à l'horizon et ça fait de la main d'oeuvre pour les personnages principaux. Bien sur, les pirates Chinois trahissent eux aussi à un moment donné et eux aussi le font pour rien... Tout comme Chow-Yun Fat Joe qui a un temps de présence ridicule à l'écran et ne sert lui non plus à rien, enfin si une chose, il rend Keira Knightley encore moins crédible que dans les deux autres films en la rendant capitaine de son navire.
Comme il semblerait que la jeune actrice anglaise souffre du syndrome Halle Berry: « Je veux plus d'importance dans le 3 », les scénaristes lui en ont donné. Et ils ne se contentent pas de la faire capitaine du bateau chinois mais elle finit Roi des Pirates après une scène qui résume tout le film: le conseil des pirates. On nous montre la délégation des seigneurs pirates du monde entier, les Japonais, les Français, les Hindous, les Africains etc... Tous les personnages ont un super look. On sent le bon potentiel, on imagine tout le monde se battre à la fin mais en fait, c'est à nouveau la déception. Les personnages sont sous-exploités, l'humour tombe désespérément à plat et on a en prime le caméo d'un papy des Rolling Stones qui ne sert à rien d'autre que faire traîner un film qui n'en avait vraiment pas besoin. Bref, Sparrow est un ringard qui s'habille comme son père et Elizabeth est Roi/Reine des Pirates, tiens c'est marrant ça, la Reine Elizabeth!


Que d'humour pour tous dans Pirates des Caraïbes 3!

Donc Knightley et son absence de charisme dans la trilogie flibustière se lancent dans les grands discours censés donner l'envie de combattre à tout le monde. Vous savez comme le discours du président des USA dans Independance Day qui veut botter des culs d'Aliens. Mais là, l'emphase est telle qu'on sent que les mecs ont envie d'agiter le drapeau blanc et se rendre pour aller plus vite. La scène est dans le genre embarrassant du même tonneau que celle où elle faisait l'intéressante sur la plage dans le 2 quand son amoureux et les autres se battaient. C'est dire le niveau.
Et le moment tant attendu arrive enfin. LA BATAILLE. D'un côté, une centaine de navires de la compagnie des Indes + le bateau de Davy Jones qui a buté son Kraken sur ordre de Lord Beckett, alors qu'ils auraient pu l'utiliser pour tuer les pirates, mais on va pas commencer à pinailler et faire comme si les personnages réfléchissaient. Et de l'autre côté, on a les pirates du monde entier menés par Keira Knightley! Et accessoirement Sparrow et Barbossa qui passent leur temps à s'engueuler et deviennent l'un des nombreux duo comique de ce film qui n'en manque pas. Entre le crétin à l'oeil de verre et son pote, les deux soldats débiles, le singe et tout ce qu'il cotoie etc...


Le singe du film après son arrestation pour voies de faits sur Jerry Bruckheimer.

Les enfants aiment l'humour, Verbinski vous fait le menu maxi-best of de l'humour lourdingue pendant trois heures. Bref, une centaine de bateaux de chaque côté, la bataille peut commencer. Mais en fait non, il faut parler de l'autre « enjeu » du film...
Tout le film, on entend parler de Calypso, une déesse quelconque qui a peut-être le pouvoir de rendre le film intéressant, ce serait bien. On nous fait croire un instant que c'est Keira Knightley, mais ils se rendent compte qu'elle est affligée de bien trop de problèmes pour en plus être une déesse. Calypso a apparemment un grand pouvoir. On se dit que ce sera peut-être le Kraken² mais quand elle se libère, - c'était en fait la sorcière vaudoue amoureuse de Jones, on avait tous capté vers le début du film après les 15 plans sur le même pendentif qu'ils ont tous les deux, mais on a quand même droit à la grande scène d'explications fumeuses -, c'est digne d'un nanar des fifties genre la femme qui mesure 50 pieds. La fille devient donc géante, ce qui n'a aucun effet sur le bateau, fait la grosse voix disant des trucs incompréhensibles mais qui ne servaient sans doute à rien, provoque une tempête et... se divise en milliers de crabes. 2 heures et quelques de film pour faire ça, une dizaine de scènes bien longues dans le vent. Beau boulot.


Un plan de la bataille finale de Pirates des Caraïbes 3.

Après ça la bataille peut enfin commencer et en lieu et place de centaines de bateaux en guerre, on a droit à deux malheureux bateaux, ceux des personnages principaux bien sur. Alors Sparrow va se battre contre Jones, beau combat sous la pluie, pour faire genre c'est épique et sombre, travelling circulaire à la Bay, ça bouge bien. Mais sur l'autre bateau, Bloom, Knightley et Barbossa se battent avec les comiques du coin et là c'est une autre histoire... On a droit à la scène romantique la plus débile et la plus neuneu et faible qu'on ait vu depuis longtemps avec les deux tourtereaux qui décident de se faire marier en express par Barbossa en plein combat... Ca dégouline de guimauve et trouve son point culminant dans ce baiser franchement ridicule. Alors que la bataille la plus importante de la vie des pirates a lieu, voilà sur quoi on s'attarde, à se demander pourquoi il fallait avoir l'appui des pirates du monde entier puisqu'au final, il n'y a que ceux qu'on connaît qui ont combattu contre les méchants que l'on connaît. Parmi ce fatras, ce gâchis, cette disgrâce surnage une séquence, LA séquence de la trilogie: Lord Beckett marchant vers la mort, son bateau est détruit, les débris volent, son monde et ses convictions s'écroulent, le tout dans un ralenti superbe, là on ressent quelque chose, ça vibre, c'est EPIQUE, enfin. Et c'est un personnage vraiment secondaire qui se paye le luxe d'avoir la plus belle fin, car pour les autres, c'est vraiment lamentable. Bloom est « tué », il va devenir capitaine à la place de Davy Jones, Knightley devra s'acheter un sextoy car Bloom ne rentrera qu'une fois tous les dix ans et pendant ce temps les pak-pak, les japonais et tous les autres sont contents mais ils ont rien foutu de toute la bataille...
Et histoire de finir la trilogie comme des cochons, on se retrouve au point de départ du 1er film, Sparrow a un canoë et il s'est encore fait voler le Black Pearl par Barbossa, les deux sont à la recherche de la fontaine de jouvence. Ce serait les scénaristes qui devraient se lancer à sa recherche, parce que s'il y'a un quatrième volet et qu'il est aussi faible que celui là, ce sera vraiment du gâchis.

Pirates des Caraibes 3, des gros moyens à disposition de petits bras. Une ambition réduite au minimum où seule l'envie de fric surnage au détriment du spectateur qui apparemment comme avec James Bond s'est fait trèèèès indulgent avec Jack Sparrow. Une trilogie qui se finit tristement, la faute à un scénario vraiment faible et limité que même les meilleurs effets spéciaux sur le marché et une réalisation de bonne facture ne sauvent pas. L'ennui se faisant tout de même ressentir malgré le beau visuel. A l'inverse d'un Spiderman 3 qui malgré ses effets spéciaux défaillants parvenait à être captivant de par la vraie richesse de personnages comme l'Homme Sable et diverses thématiques explorées qui classent tout de suite le film au dessus ces pirates et leur sinistre naufrage. Ah-ah.
Pas très marrant, surtout pour quelqu'un qui avait vu 3 fois le deuxième et plaçait de grands espoirs en cette troisième partie. Un Matrix Revolutions-bis.
Les Pirates comme Néo, oubliés dans 3 ans?

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