vendredi 3 avril 2009

Le Royaume


Le Royaume est la nouvelle production de celui qui est devenu une sorte de roi Midas qui déconnerait: Michael Mann. Un Midas qui au lieu de transformer ce qu'il touche en or le transformerait irrémédiablement en matière fécale, en caca si vous préférez. Un beau jour, il tombe sur le script du Royaume et se dit que c'est trop bien pour lui car ça manque de héros autistes et de dialogues défiant les lois de la physique, alors il refile le bébé à son nouveau loufiat, Peter Berg, dont les titres de gloire sont Bienvenue dans la Jungle et Friday Night Lights, qui valaient le coup et n'étaient pas produits par Michael Mann.
Mais de quoi parle donc le Royaume? Ce n'est pas une énième variation fantasy débilitante sur un loser de la campagne qui doit amener un bling-bling pourri dans le Nord, qui est la région où ils vont tous dans ces trucs là. Ce n'est pas non plus un film historique. C'est un film « d'action », un « thriller politique », un peu comme Miami Vice, avec de gros guillemets car ils auraient du le classer en film sportif, catégorie « Bateaux ». Bref Le Royaume nous raconte l'histoire d'un attentat super hardcore où ces salopards d'Islamistes n'ont pas seulement fait péter une bombe, mais ils ont aussi tiré dans la foule et remis ça après quand les secours et d'autres étaient là. Et parmi eux, il y'avait le pote à Jamie Foxx, le Coach Taylor aussi appelé Demain à la Une qui n'avait apparemment pas reçu le journal, ou alors il a seulement fait le sudoku.
On envoie donc Jamie Foxx, qui joue pour la troisième fois le rôle du mec à lunettes de soleil, et son équipe, composée de Michael Bluth, Sidney Bristow et un vieux jamais content, pour enquêter sur l'attentat en Arabie Saoudite et pourquoi pas choper le Ben Laden local, Abou Hamza.


Team America. En pas marrant.

Arrivés là bas, ils ne sont pas les chefs, ils ne sont pas in charge, ils commencent à se dire qu'ils auraient du venir avec Jack Bauer ou Denzel. En gros, l'enquête n'avance pas et le film commence à nous apprendre des choses dont on ne se serait jamais doutés. On les remercie donc de nous apprendre que tous les Arabes ne sont pas des terroristes, il y'a même des mecs bien qui ont des enfants qui font des dessins. Incroyable. Par contre, niveau enquête, ils ne sont pas très forts, les Américains n'ont qu'à se baisser pour trouver des indices qui sont là, sous le nez de tout le monde. Et niveau tir, c'est une catastrophe, même à bout portant, ils ne sauraient pas tuer un mec comme on le verra plus tard.
Ca, c'est 1h15 de film, d'enquête indigne de NCIS qui avance à peine grâce à des reconstitutions de billes, des mecs qui pataugent dans la boue, de trucs genre « Les mecs à qui il manque des doigts, c'est des terroristes au fait.», etc... C'est aussi 1h15 de Jamie Foxx qui bombe le torse et de traits d'humour hilarants genre Foxx dit que quelque chose est chié et son pote Saoudien gentil, joué par un Israélien, dit « Ah tu dois aller aux toilettes? » quand l'enquête est croit on résolue. Des boucs émissaires pourris sont tués, les agents doivent rentrer au pays, finir comme ça aurait été pertinent vis à vis du propos sur la lutte contre le terrorisme et tout.


Tirons nous avant que le black de Miami Vice arrive et nous livre une pizza! – Traduit de l'Arabe

Mais depuis le début, on a des plans sur des branleurs qui préparent une super bombe, il faut qu'elle serve à quelque chose, et surtout Michael Mann se doit de faire plaisir à son public de beaufs qui kiffe aux ¾ Heat parce qu'il y'a « une putain de fusillade, gros! », depuis ce jour, il se prend pour Orson Welles et il se dit qu'il doit mettre des coups de feu pour que les gens influençables aiment ce à quoi il participe. Comme le prouve cette équation.

« Heat: Chef d'oeuvre. Collateral: Génial. Miami Vice: Culte. Revelations: Dégage. »

Puis bon, il faut bien mettre dans le film tout ce qu'on a filmé pour faire joli dans la bande annonce et attirer les gogos qui doivent amortir leur carte ou les pauvres gens qui avaient 9,80€ à dépenser. Pour Miami Vice, il ne s'était pas gêné pour ne pas mettre dans le film des trucs qui étaient dans la bande-annonce mais bon, le principal est qu'une fusillade, ça fait toujours bien.


Extrait du Royaume, Grand Mère sait faire un bon carton. En l'air. Et à côté.

Il a donc prodigué ce conseil à Peter Berg qui nous offre une demie-heure d'action, tout sauf originale, puisque calquée sur Black Hawk Down dans son concept de guérilla urbaine sauf qu'ici il y'a plus de bazookas et que les mecs savent encore moins bien viser que les Africains, qui avaient quand même réussi à tuer quelques soldats. Après 10 minutes autoroutières merdiques, c'est donc parti pour vingt minutes de fusillade inutile où les Américains ont fait un code pour être invincibles et tirer sur des losers qui crient « Allah Wakhbar » en tirant en l'air, sur les côtés, partout mais pas sur Jamie Foxx. BAM BAM BOOM « Fumier! » Arghhhh BAM BAM KA-BOOM « Abou Hamza! » BAM BAM BAM. La scène est naze, il y'a des terroristes partout, on les aurait sous estimés?


SuperJihad, le méchant du Royaume

Il ne faut pas oublier qu'ils ont artificiellement relancé l'intérêt en kidnappant un des Américains parce qu'il est fan des Pixies et qu'ils sont bien partis pour lui faire un Daniel Pearl, mais comme ils se prennent aussi pour Michael Mann, ils se la jouent perfectionnistes et mettent 10 ans à installer une caméra. Mais tout se finit bien. Ils sauvent leur pote, trouvent le grand chef terroriste et finissent même sur une note triste, le gentil flic Saoudien est tué. La Team America rentre chez elle, nous offre une scène super-lourde sur le cycle sans fin de la violence qu'est tellement pesante et conne que même Paul Haggis ne l'aurait pas osée... Une phrase dite par deux personnages différents, dans des contextes différents mais qu'on met au même niveau histoire de se la jouer fin de fou, puissante et tout le tremblement mais qui fait juste soupirer.
La lourdeur est d'ailleurs l'un des défauts majeurs du film. On va citer pêle-mêle le fils de Jamie Foxx qui dit qu'il y'a trop de méchants dans le monde, les phrases chocs assénées au marteau piqueur comme « J'ai vu ma fille... Avec une boite de pansements... Vous savez pourquoi? Elle voulait remettre dans le bon sens la bouche de sa mère. »; on imagine le regard concerné de Foxx derrière ses lunettes. On accumule les passages ridicules du genre qui petit à petit plombent bien le film.
La réalisation se veut « documentaire » mais en fait ça va, la caméra n'est pas tenue par Michael J. Fox, parti faire des pubs pour Orangina, donc on voit ce qu'il se passe à l'écran et c'est pas à gerber comme 28 Semaines plus Tard ou les derniers parangons du cinéma en «Branlovision ». Berg fait un travail carré, ressemblant assez au travail effectué sur Friday Night Lights et en hommage au « maître », il se paie une scène Mannienne: une musique pseudo-atmosphérique et des gros plans sur les regards d'ahuris des personnages après qu'ils aient tous tué une dizaine de mecs chacun. Au moins, ils regardent pas la mer et ne vont pas à Cuba pendant ce temps.
Pour ce qui est des acteurs, Foxx reste dans son non jeu constant, Garner passe pour une grosse victime au point qu'on se demande ce qu'elle fait dans le FBI vu qu'elle passe son temps à pleurnicher, Bateman est le comique du film et les autres acteurs de toutes les séries TV de ces 3 dernières années ne sont pas là assez longtemps pour qu'on puisse les juger.
Ca aurait pu être un excellent film mais à force de s'enliser dans le politiquement correct à la moindre occasion, de ne jamais prendre aucun risque, de ne jamais effleurer du doigt la polémique, ne parle jamais de religion, ni rien, de peur de se retrouver avec 15 associations et 10.000 menaces de morts au cul...


Un mec qui trouve le Royaume insultant.

Le film se laisse donc suivre d'un oeil très distrait mais ne peut prétendre qu'à l'ennui. Et comme on le sait:
Au Royaume de l'Ennui, Michael Mann est Roi.

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