vendredi 3 avril 2009

D'un extrême à l'autre...


Beowulf...
Beowulf est le deuxième essai de film tout en 3D de Robert Zemeckis, qui a comme seul titre de gloire d'avoir produit l'excellent, l'extravagant, l'extraordinaire Maison de Cire. En effet, en 2004, ce pauvre mec s'était déjà planté avec Le Pôle Express, un film avec des playmobils qui ressemblaient vaguement à Tom Hanks et d'autres qui devaient ressembler à de la merde pour qu'il se sente obligé de les trafiquer en 3D...
3 ans après, voilà Beowulf, scénarisé par Neil Gayman, (le minable Stardust), et Roger Avary qui nous prouve une chose, c'est que quand il fait un film pour le fric, ça se voit et il le fait pas à moitié. Et donc le vieux Zemeckis, qui après ses titres de gloire genre le super ringard Retour vers le Futur et l'ultra-niais Forrest Gump, se dit: « Je vais révolutionner le cinéma. ». Résultat, il révolutionne que dalle et il dégoute tout le monde. Là, c'est le genre de film que seul un dickrider fan de Star Wars et Retour vers le Futur peut défendre. Faut au moins ça.


Beowulf le Vrai. Même ça, ça devait être mieux.

Mais alors de quoi parle Beowulf? Cette tentative de faire un film nous parle d'un Roi qui ressemble à Anthony Hopkins dont le royaume se limite à 3 cabanes et une salle des fêtes où tout le monde se bourre la gueule et danse la tectonik tous les soirs. Malheureusement, beaucoup plus loin, y'a un monstre qu'on va appeler Face-de-Merde, (interprété par Daniel Craig), que ça fait chier pour deux raisons: ces cons font du bruit et en plus ils l'ont pas invité. Alors de temps en temps, il va les voir, il défonce la gueule à deux trois mecs et il repart. Il aurait pu déménager ou bien eux, auraient pu arrêter de faire du tapage, mais à l'époque y'avait pas Julien Courbet pour regler ces histoires. A l'époque, il y'avait... BEEEEOWUUUUUUUUUUUUULF! Beowulf est un guerrier narcissique et exhibitionniste qui montre sa bite à tout le monde comme si c'était Mardi Gras et il arrive donc là pour aider Anthony Hopkins et devenir le plus graaaaaaaand guerrier du monde. Les autres enfants se contentent de vouloir être astronautes, d'avoir des putes et de la coke ou des Wii, mais lui veut être le meilleur guerrier. Après 40 minutes, il essaye de violer Face-de-Merde mais ce dernier se débat et je crois que Beowulf finit par le tuer, lui couper la tête et le violer, mais hors champ. Ensuite, la mère de Face-de-Merde, Angelina Jolie, une pute sur talons hauts de l'époque, est dégoutée. On a tué son fils. Elle aimait bien parler avec lui avec un accent de vieille maquerelle Russe pendant 3-4 minutes pendant que nous on s'emmerde. Elle passe un pacte avec Beowulf, on apprend que Anthony Hopkins l'avait violée et que le bébé est Face-de-Merde, on se dit que c'est fini mais non. Il reste encore 40 minutes. On arrive donc 40 ans après, Beowulf est tout vieux, il est devenu pédophile et il part se bagarrer contre un dragon qu'Angelina Jolie vient de chier. C'est ça les méfaits de l'anorexie. Puis enfin, soulagement, Beowulf meurt. Et on l'enmerre à la Viking, sur son bateau avec tout son fric et on fout le feu. C'était un tel enfoiré Beowulf, les mecs ils ont dit « Brulez le avec du napalm! ». Ensuite le pote à Beowulf devient roi, regarde Angelina Jolie dans les yeux pendant 3 plombes et c'est la fin.


Beowulf, le nouveau en personne. Ca ressemble trop. Le ciné en 3D, la nouvelle excuse pour mitonner!

Wah, 2 heures dans une vie pour ça. C'est nul à un point. C'est digne de Battlefield Earth. C'est de ce niveau de pourriture qu'on parle là.
On va tout de suite évacuer les sujets qui fachent, Anthony Hopkins est sensé avoir fait un môme à Angelina Jolie que l'on voit nue d'un bout à l'autre mais le problème est qu'elle n'a pas de vagin, ou alors il est dans la bouche et c'est un bel hommage à Deep Throat. Et elle n'a pas de tétons non plus. Et elle a des talons aiguilles implantés dans les pieds. Et ils ont dit que c'était photoréaliste et tout mais dans les autres films, elle n'est pas dorée et n'a pas une queue bizarre. Et le mec qui fait Beowulf, en vrai il ressemble pas du tout à Beowulf, alors je vois pas comment ça peut être réaliste vu que l'acteur pourrait pas faire la moitié de ce qu'on fait faire à son avatar 3D. Alors pour montrer que leurs ordis ont des couilles, ils ont fait des super barbes à tout le monde, des visages bien ressemblants mais le reste c'est pathétique. Les chevaux, on dirait ils les ont volés à un jeu de ps-one etc...
La réalisation est l'une des plus nazes qu'on ait vu depuis des années. Même les mauvais réalisateurs ne font pas ça, au pire, ils essaient d'illustrer ou de filmer platement leur scénario. Mais ils ne font pas ça. Ils ne se masturbent pas à la gueule des spectateurs en faisant des plans qui durent 3 plombes juste pour montrer que la 3D c'est pour les vrais mecs. Le mec veut révolutionner le cinéma mais il devrait se rappeller qu'un champ/contre-champ tout con est tout aussi bien qu'un « plan impossible » laid, débile et qui n'avance à rien, ne fait passer aucune information autre que de savoir qu'avec un film en 3D on peut passer à travers les arbres. Le genre de trucs merdiques qui plaisent aux mecs qui jouent aux derniers jeux super-HD, en se branlant et en disant « c tro bo », sans se rendre compte que c'est vide de tout...


B.O d'Wolf

On va passer sur le scénario, c'était un emploi fictif et tout a été dit dans le résumé. Allez mention spéciale aux dialogues minables genre « Par les burnes d'Odin! » etc... Et au message du « scénario », mais là il faut développer. Depuis des années et des années, Pixar nous fait la même histoire, un mec qui essaye de se faire accepter dans une communauté et qui pour cela doit perdre le peu de personnalité qu'il a et devenir une grosse victime. Parfois la leçon est encore plus cruelle, car le personnage est sur de lui et il se chie dans les doigts et tout le monde dit qu'il l'a bien cherché et il devient gentil. Quand on réservait ça aux films pour ces cons de mômes, ça allait. Mais depuis peu, on adapte ce schéma hideux à des films sensés être pour les adultes et qui sont en plus vendus comme étant bien hardcore et tout. Il y'a d'abord eu Casino Royale qui nous a fait avaler sa morale « Sois gentil, pas méchant, c'est pas gentil d'être méchant, c'est mieux d'être gentil. », et maintenant on a Beowulf, qui lui paye le prix fort, il meurt. Et c'est bien fait pour sa gueule.
On ne peut pas parler d'acteurs mais plutôt de Têtes-de-Botox, ils ont tous pas d'ame, rien, que dalle. Leurs gestes font faux. Ils ont 3 expressions. Ils font pitié. A part les personnages principaux, les autres ont l'air bien emmerdés avec le balai que les informaticiens leur ont mis dans le cul. Ils galèrent derrière, attendant qu'on passe à un autre plan, tellement ils ont honte d'être là dedans et ne veulent pas être reconnus par leur père, Windows Xp, qui leur couperait les vivres vite fait tellement c'est de la merde.
Puis on a Beowulf, le premier héros qui accumule un paquet de tares. On est déjà passés par l'arrogance pour rien, le narcissisme alors qu'il a une fausse gueule en 3D, l'exhibitionnisme et le naturisme en plein hiver mais il ne faut pas oublier l'autisme du héros. Il bute un monstre de façon bien débile, on se dit qu'il ne pourra pas s'enfoncer encore plus dans le pathétisme mais il le fait. Comment? En prenant une pose triomphante et en criant « BEEEEEOOOOOWUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUULF! ». C'est misérable. On dirait qu'ils ont voulu faire de ce cri débile, l'équivalent de « Je m'appelle Forrest, Forrest Gump » mais surtout de l'infamous « THIS IS SPARTA!!! », c'est réussi, c'est aussi gay mais comme ça arrive deuxième, on l'oublie vite fait. Beowulf est medium, il sait alors qu'il ne l'a jamais vu et qu'on ne lui a pas dit que Face-de-Merde est nu. Une occasion de plus d'inciter ses hommes à le violer. Et le héros est super con, presque autant que le film, un moment cette tête de bite virtuelle se coupe des tendons pour avoir plus de mou pour transpercer le coeur d'un dragon mais comment fait il pour tenir avec le bras tout niqué? On sait pas, lui non plus et il s'en fout vu qu'il existe pas. Le mec dès qu'il veut se battre, il se met à poil et voilà. Les méchants ont pitié de sa bite et se laissent mourir. Dommage y'en a pas un qui lui a demandé si ça pousserait si on l'arrosait.
Ce qui est bien c'est qu'on a évité de se retrouver avec du métal à la con sur les scènes « d'action » à chier sensées être les points d'orgues du truc mais qui ne font que l'enfoncer dans le pathétisme le plus total.
Au final, même pas la peine de faire une conclusion, c'est de la merde, ça sera vite démodé mais les mecs qu'ont aimé 300 peuvent foncer, ils seront pas dépaysés, c'est presque encore plus con, alors dans ce cas, c'est jour de fête!

0/10
La Nuit nous Appartient

Bobby Green, gérant de boîte de nuit, est amené à collaborer avec son père et son frère, agents de police, afin d'épingler un trafiquant de drogue Russe.
Peut on faire plus simple et éculé que ce genre de trame? Sans doute pas.
Peut on transcender cette base et en faire l'un des plus beaux films de l'année? Sans aucun doute.

James Gray revient 7 ans après The Yards. Le chef d'oeuvre qui a suivi Little Odessa. C'est un cinéaste rare, 6 ans entre son premier et son deuxième film et donc 7 longues années entre The Yards et cette Nuit. Pourquoi tout ce temps? Quand il veut un acteur, il est prêt à attendre le temps qu'il faut pour l'avoir, ici il a du attendre que Joaquin Phoenix, son acteur fétiche, soit « crédible » en rôle principal aux yeux des producteurs, attendre que Whalberg soit disponible et il a aussi passé un an sur le scénario. Les rigolos vont dire qu'ils auraient pu l'écrire en trois jours mais ils nous auraient pondu un Navarro ou une série B toute conne, toute simple sans la profondeur de ce film.



Qu'est ce que c'est La Nuit nous Appartient? Pour faire bref, c'est Le Parrain chez les flics. On y retrouve l'importance de la famille, comme dans les autres films de Gray mais la ressemblance avec le film de Coppola est vraiment prégnante. Duvall = Brando. Whalberg = Caan. Phoenix = Pacino. Le patriarche qui suit les règles, qui est de la vieille école. Brando ne voulait pas vendre de drogue, même si ça faisait envie aux autres familles et perdre son intégrité de mafieux dans l'affaire, Duvall se refuse à tuer les gangsters Russes, même si ça démange ses collègues, devenir comme eux et perdre son intégrité de flic. Caan, chien fou, suivait les traces de son père et voyait nouveau parrain pour finir assassiné, Whalberg, moins chien fou et nerveux que d'habitude, suit les traces de son père et survit à une tentative d'assassinat. Pacino avait sa vie, sa petite amie et est devenu le chef de famille par la force des choses, il en va de même pour Phoenix, Bobby Green.



Bobby Green, personnage magnifique, un homme qui avait tout et qui va le perdre quand il prendra ses responsabilités, et deviendra un Homme. Sa boîte de nuit, sa petite amie, Eva Mendes, pour une fois parfaite, c'était la vie facile. Il était le roi de la nuit, sa boîte étant son royaume jusqu'au jour où on s'attaque à sa famille. Et là, il va sortir de ses gonds et petit à petit, être amené par la force des choses, à tout perdre pour devenir le Parrain. Mais dans la police. Le film nous montre l'évolution de Bobby et là, ce n'est pas aussi glamour que le Parrain. Pas de vacances tous frais payés en Sicile mais la menace constante de représailles et l'obligation de vivre caché dans des motels impersonnels... La femme ne restera pas avec lui, ne fera pas de compromis se faisant fermer la porte au nez mais elle partira, d'elle même, après que l'homme, pris par sa soif de vengeance et sa nouvelle vie, ait pris l'initiative de l'ignorer et faire ce que tous les flics qui ont des problèmes conjugaux font dans les films. Dire qu'ils rappelleront plus tard.



Les crétins qui vont voir les films sans jamais prendre la peine de réfléchir et qui s'attendaient à voir un Steven Seagal ou Les Infiltrés 2 seront obligatoirement déçus et n'y verront que platitude et clichés. Mais ce scénario est remarquablement écrit. Rien n'arrive gratuitement. Tout est annoncé à un moment ou à un autre. Gray prépare toujours le terrain pour la moindre chose. Certains diront que Phoenix devient flic trop vite, mais n'a t'il pas toujours voulu en être un? Ne dit il pas lui même, très sérieusement, lors d'une scène légère, « J'aurais fait un très bon flic. ». Et c'est ce qu'il devient. Même l'histoire des fourrures qui peut paraître grosse, nous est plus ou moins annoncée lorsque l'on a droit à un plan à priori gratuit sur les enfants jouant avec les fourrures et qu'on leur dit d'y faire attention. On peut dire « oui mais non », mais il faut reconnaître que c'est un modèle de rigueur. Il vaut mieux un scénario comme celui là qu'un film multipliant les twists et autres affèteries gratuites qui au final, n'avancent à rien. Ici, tout est fait dans l'optique de nous faire suivre l'évolution de Bobby Green. De cette intro légère et sexy, comme sa vie d'alors, à cette fin vraiment amère, qui détruit ses rêves de boîte de nuit à Manhattan pour lui offrir une vie beaucoup moins cool mais qui lui offre une crédibilité aux yeux de sa famille, son frère, qui lui dit enfin ouvertement qu'il l'aime. Un prix à payer vraiment élevé qui n'en vaut peut être pas la chandelle. Certains pourront y trouver une glorification de la police ou d'autres choses assez débiles mais ils n'auront pas compris le film et quand bien même Gray voudrait glorifier la police, c'est tout à fait son droit. En effet, combien de films glorifiant les truands à t'on vu fleurir? Surtout qu'au niveau de la réprésentation de la police, le film paraît honnête. Ce n'est pas Bad Boys, ici au moindre coup de feu tiré on risque la mort et même s'il n'est pas fatal, les dégats resteront. Les flics ont une vie normale, agrémentée d'un danger quasi-permanent pour la plupart d'entre eux. Un scénario riche, honnête et sans mitos: que demander de plus?



Enfin, la mise en scène de Gray, est assez exceptionnelle. Sans surprise de sa part, vu les réussites que sont ses deux précédents films mais il se permet en plus d'élargir son éventail avec des scènes d'action comme on en avait jamais vu dans son oeuvre. Trois scènes qu'il traite comme son scénario. Des « clichés » si on veut mais qu'il transcende. De la fusillade chaotique dans le repaire des dealers à la poursuite en voiture qui est l'une des meilleures de ces dernières années, autrement plus intéressante que les crashs tests sans fin de Jason Bourne. A la limite, seule la scène finale, de poursuite dans les hautes herbes, qui fait un peu penser à du Michael Mann, ce qui n'est pas bon signe, est peut être de trop mais il fallait finir le film et ça reste la façon la plus satisfaisante de le faire. Même si on sent que l'intrigue policière n'est pas ce qui branche le plus Gray, mais il a le mérite de la traiter divinement. A l'inverse de certains réalisateurs qui font des thrillers mais qui préfèrent l'aspect romantique à l'aspect thriller qu'ils traitent par dessus la jambe. On retrouve par contre une maitrise diabolique de la photographie, de jeu sur la lumière, les visages plus ou moins dans la pénombre, les ombres, tout est sous les yeux du spectateur qui n'a qu'à savourer ces rares plans où des personnages évoluent dans la pénombre la plus totale pour aller ou s'éloigner de la lumière ou encore la dichotomie photographique opérée entre le monde des truands, très sombre, et celui de la police où les ombres se reflètent sur les visages malgré un éclairage « anonyme » et blafard comme le sera la vie de Bobby après son choix.



Au final, un grand film qui prendra de l'ampleur visionnage après visionnage et qui rejoindra les autres James Gray au panthéon des films noirs. Après tout même The Yards avait été reçu tièdement à l'époque alors que c'est autant un chef d'oeuvre que Little Odessa. Et après tant de noirceur, autant finir sur une bonne nouvelle, Two Loves, le prochain Gray sortira en 2008 et sera tout sauf un film noir, puisqu'il racontera le tiraillement sentimental de Joaquin Phoenix qui devra choisir entre la fille de bonne famille que ses parents veulent le voir épouser et sa nouvelle voisine, moins conventionelle. Encore une histoire de choix. Encore un chef d'oeuvre? Espérons.

10/10

PS: On est en 2009. Two Lovers est sorti et c'était tout naze. Oubliez le dernier paragraphe.

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