vendredi 3 avril 2009

28 cacas plus tard


Après le très faible Planète Terreur de Robert Rodriguez qui va prendre de mauvaises habitudes vu que pour une fois qu'il fait exprès de faire un film pourri on lui dit que c'est génial alors qu'on lui dit que c'est de la merde quand il essaye de bien faire, bref, après Planète Terreur, voilà 28 Semaines plus tard, la suite de 28 Jours plus tard de Danny Boyle, un film qui commençait bien et qui partait en couille dans sa dernière demi-heure, tout comme Sunshine.
Réalisée par Juan Carlos Fresnadillo, cette suite commence elle aussi bien, voire trop bien, une intro qui crée une ambiance oppressante suivi d'un assaut de zombies-infectés-enragés-coureurs-fous très bon, on ressent l'urgence de la situtation, c'est sans compromis, ils sont dangereux et il est difficile de s'en sortir, la mise en scène est au diapason, les gens se font attraper, on entend et on imagine ce qui leur arrive, c'est une fuite en avant, il ne faut pas se faire choper, on se dit alors que si la suite est du même tonneau, ce sera très bon...


Je vous présente Branleur numéro 1.


Et voici numéro 2.

Las, la scène suivante est celle de l'arrivée des Ruineurs Officiels de Films: deux mômes abrutis qui se paient le luxe d'être cons comme des balais.
Passées les retrouvailles avec papa, (Robert Carlyle), qui a abandonné maman mais qui ment à ses enfants (oh le vilain pas beau perso borderline, oh c'est trop fort comme parti-pris), passée l'acclimatation à ce quartier de Londres surveillé par l'armée Américaine qui semble bien calme et montrée pour une fois sous un jour normal, sans excès, (mais pas pour longtemps), nos deux « héros » sortent des limites et partent faire les cons en zone pas encore nettoyée, tout ça pour aller chercher une photo de leur mère et quelques affaires. Ca fait pas 10 minutes qu'ils sont là qu'ils commencent à foutre la merde parce qu'ils tombent sur leur mère et que l'armée la ramène avec eux pour l'étudier. Ces cons seraient pas sorti de la zone de sécurité, il n'y aurait pas eu la fin du monde une deuxième fois, et faut avoir de l'empathie pour des débiles pareils? Allez.
Jusque là, malgré les enfants et leurs conneries, ça se tenait encore mais après c'est la foire et c'est le début d'un n'importe quoi généralisé. On part dans un délire à la Underworld avec des histoires de sang plus ou moins immunisés et comme par hasard la mère des deux branleurs a ce sang spécial, et apparemment mais ils ont pas poussé plus que ça, ce serait parce qu'ils ont les yeux vairons. Bon s'ils veulent. Après on a Robert Carlyle qui vient voir sa femme qui est en quarantaine et là, malgré qu'elle soit en quarantaine, qu'elle ait une sale gueule, etc etc, que fait il? Non, il ne lui crache pas à la gueule, même s'il aurait dû, il l'embrasse et devient à son tour une bête, il vomit du sang, plein de sang et tue sa femme comme Cilian Murphy a tué un militaire dans le premier, trop fort le clin d'oeil (pff), en lui enfonçant les yeux dans les orbites, de plus un peu de violence vraiment gratuite ça n'a jamais fait de mal, Lions Gate fait du fric là dessus avec Saw depuis 4 ans. Et ce n'est pas tout. Zombie-Carlyle est un zombie intelligent, alors que tous les autres sont des débiles niveau ouverture des soldes, on cavale sans savoir ce qu'on veut, lui a l'air conscient de ce qu'il fait, c'est le traitement de faveur accordé aux zombies qui sont interprétés par des demi-stars, le pauvre il a joué dans un James Bond.
De l'excellente introduction qui n'est plus qu'un lointain souvenir, au bon film, on erre de plus en plus vers des contrées peu fréquentables... Surtout quand arrive le moment conscience politique mongole du film, bas de gamme, niveau élève de terminale, avec de supers scènes pour encore casser du sucre sur le dos des Américains qui ont du comprendre la leçon depuis le temps... Et oui, encore une fois, après les militaires psychotiques du 1er, (ce qui passait pas trop mal quand on y réfléchit même si ça foutait un peu la merde dans le film), on a là l'Armée Américaine qui fait n'importe quoi, ah la jouissance des critiques, ah le film engagé, mais le trait est tellement grossi que ce n'est que lourdeur pachydermique, franchement le coup de l'Etat Major impuissant qui décide qu'il faut tuer tout le monde même les civils, rien vu de plus con depuis un bail, surtout pour faire passer un pseudo message politique, histoire d'insulter l'armée U.S gratuitement, ça coute rien... Bref, à ce niveau là c'est nul, ça aurait pu être un peu plus fin sans gros efforts.


Critique politique dans 28 Semaines plus tard.

En tout cas, c'est là que le film recommence à s'exciter, on se dit que ça va redevenir aussi intense que l'intro, que ça sera alors un divertissement con, mais non, dès lors, ils ont du embaucher un cadreur aux moeurs sexuelles limites, car dès qu'il y'a de la violence, on a l'impression que le type commence à se branler, la caméra bouge dans tous les sens... C'est comme le fameux cadreur Parkinsonien de Greengrass, le pauvre veut avoir assez de fric avant de prendre sa retraite, il tourne avec Greengrass donc. Mais là où chez Greengrass on comprend ce qu'il se passe les ¾ du temps, là c'est invariablement une succession de gros plans tremblotants, montés comme des inserts et pour ne rien arranger filmés dans la pénombre. On sent qu'il se passe quelque chose mais on voit pas grand chose. Filmer le point de vue du chaos. C'est la mode. Espérons qu'elle passera. Le jour où un type va se remettre à filmer l'action normalement, il sera considéré comme un esthète en tout cas. Mais là, ce n'est pas le cas, ça veut peut être se la jouer documentaire d'horreur, alors on a des gros plans de sang qui gicle mais pas grand chose de plus, de zombie qui vomit du sang parce qu'ils ne sont bons qu'à ça ou encore de gens qui crient. Voilà à quoi se résument les assauts de zombies/infectés/enragés dans le film et c'est bien malheureux.


They Took My Son! en personne

On a un florilèges de conneries genre les gens qui partent se cacher dans l'endroit le plus sombre et isolé pour bien être à la merci des bêtes, une vieille bagnole toute niquée qui esquive les assauts d'un hélicoptère de guerre, la seule personne qui a le virus en elle n'est pas gardée 24 heures sur 24 mais laissée dans une pièce ouverte à tous, enfin voilà le genre de conneries auxquels on a à faire, une de temps en temps oui, mais quand c'est non-stop c'est dur, surtout que concernant les conneries des mômes le meilleur reste à venir, en gros on est dans la merde, nous, à cause d'eux... Malgré tout ça, il y'a quand même des scènes ou des idées vraiment cools qui tirent un peu le film vers le haut comme la scène d'intro donc, du temps où le film était bien, la scène de l'hélico piloté par They Took My Son! de Lost, le passage dit de la lunette du fusil qui a une fin plutôt étonnante et brutale, Londres nettoyée au Napalm qui même si ça découle du message crétin sur l'armée c'est qu'une bande de bourrins reste saisissant etc... Un paquet de bons trucs qui malheureusement ne font pas un film mais qui mieux reliés entre eux auraient enfin donné un bon successeur à l'Armée des Morts qui reste le vrai bon film de zombies des années 2000, on passera sur les pathétiques pitreries de Shaun of the Dead.
Au final, 28 Semaines plus tard est une déception car la bande-annonce donnait trop envie, il y'a un paquet de supers passages, mais aussi un paquet de mauvaises idées, de raccourcis, d'incohérences, de facilités et de conneries qui tirent plus le film vers le bas que vers le haut, un film moyen car au moins, on ne s'ennuie pas... Mais s'ils prévoient une suite, et vu la fin débile qu'ils ont pondu, faussement nihiliste et accentuant encore un peu le caractère super mongol de la gamine, ce serait bien qu'ils la fassent dans 28 ans.

5/10

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